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mercredi 4 septembre 2019

Hospitalisé à Londres, la santé d’Ali Bongo se détériore

Tech Media News ©

La santé du chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba, se serait détériorée, alors que le dirigeant se trouve actuellement à Londres où il serait hospitalisé.

Des informations publiées par l’agence Bloomberg, citant "des sources proches du dossier", indiquent que le Président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, est hospitalisé à Londres, "alors que son état se détériore". Information balayée d’un revers de main par la présidence de la République du Gabon.
Dans un communiqué, en effet, la présidence de la République gabonaise précise : "A aucun moment, la santé du président ne s’est détériorée. Au contraire (…) M. Ali Bongo Ondimba est en phase de recouvrement de la plénitude de ses capacités physiques". Ajoutant que "le président de la République n’est pas hospitalisé (…) mais en séjour privé dans sa résidence londonienne où il a pris quelques jours de congé en famille".
Sauf que la Présidence gabonaise, toujours au sujet d’Ali Bongo, admet : "A cette occasion, il effectue des examens médicaux de routine et poursuit normalement sa rééducation. Le Président gabonais, qui est aux commandes du pays, sera de retour dans son pays prochainement". Examen médicaux de routine où hospitalisé dans un état qui se détériore ? Mystère.
Ali Bongo aurait quitté discrètement Libreville, fin août, à bord d’un jet privé à destination de Londres. Rentré au Gabon le 23 mars dernier après un séjour de cinq mois passé au Maroc, le chef de l’Etat, victime d’un accident vasculaire cérébral, se déplace à l’aide d’une canne. Sa santé fait l’objet de folles interrogations, au Gabon comme dans la diaspora.

jeudi 31 janvier 2019

Que se passe t-il entre Maurizio Sarri et Eden Hazard ?

Tech Media News
"Eden a 28 ans. S'il veut partir, je pense qu'il doit partir", a déclaré l'entraîneur des Blues, laissant la porte ouverte à un départ de sa star belge l'été prochain. "Bien sûr, j'espère le contraire. J'espère qu'il veut rester ici. Il a le potentiel pour devenir le meilleur joueur d'Europe en ce moment. Parfois, il se contente de moins. C'est mon travail de le faire progresser et de le mettre en position de faire de son mieux", a poursuivi le technicien italien Maurizio Sarri.
Il y a quelques jours déjà, il avait déclaré à propos de l'international belge qu'il était "plus un joueur individuel qu'un leader. Il est l'un des meilleurs joueurs du monde, mais à l'heure actuelle il n'est pas un leader".
Auteur de 13 buts en 29 matches cette saison et sous contrat jusqu'en juin 2020, Eden Hazard confiait pour sa part à ESPN, en octobre : "Le Real Madrid, c'est mon rêve depuis que je suis enfant". De quoi laisser ouverte la porte à un départ dans la capitale espagnole l'été prochain.

vendredi 18 mai 2018

Dominique Siby, un outsider dans la cour des grands

Tech Media News
Décrit par Forbes comme l'un des entrepreneurs les plus prometteurs de Miami, le gabonais Dominique Siby chemine en grand dans le marché mondial très sélect du luxe, avec sa marque Felio Siby. L'un des sponsors les plus en vue de Formule 1, sa marque réussit le pari d'adoption en Amérique, en Europe et surtout en Afrique.


"Depuis que j'ai commencé, je sais ce que je veux faire et je sais où je vais. Je me suis construit un plan bien précis que je suis", assure Dominique Siby. C'est donc suivant méticuleusement son "plan" que le jeune entrepreneur né et élevé au Gabon a réussi à distinguer sa marque de luxe. Baptisée Felio Siby en hommage à son défunt père avec qui il portait le projet d'investir dans ce secteur, la marque est apposée sur toutes les créations que propose la société éponyme: de la maroquinerie constituée de sacs de voyage pour hommes, des sacs à main pour femme et divers accessoires dont la fourchette de prix est établie entre 2 000 dollars et 50 000 dollars l'unité; l'horlogerie masculine lancée il y a deux ans et commercialisée entre 80 000 dollars et 200 000 dollars la pièce.

Choix stratégiques

"Felio Siby s'adresse aux personnes qui ont déjà toutes les marques et qui veulent s'offrir ce que les autres n'ont pas, voire, ce qu'elles seront seules à posséder", explique l'entrepreneur. A 95% faite à la main, sa production est en effet constituée d'une large gamme de pièces uniques. Parti pour ne produire que pour la gente masculine, il s'est retrouvé à confectionner du féminin suite aux demandes récurrentes de son entourage. "Aujourd'hui, Felio Siby est une marque mixte", se réjouit-il.
Basée à Miami aux Etats-Unis, l'entreprise fabrique sa maroquinerie en Italie et son horlogerie en Suisse, grâce à des partenariats avec des firmes locales.
"Je pars du principe qu'on ne peut prétendre faire du luxe et produire en Chine", estime Siby.
Au début de son aventure il y a quatre ans, l'homme d'affaires produisait aux Etats-Unis. "Mais quand on voit la qualité du savoir-faire italien, poursuit-il, on ne peut pas trouver mieux. Des sacs en peaux de crocodile incrustés de diamants ou imprégnés de 24 carats de poussière d'or, c'est exceptionnel!".

Un des sponsors phares en formule 1
Tech Media News
La marque prend définitivement son envol en 2016, lorsqu'elle devient le sponsor officiel du coureur brésilien de Formule 1 Felipe Massa et de l'écurie anglaise Sahara Force India. Pour cette dernière, l'événement a été célébré en grande pompe sur un yacht à Monaco en présence du gotha du sport business. Des contrats toujours en cours que Siby a réussi à dénicher grâce à ses "réseaux".
Il a également sponsorisé deux tennismans dont le tchèque Tomas Berdych lorsque celui-ci figurait dans le top 10 mondial. "Toutes ces collaborations m'ont ouvert beaucoup de portes", confie le businessman qui "ne pense pas" qu'il aurait eu les mêmes résultats s'il n'avait pas choisi le truchement du sport le plus cher au monde pour faire connaitre sa marque.
Très vite, il s'est attiré les projecteurs de la télévision et la presse américaines. Le magazine Forbes le présente même comme l'un des entrepreneurs les plus prometteurs de Miami. Actuellement, sa clientèle constituée non seulement de sportif, mais aussi d'hommes d'affaires et de personnes fortunées réside en Amérique, en Europe, et en Afrique. Jusqu'à l'année dernière, ces derniers pouvaient se rendre dans ses boutiques sur la célèbre avenue de Miami. "Je les ai fermées, car elles se sont avérées non stratégiques pour moi. Je me suis tout simplement rendu compte que les ventes hors magasin étaient beaucoup plus importantes".
Sa plus grosse vente réalisée en Afrique !
Siby a donc recentré sa stratégie commerciale depuis un an, écoulant exclusivement sa marchandise par internet ou au sein de son réseau, qu'il continue d'étoffer en bon diplômé en relations internationales. L'entrepreneur reconnait également le coup de pouce des réseaux sociaux qui lui ont récemment permis, à titre d'exemple, de livrer à un Israélien qui avait découvert la marque sur internet. "Nous pouvons nous déplacer n'importe où dans le monde pour livrer à un client demandeur de certaines pièces. Nous le faisons pour la clientèle russe à Londres et en Afrique", explique-t-il.
Sur le Continent, quelques pays reviennent dans son portefeuille clients : Congo Brazzaville, Gabon, Cameroun et Angola. Si l'homme d'affaires se veut discret sur son chiffre d'affaires, il admet toutefois le marché juteux.
"Depuis que Felio Siby existe, ma plus grosse vente a été réalisée en Afrique", confie l'entrepreneur tenue par une clause de confidentialité sur l'identité du pays. Toutefois, ajoute-t-il, "la commande concernait quelques sacs de plus de 30 000 dollars la pièces".

Le marché est donc bel et bien là en Afrique. "Les Africains aiment se faire plaisir et dépensent beaucoup d'argent dans le luxe", fait remarquer l'homme d'affaires, rappelant les 4 milliards de dollars générés chaque année par le secteur. Siby déplore cependant qu'en dépit de cette appétence des fortunés du Continent pour le luxe, il y ait encore très peu de marques africaines qui arrivent à se creuser un sillon considérable sur ce marché. Chez Felio Siby en tout cas, "2018 est l'année de l'Afrique!".
Le businessman est en train de mettre en place une stratégie qui lui permettra d'agrandir son portefeuille client sur le continent. En ligne de mire, le Nigeria, pour sa brochette fournie de milliardaires et millionnaires. Son rêve ultime, arriver un jour à produire en Afrique pour sa clientèle mondiale. 

lundi 8 janvier 2018

Éducation, ces nouvelles fabriques des élites

Sur tout le continent, des entrepreneurs nouvelle génération fondent des établissements haut de gamme, souvent soutenus par des fonds privés. Objectif : faire émerger les dirigeants de demain.
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Et si les maux de l’Afrique étaient essentiellement liés à un manque de leadership ? Des entrepreneurs d’un genre nouveau en sont persuadés et se disent déterminés à faire émerger des dirigeants capables de porter la transformation de toute l’économie africaine. Leur stratégie ? Multiplier les universités haut de gamme pour former l’élite du futur. "Je voudrais pouvoir imprégner les étudiants d’un sens profond de l’engagement, tout en leur donnant des compétences pour innover et entreprendre", affirme le Ghanéen Patrick Awuah.
Ex-manager de Microsoft, il en a démissionné pour créer en 2002 l’université Ashesi dans la petite ville de Berekuso, à 30 km d’Accra. Immenses salles de classe ultra-connectées, laboratoires modernes, bibliothèque… un campus international à l’américaine dans un paisible et luxuriant îlot de 40 hectares. Venus de l’ensemble du continent et notamment du Kenya, du Rwanda, d’Afrique du Sud et du Zimbabwe, ses quelque 900 étudiants doivent s’acquitter d’environ 9 000 dollars de frais de scolarité par an. Mais grâce à un partenariat établi avec l’université, la fondation MasterCard prend en charge la scolarité de plus de la moitié d’entre eux. "Ils contribueront à l’amélioration du continent", parient les responsables de la fondation.

Modèle écoles de commerce

Bien qu’il valorise le modèle américain, Patrick Awuah mise sur l’africanisation de son université. Son architecture s’inspire des cours traditionnelles d’Afrique de l’Ouest ; le nom de l’établissement signifie "commencement", en akan, et son logo renvoie à des symboles de cette culture. Elle propose six cursus différents de quatre ans, tels que le management des systèmes d’information et les ingénieries informatique, électrique et électronique ou encore mécanique.
Conçus comme les "business games" des écoles de commerce occidentales, les cours se veulent participatifs. Par groupe de six à dix, les étudiants choisissent une problématique à laquelle doit faire face le Ghana. Ils ont ensuite deux semestres pour trouver des solutions. Les projets sont présentés devant toute l’université, et les quinze les plus aboutis sont transformés en entreprises grâce aux soutiens de fondations partenaires. Patrick Awuah affirme que ses étudiants ont un taux d’insertion professionnelle de 90 %, six mois après l’obtention de leur diplôme.
Lauréat du Wise Prize for Education 2017, présenté comme le Nobel du secteur, il voudrait désormais étendre le modèle à tout le continent et milite pour une "panafricanisation" de l’éducation. Depuis cinq ans, il multiplie les programmes d’échanges avec des universités africaines. En 2017, il a invité une douzaine d’entre elles à créer une plateforme collaborative commune.

6 000 candidatures

Autre Ghanéen piqué par ce virus de l’éducation nouvelle génération, Fred Swaniker, diplômé de la Stanford Business School, a créé l’African Leadership Academy (ALA), un programme qui vise à encourager l’esprit entrepreneurial chez les jeunes Africains. Créé en partenariat avec le Camerounais Acha Leke, consultant du cabinet McKinsey, et deux amis, Peter Mombaur et Chris Bradford, l’ALA a déjà accueilli plus de 700 étudiants à très fort potentiel issus de tout le continent.
Mais son initiative la plus médiatisée reste l’African Leadership University. Ses deux campus haut de gamme ont représenté chacun un investissement de 100 millions de dollars. Considéré comme le Harvard de l’Afrique, le premier, dirigé par Graça Machel, a ouvert à Maurice en 2013 ; basé à Kigali, au Rwanda, le second est opérationnel depuis septembre 2017. Ils accueillent chacun quelque 300 étudiants, en provenance d’une trentaine de pays.
"À l’horizon 2060, Fred Swaniker rêve de former 3 millions de leaders africains dans un réseau de 25 universités"








Fred Swaniker dit avoir reçu chaque fois plus de 6 000 candidatures en provenance de 54 pays en moins de seize jours. Un record, au regard du coût de la formation : 10 000 dollars annuels par élève sur quatre ans. Mais l’université, qui se finance grâce à des levées de fonds, prend en charge tout ou partie des frais de scolarité. En échange, les élèves s’engagent à lui reverser entre 2 et 10 % de leur future rémunération pendant dix ans. "Un bon compromis, quand on sait que la durée d’un prêt étudiant – quand on en obtient un – peut excéder vingt ans", estime Fred Swaniker.
Confidentiel. À l’horizon 2060, il rêve de former 3 millions de leaders africains dans un réseau de 25 universités (pour un coût global de 2,5 milliards de dollars). Il mise aussi sur le recrutement de 25 % de ses effectifs hors du continent, pour des frais de scolarité compris entre 20 000 et 24 000 dollars annuels.

Fondations

Certains étudiants voient leur cursus sur le continent ou ailleurs financés par de généreux mécènes au travers de fondations. Pionnier en la matière, Nelson Mandela a parrainé en 2002 une initiative du Rhodes Trust. Ce fonds a alors donné 10 millions de livres sterling à la Fondation Mandela Rhodes. Depuis 2005, une vingtaine d’étudiants, essentiellement sud-africains et zimbabwéens, sont entièrement pris en charge pour suivre un programme d’exception d’une année.
Le cursus, qui se veut lui aussi panafricain mais reste confidentiel, repose sur quatre grands thèmes : leadership, entrepreneuriat, réconciliation et éducation. Les étudiants se rencontrent lors de retraites informelles avant la rentrée, puis repartent en milieu d’année pour des bosberaad ("conférences en brousse") à travers le pays. Il s’agit d’échanger sans stress sur des questions de haute importance.
L’Anglo-Soudanais Mo Ibrahim entend lui aussi créer une pépinière de futurs leaders africains en finançant un programme de bourses de leadership. Très sélectif, il offre aux heureux élus l’occasion de se former au plus haut niveau dans des institutions africaines comme la BAD ou des organismes multilatéraux ayant pour vocation d’améliorer les perspectives économiques et sociales de l’Afrique.

Université Panafricaine

L’Union africaine (UA) fait aussi le pari d’une éducation haut de gamme avec son Université panafricaine (UPA). En lien avec les problématiques régionales, ses programmes sont destinés à former des cadres de haut niveau dans des organismes de développement. Elle compte cinq pôles dans les cinq régions du continent : sciences de la gouvernance et de l’intégration régionale en Afrique centrale (Cameroun), informatique et mathématiques en Afrique de l’Est (Kenya), sciences de la terre et de l’agriculture en Afrique de l’Ouest (Nigeria), sciences minières en Afrique du Nord (Algérie), sciences spatiales, à venir, en Afrique australe.
Chaque promotion compte quelque 70 étudiants, rigoureusement sélectionnés à Bac +3 dans les 54 États africains. Mais près de 15 % des étudiants enregistrés sont originaires des pays hôtes. Au Cameroun, par exemple, parmi les 58 élèves de la ­deuxième promotion, 15 sont des locaux. Formés pour intégrer l’UA, ils comptent parmi leurs enseignants des experts qui ont fait leurs preuves dans le management des institutions internationales, et même des Premiers ministres.
Chaque mois, ils perçoivent une allocation comprise entre 750 et 1 100 dollars. Mais le coût de la formation, entièrement pris en charge par l’UA et ses partenaires suédois ou japonais, est tenu secret.

Agir à la racine

Le financier camerounais Cyrille Nkontchou, fondateur du groupe Enko Education, fait partie de ceux qui estiment que pour faire émerger des profils africains de qualité, compétitifs à l’international, il faut agir en amont. Présent au Cameroun, en Afrique du Sud, au Mozambique, en Côte d’Ivoire et au Sénégal, son réseau panafricain de huit établissements du secondaire a pour vocation de permettre aux élèves d’intégrer les meilleures universités au monde, grâce à leur baccalauréat international (BI), pour des coûts de formation compris entre 2 000 et 4 000 dollars annuels.
Formés à Yaoundé, quelques-uns des douze premiers bacheliers d’Enko ont pu intégrer Yale, l’Imperial College de Londres ou encore les universités canadiennes de Toronto et de la Colombie britannique à la rentrée 2017.

mercredi 6 décembre 2017

Où en est le rêve aérien du président Macky Sall?

Tech Media News
Avec un aéroport flambant neuf et un nouveau pavillon national, le chef de l'État souhaite faire du hub de Dakar un outil de rayonnement international. Mais le pays a-t-il les moyens de ses ambitions ?

À seulement quelques heures de son ouverture prévue ce 7 décembre à midi et du basculement complet des activités de l’aéroport international Léopold-Sédar-Senghor (AILSS), l’aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) suscite, comme rarement dans l’histoire de l’aéronautique, maintes interrogations et au moins autant d’inquiétudes.
En atteste le courrier adressé le 9 novembre à la Ministre des Transports Aériens, Maïmouna Ndoye Seck, par Alexandre de Juniac, le directeur général de l’Association du transport aérien international (IATA). Le grand syndicat des compagnies aériennes y fait part aux autorités sénégalaises de ses craintes concernant, notamment, les difficultés d’approvisionnement en kérosène, déplorant le manque d’informations concernant le nouvel aéroport.

Questions de ravitaillement

Au 28 novembre, les compagnies aériennes n’avaient toujours pas été autorisées à inspecter les installations de ravitaillement. "Nous sommes toujours dans l’expectative, on ne peut pas être rassurés, glisse une source proche du dossier. Les compagnies régionales pourront toujours faire du double emport [prendre assez de carburant pour l’aller et le retour], mais pas les long-courriers. Avant de voler, une compagnie doit faire un audit de la maîtrise des risques. Personne ne prendra une seule goutte de kérosène à Dakar si l’inspection n’a pas eu lieu au préalable.
Certaines compagnies menacent de ne pas atterrir tant que cette inspection n’aura pas été effectuée", confirme un officiel sénégalais. Au sein d’Air France, des sources confirment l’état de nervosité dû au changement de société aéroportuaire, excluant cependant de ne pas atterrir le 7 décembre.
Tech Media News
"Après dix ans de travaux et moult reports et rebondissements, ce méga projet ne saurait se solder par un fiasco"
Si les autorités font bonne figure, il faudra à l’évidence quelques semaines d’ajustement, voire quelques mois, pour que tout soit au point. Le spécialiste du catering aérien Servair, qui ne dispose pas encore d’équipements opérationnels, continuera provisoirement de produire dans l’ancien aéroport de Dakar et fera parvenir ses plats à l’AIBD par camions réfrigérés. Et, à une semaine de l’inauguration, la nouvelle société chargée de l’assistance au sol, 2AS (Assistance Aide Services), n’avait toujours pas obtenu toutes ses certifications.
Par ailleurs, les critiques fusent au sujet du terminal cargo jugé trop petit, d’autant qu’il ne sera pas achevé ce 7 décembre. Et pour les passagers comme pour le personnel s’ajoutent la durée et le coût de transport engendrés par l’éloignement du nouvel aéroport, accessible via une autoroute comportant trois péages et régulièrement encombrée aux heures de pointe.

Un mégaprojet à 575 millions de dollars

Si l’AIBD est inauguré dans une certaine précipitation et s’il est probable qu’il connaisse quelques couacs initiaux, les autorités martèlent qu’il est prêt !. À cause d’un différend financier entre les concessionnaires et l’État, la maîtrise d’ouvrage était passée en 2016 du groupe saoudien Saudi Bin Laden au consortium turc Summa-Limak (qui en sera l'opérateur pour 25 ans). Après 10 ans de travaux et moult reports et rebondissements, ce méga projet dont le cout est estimé à  575 millions de dollars (484 millions d’euros), dont la capacité sera de 3 millions de passagers dès sa mise en service (contre 1,9 million de passagers à l’AILSS en 2016) ne saurait se solder par un fiasco.
Car il en va du rayonnement du pays. Pilier du Plan Sénégal émergent (PSE), le projet de hub aérien, qui passe aussi par la réhabilitation, pour 176 millions de dollars, de cinq aéroports régionaux (Saint-Louis, Matam, Ziguinchor, Tambacounda et Kédougou), est un outil visant à faire du pays, à la stabilité reconnue, un puissant centre d’attraction de capitaux étrangers, sur fond de découvertes d’hydrocarbures.
"Par sa position géographique, Dakar a vocation à devenir un hub sous-régional, explique Christophe Leloup"
Bien qu’engagé sous le magistaire d'Abdoulaye Wade, l’AIBD marquera de son empreinte le septennat de Macky Sall, à l’approche de l’élection présidentielle de 2019. Atout maître entre ses mains en cas de succès ; lourd fardeau dans l’hypothèse d’un échec. Selon divers spécialistes du domaine aérien, le marché est "émetteur" de passagers, et le potentiel est là. "Par sa position géographique, Dakar a vocation à devenir un hub sous-régional. On observe un développement des flux de Dakar vers le Moyen-Orient et l’Asie", explique Christophe Leloup, directeur régional d’Emirates pour le Sénégal.
Tous les regards convergent par ailleurs vers Air Sénégal, dont le destin est en partie lié au sort de l’aéroport. Son projet apparaît plus risqué encore que celui de l’AIBD pour Macky Sall, puisqu’il constitue la troisième tentative du pays en quinze ans de lancer un pavillon national, à la suite de la disparition d’Air Afrique en 2002. Ce 7 décembre, la compagnie ne devrait toutefois réaliser qu’un vol de démonstration, avec l’un des deux ATR 72-600 acquis en juin au Salon du Bourget. Selon ses responsables, elle sera opérationnelle en janvier 2018, après avoir obtenu son permis d’exploitation aérienne et la certification IOSA, un précieux sésame qui lui permettra à l’avenir de conclure des partages de codes (commercialisation de vols sur une compagnie partenaire).

Un grand défi

Tech Media News

"Pour Air Sénégal, le principal défi consiste à recruter et à former ses personnels en un temps record"

En septembre, d’après un proche du dossier, à l’image du climat d’impréparation régnant à l’AIBD, Air Sénégal ressemblait à "une coquille vide" : "Avec 90 % des postes obligatoires faisant défaut et malgré un an d’existence légale, l’entreprise n’avait qu’une semaine d’existence comptable, tout en étant dépourvue de système informatique et de système de réservation de billets." À la fin de novembre, le financement des deux appareils, garanti souverainement par l’État sénégalais, était enfin sur le point d’être bouclé. Pour Air Sénégal, le principal défi consiste à recruter et à former ses personnels en un temps record.
D’ores et déjà, on sait que son premier programme de vols s’articulera autour de destinations domestiques, comme Ziguinchor, et de villes situées dans un rayon proche, telles que Nouakchott (Mauritanie), Praia (Cap-Vert) et Banjul (Gambie). Mais là où la nouvelle compagnie étonne, c’est par les ambitions qu’elle affiche désormais. Dirigée depuis septembre par Philippe Bohn, l’ex-"Monsieur Afrique" d’Airbus, secondé par Jérôme Maillet, ancien directeur général adjoint de Congo Airways, Air Sénégal entend en effet se lancer à brève échéance dans le long-courrier.

Un potentiel de trafic

Le 16 novembre, lors du Salon aéronautique de Dubaï, la compagnie signait l’achat de quatre Airbus A330 Neo (configurés pour 280 sièges), dont deux en option, obtenus à un très bon prix, comme le révélait Jeune Afrique Business +  : juste au-dessus de la barre des 100 millions de dollars l’unité (pour un prix catalogue de 270 millions de dollars). Alors que ses futures concurrentes Asky et Air Côte d’Ivoire ont fait reposer, avec succès, leur développement sur le trafic domestique et régional, Air Sénégal annonce son intention de faire du long-courrier, dès 2019, son relais de croissance.
Parmi les dessertes envisagées, Paris (une ligne très profitable), Londres, Beyrouth (compte tenu de l’importante communauté libanaise qui vit au Sénégal), New York et, de manière plus surprenante, São Paulo.
Concernant cette dernière destination, elle pourrait notamment récupérer du trafic en provenance du Cap-Vert aux dépens de la chancelante compagnie nationale TACV, estiment les spécialistes. L’idée étant de desservir en vol direct ces destinations pour lesquelles il existe un potentiel de trafic, là où il faut souvent faire escale en Europe. Et ce avec des prestations qui se veulent dignes des plus grandes compagnies, à bord d’aéronefs dernier cri.
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"Comment Air Sénégal remplira-t-il ses A330 s’il ne dispose pas d’un véritable réseau régional ?"

"De manière générale, sur un appareil de 300 sièges, la rentabilité ne se fait que sur 5 à 6 sièges, rappelle Bruno Boucher, responsable de la région Afrique chez Lufthansa Consulting. De plus, sur les routes long-courriers, toute compagnie qui se lance doit se frotter à des géants comme Air France ou Emirates, qui peuvent augmenter leurs capacités et jouer sur les prix. Ces dernières disposent d’une flotte imposante qui peut absorber les pertes plus facilement."
"Comment Air Sénégal remplira-t-il ses A330 s’il ne dispose pas d’un véritable réseau régional et d’une sous-flotte pour venir nourrir son trafic ?" s’interroge un autre professionnel du secteur.

La carte du hub régional

Si elle n’en fait pas l’angle d’attaque de sa stratégie, la direction de la compagnie indique ne pas négliger pour autant le régional. Sur le papier, elle doit jouer à plein la carte du hub pour faire venir des passagers à Dakar. Elle recherche actuellement des monocouloirs en location de type A319/A320 pour desservir, au deuxième trimestre de 2018, Conakry, Ouagadougou et Abidjan.
Au vu de la concurrence menée par Asky, Air Côte d’Ivoire et la compagnie qui naîtra en janvier de la joint-­venture entre Rwandair et l’État béninois, "le marché régional est déjà en surcapacité, comportant un nombre important d’acteurs. Avec de faibles volumes de trafic et des tarifs souvent trop bas au regard des coûts élevés en Afrique, notamment un carburant plus cher qu’ailleurs, il offre une capacité d’expansion limitée", explique Jérôme Maillet.
"Le chiffre d’affaires d’un long-courrier équivaut à celui de cinq vols entre Dakar et Conakry, résume un expert"

À l’horizon 2022, Air Sénégal espère transporter 1 million de passagers par an (en comparaison, Air Côte d’Ivoire en aura pris en charge 850 000 en 2017), dont 400 000 en long-courrier et 600 000 sur le domestique et le régional, en réalisant cependant deux tiers de ses recettes sur le long-courrier. "Le chiffre d’affaires d’un long-courrier équivaut à celui de cinq vols entre Dakar et Conakry", résume un expert.
Si la compagnie s’attend à enregistrer des pertes les premières années, elle espère réaliser, d’ici à cinq ans, un chiffre d’affaires qui pourrait s’élever à 275 millions de dollars.
Retoqué, le plan imaginé à l’origine par le cabinet Seabury prévoyait plutôt un décollage par étapes, du domestique au régional, jusqu’à l’intercontinental. Le duo Bohn-Maillet préfère frapper un grand coup en engageant tout de suite des investissements importants, plutôt que d’accumuler les pertes sur le régional. "Une compagnie qui ne dispose que d’une demi-douzaine d’avions est encore plus exposée à la concurrence, il lui faut croître très vite", explique Jérôme Maillet.

La fusée Sénégal

A terme, le capital de la compagnie, détenue par l’État sénégalais à travers la Caisse des dépôts et consignations, sera porté à 150 millions de dollars. Actuellement, elle dispose de 40 % de la somme. Pour compléter la mise, elle entend lever des fonds dans les douze à dix-huit prochains mois en ouvrant jusqu’à 49 % de son capital à des investisseurs internationaux, éventuellement des compagnies aériennes. En investissant dans des appareils neufs, des actifs qui ont de la valeur, Air Sénégal entend aussi minimiser les risques.
"Sur les trente dernières années, l’investissement dans un avion a permis d’obtenir un rendement moyen annuel de 6,8 %, proche des performances (7,9 %) de l’immobilier américain", précise Jérôme Maillet. D’ici à 2019, le président Macky Sall devra montrer très rapidement qu’avec l’AIBD et Air Sénégal il a su réaliser le meilleur placement pour faire décoller la fusée Sénégal.

lundi 4 décembre 2017

Facebook ouvre de nouveaux bureaux à Londres et renforce ses effectifs

Tech Media News

Bonne nouvelle pour la Grande-Bretagne. Alors qu'ils se préparent à quitter l’Union Européenne le 29 mars 2019, le Royaume-Uni reste malgré tout le territoire de prédilection de Facebook en Europe. En effet, la firme américaine a ouvert ce lundi matin de nouveaux bureaux à Londres pour faire de la capitale britannique son plus important centre d’ingénierie en dehors des États-Unis.
Le nouveau site, situé dans le centre de Londres à proximité d’Oxford Street, accueillera des ingénieurs, des développeurs, ainsi que des équipes marketing et commerciales. Conçu par l’architecte Frank Gehry (Guggenheim à Bilbao, Maison dansante à Prague, Fondation Louis-Vuitton à Paris…), le bâtiment est étalé sur sept étages et 23 000 mètres carrés. Il abritera notamment un incubateur interne de start-up, baptisé "LDN_LAB".

2 300 employés au Royaume-Uni d’ici fin 2018

Preuve supplémentaire de sa confiance au Royaume-Uni, Facebook a également annoncé la création de 800 emplois à Londres pour agrandir son siège social sur le territoire britannique. Les nouveaux collateurs seront principalement affectés à des postes d’ingénierie. Prévue pour 2018, cette phase recrutement portera à 2 300 employés les effectifs de Facebook en Grande-Bretagne d’ici la fin de l’année prochaine. "L’écosystème entrepreneurial dynamique du Royaume-Uni et sa réputation internationale d’excellence en ingénierie en font l’un des meilleurs endroits au monde pour bâtir une entreprise de technologie", a expliqué Nicola Mendelsohn, vice-présidente de Facebook pour la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) pour justifier la stratégie du réseau social au Royaume-Uni.
Les ambitions de Facebook outre-Manche sont une bouffée d’oxygène pour le gouvernement britannique qui s’est d’ores et déjà mis en ordre de bataille pour éviter la fuite des talents et des géants du numérique présents sur son territoire. En novembre, le Royaume-Uni a ainsi dévoilé un plan de 80 millions de dollars pour retenir les entrepreneurs sur son territoire. De plus, le gouvernement britannique a annoncé le doublement du nombre de visas délivrés aux travailleurs hautement qualifiés. Le plafond de ces visas spéciaux est désormais fixé à 2 000, contre 1 000 auparavant. En parallèle, Facebook, Snap et Google ont prévoient d’augmenter leurs effectifs au Royaume-Uni. L’an passé, la filiale d’Alphabet a même annoncé la constriction de nouveaux bureaux à Londres qui accueilleront plus de 7 000 employés. De quoi permettre au Royaume-Uni d’aborder un peu plus sereinement le Brexit.