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vendredi 20 avril 2018

Congo-Brazzaville, le FMI conditionne son soutien

Tech Media News
Si la mission du FMI a conclu un accord avec le gouvernement congolais sur le contour d'un programme de réformes, le soutien de l’institution de Bretton Woods est conditionné à des réformes audacieuses et immédiates dans le domaine de la gouvernance.
Selon le Fonds monétaire international (FMI), "la mission a conclu un accord avec les autorités de la République du Congo sur le contour des politiques qui pourraient être soutenues par un arrangement financier". Cette proposition de programme vise à promouvoir l’activité économique "en rétablissant la viabilité budgétaire et en améliorant la gouvernance".
D’après le gouvernement du Congo-Brazzaville, ce programme s’articulerait autour de cinq piliers : l’ajustement budgétaire, soutenu par une restructuration de la dette publique ; la sauvegarde de la stabilité du secteur financier ; le renforcement de la gouvernance ; l’amélioration des capacités statistiques et enfin des réformes structurelles telles que le renforcement du climat des affaires, la diversification économique, l’intégration régionale…
L’initiative est soutenue par d’autres bailleurs multilatéraux, tels que la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), et bilatéraux. La France a ainsi promis 135 millions d’euros, une aide conditionnée à la conclusion du programme avec le FMI.

Situation de crise économique

Pour expliquer la situation de crise actuelle, si les autorités congolaises mettent en cause "la chute drastique des cours du pétrole", l’institution financière internationale insiste aussi sur "des défis importants liés à la gouvernance".
"Les faiblesses dans la gouvernance et la lutte contre corruption ont exacerbé les lacunes dans la mise en œuvre des lois et règlements et les vulnérabilités économiques", explique le FMI.
Le Fonds a réévalué en août 2017 la dette publique du Congo à 110 % du PIB, soit plus de 9,1 milliards de dollars – contre 77 % précédemment. Selon Fitch, l’endettement public pourrait être encore plus élevé, l’estimation du FMI n’incluant ni les arriérés de paiement ni la dette litigieuse. "Fin décembre 2017, la dette a atteint 127% du PIB", précise Lucie Villa, qui suit le pays pour l’agence de notation Moody’s.

Restructurer la dette publique

Les autorités congolaises précisent par ailleurs que "les négociations avec les créanciers ont d’ores et déjà été initiées, conformément aux recommandations du FMI, dans le but de restructure la dette du pays".
La Primature congolaise explique en effet dans un communiqué que la restructuration de la dette se fera en excluant les créanciers multilatéraux et prendra en compte "les efforts consentis par le passé par les créanciers ayant participé à l’initiative PPTE". Enfin, "aucun nouvel effort se sera donc demandé aux porteurs de l’Eurobonds à échéance 2029, ainsi que l’emprunt obligataire sous-régional à échéance 2021".
"Dans le traitement de la dette intérieure, les autorités seront particulièrement attentives à la sauvegarde des régimes sociaux, la protection des acteurs économiques locaux et la sécurisation du système bancaire".

Améliorer la gouvernance

Interrogée, lors d’une conférence de presse, sur la situation du Congo-Brazzaville, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde a précisé que "c’est à l’issue du conseil d’administration que l’on saura exactement quels sont les financements et quelles sont les conditions associées à ce programme".
Nous avons des exigences en matière de gouvernance qui devront être mise en place très vite après l’approbation du conseil d’administration et qui nous paraissent de nature à garantir une bonne utilisation des financements publics et la bonne réalisation des objectifs du programme, a-t-elle ajouté.
"Les autorités devront entreprendre des réformes audacieuses et immédiates dans le domaine de la gouvernance pour traduire en action la rupture avec les politiques et pratiques du passé proclamée par le gouvernement", précise le communiqué du FMI, en indiquant que "une participation forte de la société civile sera cruciale pour le succès des réformes de gouvernance".

mardi 26 décembre 2017

Le Congo en sursis après la mission du FMI

Tech Media News
La mission du FMI a fini ses discussions avec les autorités congolaises sur l’appui au programme économique et financier que sollicite le pays confronté à une conjoncture des plus difficiles. Alors que sa décision était très attendue, le fonds a annoncé poursuivre les discussions et surtout la mise en œuvre immédiate de certaines mesures structurelles pour envisager un accord financier au bénéficie du pays. Un cours instant de répit pour le Congo pour qui certains analystes présageaient le pire des scénario en raison notamment de l’ampleur de la difficile conjoncture que le pays traverse.

C'est plus qu'un cours instant de répit mais un véritable sursis que vient de donner le FMI aux autorités congolaises. Ces dernières peuvent en effet pousser un véritable ouf de soulagement à l'issue de la mission envoyée à Brazzaville, du 5 au 20 décembre,  pour discuter sur le programme économique et financier du pays avec en ligne de mire, une éventuelle assistance financière de l'institution de Bretton Woods. Sans pour autant donner son feu vert, l'équipe du FMI n'a pas aussi fermé la porte des négociations. Au contraire, Abdoul Aziz Wane, le chef de la mission du FMI a même tenu à saluer certains progrès réalisés par le pays et que les négociations vont se poursuivre entre les deux parties.
"Les autorités et la mission ont fait des progrès dans la formulation de politiques macroéconomiques et structurelles à moyen terme qui pourraient être soutenues par le FMI. La mission accueille favorablement le projet de budget pour l'exercice 2018, qui contribuera à rétablir la viabilité budgétaire et la stabilité extérieure régionale, tout en augmentant le soutien aux groupes vulnérables, dont les femmes. La mission a également pris note des mesures envisagées par les autorités pour restaurer la viabilité de la dette à moyen terme. Elle a encouragé les autorités à finaliser le recrutement de conseillers juridiques et financiers à cet effet".

Examen de passage

Le FMI laisse donc la porte entre-ouverte car comme le diable se cache dans les détails, la poursuite des discussions avec le FMI et l'espoir d'un probable accord qu'il fait miroiter aux autorités ne reposent que sur la base de l'engagement du gouvernement à mettre en œuvre des réformes structurelles pour assainir sa situation économique. En somme le Congo va devoir passer un examen de passage et c'est à l'issue de cette mise à l'épreuve qui sera jaugée par les mesures concrètes mises en œuvre, que le fonds se prononcera définitivement. En la matière, la liste des réformes urgentes et prioritaires relèvent et presque du parcours du combattant pour le pays qui n'a pourtant pas d'autres alternatives pour sortir de la crise.
 "Les autorités devront faire des réformes fortes et immédiates en matière de gouvernance pour ancrer les attentes d'un changement positif dans la gestion des ressources publiques... Ces réformes devraient inclure la mise en place d'un ensemble d'organes indépendants de lutte contre la corruption, la déclaration d'actifs pour les hauts fonctionnaires, la mise en place et le renforcement de mécanismes de contrôle de certaines structures publiques, notamment les sociétés pétrolières publiques et les grands projets d'investissement".
Les réformes qu'attend le fonds sont donc claires et font d'ailleurs l'affaire de l'opposition et de la société civile qui trouve à travers cette liste la confirmation de l'ampleur de la corruption et de la mauvaise gouvernance qui plombe l'économie du pays. Certes, l'équipe du FMI a salué l'intention du gouvernement d'approuver début 2018 une étude sur la gouvernance qui guidera les futures réformes mais il s'agit-là encore d'un engagement qui reste à être confirmé par les faits.

Sous étroite surveillance

En attendant les réformes attendues par le FMI, le Congo est mis sous étroite surveillance. "L'équipe du FMI continuera à travailler avec les autorités au cours des prochaines semaines dans plusieurs domaines, notamment sur le rétablissement de la viabilité de la dette, le renforcement de la gouvernance et le financement adéquat du programme" ont précisé dans un communiqué, les services du fonds à l'issue de la mission. C'est une fois ce travail achevé, "qu'un arrangement financier visant à soutenir le programme économique du Congo sera discuté au niveau du personnel du FMI avant d'être proposé à l'examen du Conseil d'administration" a annoncé la même source.
Au cours de son séjour, la mission a rencontré le premier ministre Clément Mouamba, le ministre des Finances Calixte Nganongo, ainsi que d'autres hauts fonctionnaires en charge des questions économiques et de la politique financière du pays. Elle a en outre échangé avec les représentants de la communauté diplomatique, du secteur privé, de la société civile et des partenaires du développement. L'occasion de passer en revue l'économie du Congo qui "continue de subir les contrecoups de la baisse des prix du pétrole, d'une dette insoutenable et des faiblesses dans la gouvernance".
Selon le FMI, une récession plus profonde de l'économie non pétrolière en 2017, avec une baisse de 9,2%, "nuit aux segments les plus vulnérables de la population". Certes, l'ajustement budgétaire soutenu entrepris depuis 2015 a permis de réduire certains déséquilibres économiques, "mais ces derniers restent toutefois importants du fait que les marges budgétaires du gouvernement sont presque épuisées". Par ailleurs, les services du Fonds ont noté que "l'accumulation d'arriérés de l'État met en péril l'activité du secteur privé, contribuant aux pénuries de liquidités bancaires et compromettant la provision des services sociaux". De même, "la faiblesse des organismes de lutte contre la corruption et des statistiques limite la mise en œuvre des lois et règlements, et augmentent les vulnérabilités économiques" a poursuivi le communiqué du fonds.
Autant de défis que le pays doit relever pour espérer une assistance financière du FMI en contrepartie d'autres réformes à mettre en œuvre. A bien des égards, le fonds n'entend point s'engager sur un programme et des espèces sonnantes et trébuchantes sans au préalable un assainissement de la situation économique et financière, ce qui constitue le principal challenge du moment pour les autorités. En attendant, le
président congolais 
Denis Sassou Nguesso
peut se targuer de l'avoir échappée belle. Au gouvernement de s'atteler à la tache car sans le soutien du FMI, le pays qui a un temps frôlé la cessation du payement ne pourrait sortir de l'auberge alors que les autres pays de la zone CEMAC sont déjà bien engagés avec le fonds avec déjà quelques résultats positifs pour certains d'entre eux.

mercredi 20 décembre 2017

FMI, la CEMAC loin d’être tirée de son bourbier économique

Tech Media News
Après avoir échappé de peu à une dévaluation de sa monnaie commune, la zone CEMAC semble reprendre du souffle, sans pour autant être entièrement sortie de la zone de danger. Le FMI table ainsi sur une croissance négative de 0,6% pour 2017 et maintient de "faibles" perspectives à court terme pour la région.

La Communauté Economique et Monétaire d'Afrique Centrale (CEMAC) continuerait selon le FMI à subir les contrecoups de la chute des recettes pétrolières de 2014. Le bloc régional devrait ainsi enregistrer une contraction économique de 0,6% en 2017, soit un léger mieux par rapport au -1% enregistré en 2016.

Faibles perspectives à court terme

L'institution de Bretton Woods a également signalé la détérioration de la production pétrolière de la zone à -6%, conjuguée à une faible croissance du PIB non pétrolier qui se situe à près de 1%. Cette situation est justifiée selon les expert du FMI par l'importante réduction des dépenses publiques dans la plupart des pays de la zone, notamment le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad, la RDC ou encore la RCA
L'accumulation d'importants arriérés budgétaires depuis 2014 a aussi mis à mal l'économie de la zone. Les perspectives à court terme de la région CEMAC "restent faibles" selon le FMI.
"La croissance devrait rester négative en 2017, en raison de la réduction des dépenses publiques et de la poursuite de la baisse de la production pétrolière. L'inflation reste faible car l'activité économique est faible", précisent les experts du FMI.

Assainissement budgétaire

L'institution internationale a par ailleurs salué les efforts d'assainissement budgétaires entrepris par les pays de la zone qui ont permis de faire passer le déficit budgétaire hors pétrole de plus de 13% à plus de 8% du PIB. Une amélioration qui ne s'est pas étendue à la dette qui est passé de 28% du PIB en 2014 à plus de 50% en 2016, bien que le déficit de compte courant ait été divisé par deux entre 2016 et 2017, s'établissant à 5% du PIB.
Cette dernière amélioration résulte d'une hausse des exportations de pétroles (malgré la baisse de production) et des produits non pétroliers ou encore de la compression des importations. La couverture des réserves extérieures est également sortie de la zone critique des 2,2 mois enregistrés en 2016, elles se seraient stabilisées puis remontées lors du troisième trimestre 2017, "reflétant une combinaison de décaissements du FMI et de l'ajustement budgétaire des pays membres".

La reprise tributaire du maintien des réformes

Le FMI maintient son inquiétude pour le secteur financier qui continuerait à montrer des signes de faiblesse, en témoigne la baisse des dépôts bancaires, l'augmentation des prêts improductifs et la stagnation des crédits. Malgré l'adoption par le Cameroun, le Tchad et le Gabon de programmes soutenus par le FMI et la poursuite d'une politique d'austérité par la Banque centrale régionale (BEAC), les perspectives à moyen termes de la zone reste "difficiles".  
Le fond "s'attend à une amélioration progressive de la situation économique et financière dans la région, en supposant que les engagements politiques des Etats membres de la CEMAC et des institutions régionales soient pleinement mis en œuvres". Ce qui est conditionné par le FMI a une consolidation budgétaire en continue en d'autre mots, gagner 6% du PIB en solde budgétaire d'ici 2019. S'y ajoute les efforts de diversification économique, l'amélioration du climat des affaires ou encore le renforcement de la gouvernance et de la transparence.

mercredi 13 décembre 2017

Ces pays pétroliers africains qui vont pâtir de la décision de la Banque mondiale

Tech Media News
Coup de semonce dans le monde des énergies fossiles. Depuis Paris où se tient le One Planet Summit, la Banque mondiale (BM) a annoncé qu’à partir de 2019, elle ne financera plus l’exploration et l’exploitation de projets d’hydrocarbures pour se conformer à l’accord de Paris paraphé lors de la COP21. Une décision qui pourrait impacter beaucoup de pays africains.

1,6 milliard de dollars ! C'est l'enveloppe de la Banque mondiale consacrée à l'industrie du pétrole et du gaz en 2016. Mais ce chèque qui représente moins de 5 % de la totalité des financements accordés dans ce domaine en 2016, pourrait fondre comme neige au soleil.

Sueurs froides chez les producteurs et futurs émirats pétroliers d'Afrique

En marge du One Planet Summit, co-organisé par le Groupe de la Banque mondiale, l'ONU et la France, l'institution présidée par Jim Yong Kim fixe à 2019, la fin de ses financements accordés à l'exploration et à l'exploitation du gaz et du pétrole.
Une décision justifiée par la volonté de la Banque mondiale de s'aligner sur les objectifs de l'Accord de Paris, signé lors de la COP21 et par lequel, la plupart des pays, exception faite des Etats-Unis de Donald Trump qui s'en sont retirés, s'engagent à lutter contre le réchauffement climatique. L'institution de Bretton Woods, basé à Washington, devient ainsi, la première organisation internationale à prendre une telle mesure.
Cette dernière risque pourtant d'impacter plusieurs pays notamment africains qui voyaient un avenir économique prometteur écrit à l'encre de l'or noir. La désillusion sera grande pour les producteurs de pétrole africains notamment des pays du Golfe de Guinée comme le Nigéria, l'Angola, le Gabon, le Congo, la Guinée Equatoriale ou encore le Ghana, d'Afrique du nord dont l'Algérie, l'Egypte, la Libye dont les économies, durablement impactées par la chute des cours, ont dû s'atteler à la diversification de leurs économies, non sans s'attendre à une reprise pour doper leur croissance moribonde.
En revanche, dans un autre camp, l'annonce de la Banque mondiale a dû provoquer des sueurs froides. Il s'agit des pays qui se découvrent des richesses en or noir dans leur sous-sol ou en offshore et se rêvaient déjà en émirats pétroliers en terre africaine. Dans le lot, le Ghana, le Niger, le Tchad, la Mauritanie, le Sénégal et même la Tunisie où les potentialités en cours d'exploitation ou de recensement, présageaient des leviers pour booster l'économie.

Une obligation de voir un avenir diversifié et en vert pour l'Afrique

Dans une moindre mesure, la "fin du pétrole" dont l'acte de l'arrêt du financement a été prématurément rédigé par la Banque mondiale devrait impacter les Etats-Unis, la Chine et l'Union Européenne, principaux consommateurs du pétrole africain qui constituent une source d'approvisionnement complémentaires à leurs besoins en or noir.
L' espoir est cependant permis. Dans l'annonce de sa décision tonitruante, la BM a laissé une exception qui fait figure de brèche pour les Africains qui souhaitent profiter de financement pour développer leur industrie du pétrole. Certaines "circonstances exceptionnelles" peuvent permettre aux "pays les plus pauvres où il y a un déficit clair en terme d'accès à l'énergie" de bénéficier de prêts de la BM pour l'exploration et  l'exploitation des hydrocarbures. La seule condition dans cette exception pour ces pays est que ces financements ne soient pas contraires à leurs engagements dans l'accord de Paris qu'ils ont signé en 2015, ce qui réduit considérablement la liste des pays qui peuvent en bénéficier.