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mercredi 4 septembre 2019

Hospitalisé à Londres, la santé d’Ali Bongo se détériore

Tech Media News ©

La santé du chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba, se serait détériorée, alors que le dirigeant se trouve actuellement à Londres où il serait hospitalisé.

Des informations publiées par l’agence Bloomberg, citant "des sources proches du dossier", indiquent que le Président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, est hospitalisé à Londres, "alors que son état se détériore". Information balayée d’un revers de main par la présidence de la République du Gabon.
Dans un communiqué, en effet, la présidence de la République gabonaise précise : "A aucun moment, la santé du président ne s’est détériorée. Au contraire (…) M. Ali Bongo Ondimba est en phase de recouvrement de la plénitude de ses capacités physiques". Ajoutant que "le président de la République n’est pas hospitalisé (…) mais en séjour privé dans sa résidence londonienne où il a pris quelques jours de congé en famille".
Sauf que la Présidence gabonaise, toujours au sujet d’Ali Bongo, admet : "A cette occasion, il effectue des examens médicaux de routine et poursuit normalement sa rééducation. Le Président gabonais, qui est aux commandes du pays, sera de retour dans son pays prochainement". Examen médicaux de routine où hospitalisé dans un état qui se détériore ? Mystère.
Ali Bongo aurait quitté discrètement Libreville, fin août, à bord d’un jet privé à destination de Londres. Rentré au Gabon le 23 mars dernier après un séjour de cinq mois passé au Maroc, le chef de l’Etat, victime d’un accident vasculaire cérébral, se déplace à l’aide d’une canne. Sa santé fait l’objet de folles interrogations, au Gabon comme dans la diaspora.

vendredi 18 mai 2018

Dominique Siby, un outsider dans la cour des grands

Tech Media News
Décrit par Forbes comme l'un des entrepreneurs les plus prometteurs de Miami, le gabonais Dominique Siby chemine en grand dans le marché mondial très sélect du luxe, avec sa marque Felio Siby. L'un des sponsors les plus en vue de Formule 1, sa marque réussit le pari d'adoption en Amérique, en Europe et surtout en Afrique.


"Depuis que j'ai commencé, je sais ce que je veux faire et je sais où je vais. Je me suis construit un plan bien précis que je suis", assure Dominique Siby. C'est donc suivant méticuleusement son "plan" que le jeune entrepreneur né et élevé au Gabon a réussi à distinguer sa marque de luxe. Baptisée Felio Siby en hommage à son défunt père avec qui il portait le projet d'investir dans ce secteur, la marque est apposée sur toutes les créations que propose la société éponyme: de la maroquinerie constituée de sacs de voyage pour hommes, des sacs à main pour femme et divers accessoires dont la fourchette de prix est établie entre 2 000 dollars et 50 000 dollars l'unité; l'horlogerie masculine lancée il y a deux ans et commercialisée entre 80 000 dollars et 200 000 dollars la pièce.

Choix stratégiques

"Felio Siby s'adresse aux personnes qui ont déjà toutes les marques et qui veulent s'offrir ce que les autres n'ont pas, voire, ce qu'elles seront seules à posséder", explique l'entrepreneur. A 95% faite à la main, sa production est en effet constituée d'une large gamme de pièces uniques. Parti pour ne produire que pour la gente masculine, il s'est retrouvé à confectionner du féminin suite aux demandes récurrentes de son entourage. "Aujourd'hui, Felio Siby est une marque mixte", se réjouit-il.
Basée à Miami aux Etats-Unis, l'entreprise fabrique sa maroquinerie en Italie et son horlogerie en Suisse, grâce à des partenariats avec des firmes locales.
"Je pars du principe qu'on ne peut prétendre faire du luxe et produire en Chine", estime Siby.
Au début de son aventure il y a quatre ans, l'homme d'affaires produisait aux Etats-Unis. "Mais quand on voit la qualité du savoir-faire italien, poursuit-il, on ne peut pas trouver mieux. Des sacs en peaux de crocodile incrustés de diamants ou imprégnés de 24 carats de poussière d'or, c'est exceptionnel!".

Un des sponsors phares en formule 1
Tech Media News
La marque prend définitivement son envol en 2016, lorsqu'elle devient le sponsor officiel du coureur brésilien de Formule 1 Felipe Massa et de l'écurie anglaise Sahara Force India. Pour cette dernière, l'événement a été célébré en grande pompe sur un yacht à Monaco en présence du gotha du sport business. Des contrats toujours en cours que Siby a réussi à dénicher grâce à ses "réseaux".
Il a également sponsorisé deux tennismans dont le tchèque Tomas Berdych lorsque celui-ci figurait dans le top 10 mondial. "Toutes ces collaborations m'ont ouvert beaucoup de portes", confie le businessman qui "ne pense pas" qu'il aurait eu les mêmes résultats s'il n'avait pas choisi le truchement du sport le plus cher au monde pour faire connaitre sa marque.
Très vite, il s'est attiré les projecteurs de la télévision et la presse américaines. Le magazine Forbes le présente même comme l'un des entrepreneurs les plus prometteurs de Miami. Actuellement, sa clientèle constituée non seulement de sportif, mais aussi d'hommes d'affaires et de personnes fortunées réside en Amérique, en Europe, et en Afrique. Jusqu'à l'année dernière, ces derniers pouvaient se rendre dans ses boutiques sur la célèbre avenue de Miami. "Je les ai fermées, car elles se sont avérées non stratégiques pour moi. Je me suis tout simplement rendu compte que les ventes hors magasin étaient beaucoup plus importantes".
Sa plus grosse vente réalisée en Afrique !
Siby a donc recentré sa stratégie commerciale depuis un an, écoulant exclusivement sa marchandise par internet ou au sein de son réseau, qu'il continue d'étoffer en bon diplômé en relations internationales. L'entrepreneur reconnait également le coup de pouce des réseaux sociaux qui lui ont récemment permis, à titre d'exemple, de livrer à un Israélien qui avait découvert la marque sur internet. "Nous pouvons nous déplacer n'importe où dans le monde pour livrer à un client demandeur de certaines pièces. Nous le faisons pour la clientèle russe à Londres et en Afrique", explique-t-il.
Sur le Continent, quelques pays reviennent dans son portefeuille clients : Congo Brazzaville, Gabon, Cameroun et Angola. Si l'homme d'affaires se veut discret sur son chiffre d'affaires, il admet toutefois le marché juteux.
"Depuis que Felio Siby existe, ma plus grosse vente a été réalisée en Afrique", confie l'entrepreneur tenue par une clause de confidentialité sur l'identité du pays. Toutefois, ajoute-t-il, "la commande concernait quelques sacs de plus de 30 000 dollars la pièces".

Le marché est donc bel et bien là en Afrique. "Les Africains aiment se faire plaisir et dépensent beaucoup d'argent dans le luxe", fait remarquer l'homme d'affaires, rappelant les 4 milliards de dollars générés chaque année par le secteur. Siby déplore cependant qu'en dépit de cette appétence des fortunés du Continent pour le luxe, il y ait encore très peu de marques africaines qui arrivent à se creuser un sillon considérable sur ce marché. Chez Felio Siby en tout cas, "2018 est l'année de l'Afrique!".
Le businessman est en train de mettre en place une stratégie qui lui permettra d'agrandir son portefeuille client sur le continent. En ligne de mire, le Nigeria, pour sa brochette fournie de milliardaires et millionnaires. Son rêve ultime, arriver un jour à produire en Afrique pour sa clientèle mondiale. 

jeudi 4 janvier 2018

Tentative de coup d'État en Guinée équatoriale, suite et fin ?

Tech Media News

Des affrontements ont eu lieu opposant les forces de sécurité équato-guinéennes à des "mercenaires" près des frontières de la Guinée équatoriale avec le Cameroun et le Gabon. Des combats qui sont intervenus peu après que Malabo a affirmé avoir déjoué un "coup d'État" fin décembre.
Les forces de sécurité de Guinée équatoriale ont tué mercredi un mercenaire au cours d’affrontements dans une forêt équato-guinéenne aux frontières avec le Cameroun et le Gabon entre des mercenaires et l’armée, a indiqué la télévision d’Etat.
Cependant, beaucoup d’élément restent pour l’instant inconnus : le nombre des mercenaires présents dans la forêt autour de la ville d’Ebibeyin, au carrefour des frontières entre le Gabon, le Cameroun et la Guinée équatoriale n’a pas été précisé, ni d’où ils venaient.
Coup d’État avorté
Cet incident survient alors que plus tôt dans la journée, le ministre de la Sécurité, Nicolas Obama Nchama, avait annoncé dans un communiqué lu à la radio d’Etat qu’un "coup d’État" avait été déjoué. Selon lui, un groupe de mercenaires étrangers tchadiens, soudanais et centrafricains, à la solde de partis de l’opposition radicale, ont voulu le 24 décembre "attaquer le chef de l’État qui se trouvait dans le palais présidentiel de Koete Mongomo pour passer les fêtes de fin d’année".
Le Président guinéen à d’ailleurs lui même confirmé en premier cette information lors de ses voeux, samedi 30 décembre. "On est en train d’organiser une guerre car ils disent que j’ai passé beaucoup de temps au pouvoir", avait-il alors déclaré.
Cette tentative de coup d’État survient plus d’un an après la réélection de Teodoro Obiang Nguema, âgé de 75 ans, à la tête du pays, à plus de 90% des suffrages en avril 2016. Au pouvoir depuis 1979, il reste le doyen des chefs d’État africains pour la longévité au pouvoir.
Des signes avant-coureurs
Le doute sur les risques d’un coup d’État flotte depuis que des premières informations ont filtré la semaine dernière concernant l’arrestation par la police camerounaise d’une trentaine d’hommes armés. Cette arrestation se serait déroulée le 27 décembre, à la frontière avec la Guinée équatoriale, non loin du lieu où se sont produits les récents affrontements entre les mercenaires et les forces de sécurité, selon des sources camerounaises et diplomatique équato-guinéenne.
L’ambassadeur de Guinée équatoriale au Tchad, Enrique Nsue Anguesom, en villégiature à Ebibeyin pour les fêtes de fin d’année, a été également arrêté le 30 décembre "pour des raisons d’enquête concernant les hommes interpellés", comme l’ont rapporté à l’Agence France Presse (AFP) un de ses cousins et un haut responsable policier s’exprimant sous couvert de l’anonymat.
Les patrouilles militaires et policières ont aussi été "renforcées" dans la capitale Malabo depuis le 30 décembre selon le site internet de l’ambassade de France en Guinée équatoriale. D’après des informations rapportées par l’AFP dimanche 31 décembre 2017, les frontières à Ebibeyin ont aussi été fermées selon des sources locales.
Cependant aucune de ces informations n’a pour l’instant été confirmée par les autorités guinéennes.
L’opposition inquiétée ?
Alors que le ministère de la sécurité avait affirmé l’implication de certains partis d’opposition dans cette tentative de coup d’État "avec le soutien de certaines puissances", le principal parti d’opposition de Guinée équatoriale, Citoyens pour l’innovation (CI), s’est directement défendu mercredi de toute implication dans les troubles présumés.
"Je ne sais pas ce qu’ils vont inventer, le montage qu’ils vont faire  suite à cette histoire de coup d’État", s’est inquiété M. Nse Obiang, leader du parti CI, au près de l’AFP.
Si le CI reste le principal parti d’opposition, il ne dispose que d’un seul siège sur les 100 sièges au parlement, les 99 autres ont tous été remportés par le pouvoir en place lors des élections générales du 12 novembre. Néanmoins depuis ces élections, le parti dénonce des "dizaines" d’arrestations de ses militants, dans les capitales politique Malabo et économique Bata.
"Est-ce que le problème est d’être un parti d’opposition sérieux qui ne veut pas faire le jeu du régime ?", s’est encore interrogé M. Nse Obiang, affirmant que le siège de son parti où des militants se sont regroupés était "assiégé" depuis le 29 décembre derniers.

mercredi 20 décembre 2017

FMI, la CEMAC loin d’être tirée de son bourbier économique

Tech Media News
Après avoir échappé de peu à une dévaluation de sa monnaie commune, la zone CEMAC semble reprendre du souffle, sans pour autant être entièrement sortie de la zone de danger. Le FMI table ainsi sur une croissance négative de 0,6% pour 2017 et maintient de "faibles" perspectives à court terme pour la région.

La Communauté Economique et Monétaire d'Afrique Centrale (CEMAC) continuerait selon le FMI à subir les contrecoups de la chute des recettes pétrolières de 2014. Le bloc régional devrait ainsi enregistrer une contraction économique de 0,6% en 2017, soit un léger mieux par rapport au -1% enregistré en 2016.

Faibles perspectives à court terme

L'institution de Bretton Woods a également signalé la détérioration de la production pétrolière de la zone à -6%, conjuguée à une faible croissance du PIB non pétrolier qui se situe à près de 1%. Cette situation est justifiée selon les expert du FMI par l'importante réduction des dépenses publiques dans la plupart des pays de la zone, notamment le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad, la RDC ou encore la RCA
L'accumulation d'importants arriérés budgétaires depuis 2014 a aussi mis à mal l'économie de la zone. Les perspectives à court terme de la région CEMAC "restent faibles" selon le FMI.
"La croissance devrait rester négative en 2017, en raison de la réduction des dépenses publiques et de la poursuite de la baisse de la production pétrolière. L'inflation reste faible car l'activité économique est faible", précisent les experts du FMI.

Assainissement budgétaire

L'institution internationale a par ailleurs salué les efforts d'assainissement budgétaires entrepris par les pays de la zone qui ont permis de faire passer le déficit budgétaire hors pétrole de plus de 13% à plus de 8% du PIB. Une amélioration qui ne s'est pas étendue à la dette qui est passé de 28% du PIB en 2014 à plus de 50% en 2016, bien que le déficit de compte courant ait été divisé par deux entre 2016 et 2017, s'établissant à 5% du PIB.
Cette dernière amélioration résulte d'une hausse des exportations de pétroles (malgré la baisse de production) et des produits non pétroliers ou encore de la compression des importations. La couverture des réserves extérieures est également sortie de la zone critique des 2,2 mois enregistrés en 2016, elles se seraient stabilisées puis remontées lors du troisième trimestre 2017, "reflétant une combinaison de décaissements du FMI et de l'ajustement budgétaire des pays membres".

La reprise tributaire du maintien des réformes

Le FMI maintient son inquiétude pour le secteur financier qui continuerait à montrer des signes de faiblesse, en témoigne la baisse des dépôts bancaires, l'augmentation des prêts improductifs et la stagnation des crédits. Malgré l'adoption par le Cameroun, le Tchad et le Gabon de programmes soutenus par le FMI et la poursuite d'une politique d'austérité par la Banque centrale régionale (BEAC), les perspectives à moyen termes de la zone reste "difficiles".  
Le fond "s'attend à une amélioration progressive de la situation économique et financière dans la région, en supposant que les engagements politiques des Etats membres de la CEMAC et des institutions régionales soient pleinement mis en œuvres". Ce qui est conditionné par le FMI a une consolidation budgétaire en continue en d'autre mots, gagner 6% du PIB en solde budgétaire d'ici 2019. S'y ajoute les efforts de diversification économique, l'amélioration du climat des affaires ou encore le renforcement de la gouvernance et de la transparence.

jeudi 14 décembre 2017

Madeleine Berre, "On ne peut pas être un leader sans réussir sa vie privée"

Tech Media News
Madeleine Berre a la réputation d'être une femme à poigne. Un atout certain quand on doit défendre les intérêts du secteur privé.

À 51 ans, mariée et mère de trois enfants, est la première femme à être élue à la tête de la Confédération patronale gabonaise (CPG), porte-parole d’environ 300 entreprises, qui génèrent près de 80 % du PIB national et emploient 90 % des salariés du privé. Fin décembre, le conseil d’administration de l’organisme l’a plébiscitée par 33 voix sur 34 personnes présentes.
Sans surprise
Dans la capitale gabonaise, cette élection n’avait pas surpris. "Elle a toujours été à nos côtés. Elle connaît tous les dossiers et toutes les réformes que nous avons engagées, la maison et ses rouages. Nous sommes dans la continuité", déclarait Henri-Claude Oyima, le président sortant.
Sa défunte mère n’est autre que Rose Francine Rogombé, l'ancienne présidente intérimaire du Gabon en 2009.
Ministre depuis 2015, passée par les cabinets PwC et Deloitte avant de devenir la Présidente de la Confédération Patronale Gabonaise, Madeleine Berre souligne les difficultés des femmes à concilier vie professionnelle et vie privée.

Comme vous l’avez indiqué durant le CEO Forum, vos trois maternités vous ont coûté trois ans de vie professionnelle. Quels obstacles avez-vous rencontrés sur votre chemin ?
Madeleine Berre : C’est une attitude souvent inconsciente chez les hommes et à laquelle les femmes cèdent sans s’en rendre compte. On nous retire des dossiers, on nous met de côté. Dans un univers dominé par la compétition, les femmes préfèrent donc parfois renoncer à leur maternité. Or, on ne peut pas être un leader sans réussir sa vie privée.
Comment avez-vous surmonté ces difficultés ?
Au début, j’ai pris sur moi. Puis, j’ai carrément dû changer d’environnement de travail. Sans stratégie consciente, je me suis entourée chez Deloitte de femmes que j’ai recrutées pour leurs compétences. Elles avaient les meilleurs CV. Je n’ai jamais eu la volonté de les culpabiliser même si j’étais très exigeante avec elles.
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"De plus en plus de femmes parviennent à des postes à responsabilité, et ce de plus en plus jeunes."
La maternité ne doit plus être perçue comme un facteur de baisse de rentabilité. De leur côté, les femmes ne doivent pas montrer que leur maternité est fatigante. Elles ne doivent pas la penser elles-mêmes comme un retrait. Il m’est arrivé de rappeler l’une de nos meilleures collaboratrices qui était en congé maternité alors que venait de tomber une importante mission chez l’un de nos plus gros clients pétroliers. L’amour de leur travail leur permettait d’y arriver.
Peut-on changer les mentalités ?
Cela va devenir une nécessité. De plus en plus de femmes parviennent à des postes à responsabilité, et ce de plus en plus jeunes. Cela passe par l’éducation, il faut confier davantage de rôles dans la tenue de la maison aux jeunes garçons. Dans notre environnement social et culturel, les femmes ne doivent plus, comme c’est trop souvent le cas, demeurer cantonnées à des fonctions subalternes telles que cuisiner ou assurer les tâches ménagères.

Femmes d’affaires, un leadership engagé

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Encore rares au sein des états-majors, les dirigeantes s’impliquent pour permettre à davantage de femmes d’atteindre les plus hautes fonctions.


La soif d’égalité et de reconnaissance chevillée au corps, ces femmes ont toutes une ambition commune : participer au développement du continent. De Binta Touré, Directrice Générale d’Oragroup, à Rosemary Yeboah, Directrice Exécutive d’Ecobank Ghana, en passant par Ibukun Awosika, Directrice de First Bank of Nigeria, et Janine Diagou, PDG de l’assureur NSIA, Anta Babacar Ngom, Directrice Générale de SEDIMA, de nombreuses dirigeantes africaines ont pris part en mars derniers à Genève aux débats du dernier Africa CEO Forum. 
L’occasion pour Tania Holt, associée chez McKinsey à Johannesburg, auteure en 2016 du rapport "Women Matter Africa" (Les femmes comptent en Afrique), de rappeler que, "bien que 40 % des postes de middle management soient occupés par des femmes sur le continent, elles ne représentent que 5 % des CEO".
"Beaucoup travaillent à chaque échelon, mais peu auront la possibilité d’atteindre le niveau stratégique", poursuit Madeleine Berre, Ministre gabonaise du Commerce, qui, après avoir accompli ses études au Gabon et en France, a passé dix ans chez PwC avant de devenir Directrice juridique de Deloitte, à Libreville.
Et d’évoquer les innombrables obstacles qui bloquent, trop souvent encore, l’évolution de leur carrière et leur accès à des postes de premier plan.
À commencer par les préjugés tenaces sur leurs compétences. "Lorsque j’allais voir la clientèle, on me demandait souvent si j’étais bien la Directrice Générale de la filiale. Cela n’était pas naturel qu’une femme conduise une délégation", poursuit la ministre.

Beaucoup de préjugés

Une fois en fonction, les femmes peinent ensuite à concilier pleinement réussite professionnelle et épanouissement dans la sphère privée.
"Mon employeur estimait que, du fait de ma maternité, je n’étais pas en mesure de suivre nombre de dossiers. On m’a enlevé le suivi de certains secteurs : j’ai été discriminée", témoigne ainsi Madeleine Berre. L’ancienne patronne des patrons gabonais estime avoir perdu trois ans de carrière en raison de ses maternités.
C’est avant tout, pour Rosemary Yeboah, une affaire d’éducation "qui cantonne les filles à un rôle secondaire et ne les incite que trop peu à prendre la parole en public".
Mais le principal aspect se dégageant de ces échanges, c’est que les dirigeantes africaines savent prendre leur destin en main et montrer que la situation n’a rien d’insurmontable.
Si, la plupart du temps, elles se cooptent pour intégrer des conseils d’administration, "elles ont aussi su créer des outils, comme le Boardroom Africa, lancé par la Sud-Africaine Marcia Ashong, qui doit constituer une base de données de femmes très qualifiées, ou le Women’s Investment Club Sénégal, dont l’objectif est de devenir un capital-risqueur consacré aux projets portés par la gent féminine", souligne Oulimata Sarr, conseillère régionale d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.
Des initiatives que ces dirigeantes comptent développer dans les prochains mois. "Ces femmes avec de hautes responsabilités représentent toutes les femmes, car leurs décisions affectent le continent entier", estime Oulimata Sarr.

Un équilibre vie personnelle et vie professionnelle pour les femmes

Ayant noué des liens étroits durant la session, elles ont émis plusieurs recommandations en vue d’améliorer l’accès des femmes aux postes de décision, prônant la systématisation des mentors, la promotion de la flexibilité des horaires pour "établir un bon équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle", et la mise en place de mesures promouvant la mixité dans les conseils d’administration, comme cela a déjà été fait au Rwanda.
Mais, selon Jennifer Blanke, vice-présidente de la BAD pour l’agriculture et le développement humain et social, "il ne s’agit pas seulement de gravir les échelons mais de savoir quoi faire une fois arrivée au sommet", et donc de construire une autre manière de manager. "Un leadership engagé", juge Oulimata Sarr.

mercredi 13 décembre 2017

Ces pays pétroliers africains qui vont pâtir de la décision de la Banque mondiale

Tech Media News
Coup de semonce dans le monde des énergies fossiles. Depuis Paris où se tient le One Planet Summit, la Banque mondiale (BM) a annoncé qu’à partir de 2019, elle ne financera plus l’exploration et l’exploitation de projets d’hydrocarbures pour se conformer à l’accord de Paris paraphé lors de la COP21. Une décision qui pourrait impacter beaucoup de pays africains.

1,6 milliard de dollars ! C'est l'enveloppe de la Banque mondiale consacrée à l'industrie du pétrole et du gaz en 2016. Mais ce chèque qui représente moins de 5 % de la totalité des financements accordés dans ce domaine en 2016, pourrait fondre comme neige au soleil.

Sueurs froides chez les producteurs et futurs émirats pétroliers d'Afrique

En marge du One Planet Summit, co-organisé par le Groupe de la Banque mondiale, l'ONU et la France, l'institution présidée par Jim Yong Kim fixe à 2019, la fin de ses financements accordés à l'exploration et à l'exploitation du gaz et du pétrole.
Une décision justifiée par la volonté de la Banque mondiale de s'aligner sur les objectifs de l'Accord de Paris, signé lors de la COP21 et par lequel, la plupart des pays, exception faite des Etats-Unis de Donald Trump qui s'en sont retirés, s'engagent à lutter contre le réchauffement climatique. L'institution de Bretton Woods, basé à Washington, devient ainsi, la première organisation internationale à prendre une telle mesure.
Cette dernière risque pourtant d'impacter plusieurs pays notamment africains qui voyaient un avenir économique prometteur écrit à l'encre de l'or noir. La désillusion sera grande pour les producteurs de pétrole africains notamment des pays du Golfe de Guinée comme le Nigéria, l'Angola, le Gabon, le Congo, la Guinée Equatoriale ou encore le Ghana, d'Afrique du nord dont l'Algérie, l'Egypte, la Libye dont les économies, durablement impactées par la chute des cours, ont dû s'atteler à la diversification de leurs économies, non sans s'attendre à une reprise pour doper leur croissance moribonde.
En revanche, dans un autre camp, l'annonce de la Banque mondiale a dû provoquer des sueurs froides. Il s'agit des pays qui se découvrent des richesses en or noir dans leur sous-sol ou en offshore et se rêvaient déjà en émirats pétroliers en terre africaine. Dans le lot, le Ghana, le Niger, le Tchad, la Mauritanie, le Sénégal et même la Tunisie où les potentialités en cours d'exploitation ou de recensement, présageaient des leviers pour booster l'économie.

Une obligation de voir un avenir diversifié et en vert pour l'Afrique

Dans une moindre mesure, la "fin du pétrole" dont l'acte de l'arrêt du financement a été prématurément rédigé par la Banque mondiale devrait impacter les Etats-Unis, la Chine et l'Union Européenne, principaux consommateurs du pétrole africain qui constituent une source d'approvisionnement complémentaires à leurs besoins en or noir.
L' espoir est cependant permis. Dans l'annonce de sa décision tonitruante, la BM a laissé une exception qui fait figure de brèche pour les Africains qui souhaitent profiter de financement pour développer leur industrie du pétrole. Certaines "circonstances exceptionnelles" peuvent permettre aux "pays les plus pauvres où il y a un déficit clair en terme d'accès à l'énergie" de bénéficier de prêts de la BM pour l'exploration et  l'exploitation des hydrocarbures. La seule condition dans cette exception pour ces pays est que ces financements ne soient pas contraires à leurs engagements dans l'accord de Paris qu'ils ont signé en 2015, ce qui réduit considérablement la liste des pays qui peuvent en bénéficier. 

lundi 7 août 2017

Le FMI confirme que Brazzaville lui a caché une partie de sa dette

Tech Media News

Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé samedi que le Congo-Brazzaville lui avait caché une partie de sa dette publique lors de leurs discussions bilatérales en vue de parvenir à un programme d'aide et de réformes.
« La dette de la République du Congo est en effet plus forte que celle qui était mentionnée dans notre communiqué de presse à la fin du mois de mars 2017 », a indiqué à l’AFP un porte-parole du FMI, Ismaila Dieng, confirmant une information de Radio France Internationale (RFI).
« Cette nouvelle évaluation est basée sur des informations fournies par les autorités congolaises en juin », poursuit le porte-parole, mentionnant une dette publique représentant 117% du PIB contre le ratio de 77% avancé en mars par Brazzaville.
Un mission du FMI doit se rendre dans « les prochaines semaines » à Brazzaville pour poursuivre des discussions sur « un programme économique destiné à restaurer la stabilité macro-économique et ouvrir le chemin à la reprise économique ».
Ces discussions avec le FMI ont été initiées avec les autres pays d’Afrique centrale (Gabon, Guinée-Equatoriale, Cameroun, Tchad, Centrafrique) à l’issue d’un sommet à Yaoundé fin décembre en présence de la directrice générale du FMI Christrine Lagarde.
Une dévaluation du franc CFA avait été écartée moyennant l’intervention du FMI dans ces pays frappés par la crise du pétrole.
Le FMI a ainsi accordé en juin un prêt de 642 millions de dollars au Gabon tout en demandant des « réformes », par exemple « pour accroître la mobilisation de recettes non pétrolières » ou pour « améliorer les marchés publics afin de réduire les contrats de gré à gré ».
« Les perspectives économiques à court terme du Gabon demeurent délicates, la croissance économique globale devant être modeste, aux alentours de 1%, en 2017 », a déclaré mercredi le FMI au terme d’une mission à Libreville.