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vendredi 1 juin 2018

Un fin businessman à la tête du patronat d’Afrique Centrale


Tech Media News

Après 18 mois d’intérim, le Camerounais Célestin Tawamba a été élu président de l’Union des patrons d’Afrique Centrale (Unipace) pour un mandat de deux ans. Au cours des deux prochaines années, il entend hisser l’organisation patronale sous-régionale à une nouvelle dimension. Retour sur le parcours de cet homme d’affaires à succès.


 Au cours des deux prochaines années, Célestin Tawamba, président du Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam), officiera à la tête de l'Union des patrons d'Afrique Centrale (Unipace) en tant que président. Son élection a été actée lors de la dernière assemblée générale extraordinaire de l'organisation patronale sous-régionale qui s'est tenue dans la capitale économique camerounaise, Douala, le 25 mai dernier.
Pour ce chef d'entreprises de 52 ans, la veste du président de l'Unipace n'est pas un nouveau vêtement, puisqu'il en a assuré l'intérim depuis avril 2016, soit 18 mois, suite au décès de son prédécesseur, le camerounais André Fotso.

Fin businessman

Tech Media News

L'homme est un businessman aguerri. Diplômé en finances de HEC et de l'Université Paris Dauphine, il a fait ses armes chez Ernst & Young au début des années 1990, avant de rejoindre le forestier libanais Hazim en tant que directeur financier. Son aventure entrepreneuriale démarre en 2002, lorsqu'il crée La Pasta, une société de production de farine et de pâtes alimentaires dont la croissance est si rapide qu'elle passe d'une production de 25 tonnes à 250 tonnes en l'espace de sept ans. Il passe à vitesse supérieure en rachetant, en 2005, la filiale locale de Panzani, leader historique du marché des pâtes alimentaires au Cameroun.
Ces deux succès lui donnent l'envie d'aller plus loin et de remporter de nouveaux défis. Aujourd'hui, il est à la tête d'un conglomérat, Cadyst Invest, investi dans divers secteurs dont l'agroalimentaire et l'industrie pharmaceutique. En effet, il est le premier homme d'affaires d'Afrique centrale à implanter localement une unité de fabrication de médicaments génériques. C'était en 2009 à Douala. Un projet rendu possible grâce à un emprunt de 8 milliards de Fcfa, obtenus de trois banques camerounaises. Son empreinte dans l'industrie pharmaceutique est en outre renforcée par les 75% de capital de la Société Industrielle de Produits Pharmaceutiques (SIPP) rachetés à des Belges il y a dix ans.
Depuis fin juin 2017, cet entrepreneur préside l'organisation patronale camerounaise dans l'optique de la rendre "plus puissante et plus conquérante". Et c'est quasiment le même esprit qui l'anime désormais à la tête du patronat d'Afrique centrale. "L'UNIPACE doit exercer un leadership intellectuel et d'intervention sur les nombreux sujets qui impactent la vie de nos entreprises et affaiblissent le potentiel de croissance de nos économies", a déclaré Tawamba devant la presse.
Favorable à l'entrée du Rwanda et de l'Angola à l'Unipace
Secondé à ce poste par Laurence Nassif, Président du Groupement Inter-professionnel de Centrafrique (GICA), Célestin Tawamba veut travailler au renforcement des économies de la CEMAC, mais ne veut pas s'y limiter. Il prône également l'ouverture de l'Unipace "aux organisations patronales de la CEEAC [Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale] dont les pays ne sont pas membres de la CEMAC"à savoir, l'Angola, le Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, la RDC, et le Burundi.
Pour l'instant, Tawamba n'a pas encore évoqué les pistes qu'il envisage dans l'éventuelle mise en place de cette ouverture. Mais il est évident qu'une telle orientation renforcerait la puissance des patrons d'Afrique centrale, surtout au vu de la dynamique économique et l'influence internationale de certains pays comme le Rwanda et l'Angola.
Quoi qu'il en soit, le nouveau patron des patrons d'Afrique centrale devra rendre compte de son bilan de mi-parcours en 2019 lors des assemblées générales de l'Unipace qui se tiendront dans la capitale congolaise, Brazzaville.

mercredi 20 décembre 2017

FMI, la CEMAC loin d’être tirée de son bourbier économique

Tech Media News
Après avoir échappé de peu à une dévaluation de sa monnaie commune, la zone CEMAC semble reprendre du souffle, sans pour autant être entièrement sortie de la zone de danger. Le FMI table ainsi sur une croissance négative de 0,6% pour 2017 et maintient de "faibles" perspectives à court terme pour la région.

La Communauté Economique et Monétaire d'Afrique Centrale (CEMAC) continuerait selon le FMI à subir les contrecoups de la chute des recettes pétrolières de 2014. Le bloc régional devrait ainsi enregistrer une contraction économique de 0,6% en 2017, soit un léger mieux par rapport au -1% enregistré en 2016.

Faibles perspectives à court terme

L'institution de Bretton Woods a également signalé la détérioration de la production pétrolière de la zone à -6%, conjuguée à une faible croissance du PIB non pétrolier qui se situe à près de 1%. Cette situation est justifiée selon les expert du FMI par l'importante réduction des dépenses publiques dans la plupart des pays de la zone, notamment le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad, la RDC ou encore la RCA
L'accumulation d'importants arriérés budgétaires depuis 2014 a aussi mis à mal l'économie de la zone. Les perspectives à court terme de la région CEMAC "restent faibles" selon le FMI.
"La croissance devrait rester négative en 2017, en raison de la réduction des dépenses publiques et de la poursuite de la baisse de la production pétrolière. L'inflation reste faible car l'activité économique est faible", précisent les experts du FMI.

Assainissement budgétaire

L'institution internationale a par ailleurs salué les efforts d'assainissement budgétaires entrepris par les pays de la zone qui ont permis de faire passer le déficit budgétaire hors pétrole de plus de 13% à plus de 8% du PIB. Une amélioration qui ne s'est pas étendue à la dette qui est passé de 28% du PIB en 2014 à plus de 50% en 2016, bien que le déficit de compte courant ait été divisé par deux entre 2016 et 2017, s'établissant à 5% du PIB.
Cette dernière amélioration résulte d'une hausse des exportations de pétroles (malgré la baisse de production) et des produits non pétroliers ou encore de la compression des importations. La couverture des réserves extérieures est également sortie de la zone critique des 2,2 mois enregistrés en 2016, elles se seraient stabilisées puis remontées lors du troisième trimestre 2017, "reflétant une combinaison de décaissements du FMI et de l'ajustement budgétaire des pays membres".

La reprise tributaire du maintien des réformes

Le FMI maintient son inquiétude pour le secteur financier qui continuerait à montrer des signes de faiblesse, en témoigne la baisse des dépôts bancaires, l'augmentation des prêts improductifs et la stagnation des crédits. Malgré l'adoption par le Cameroun, le Tchad et le Gabon de programmes soutenus par le FMI et la poursuite d'une politique d'austérité par la Banque centrale régionale (BEAC), les perspectives à moyen termes de la zone reste "difficiles".  
Le fond "s'attend à une amélioration progressive de la situation économique et financière dans la région, en supposant que les engagements politiques des Etats membres de la CEMAC et des institutions régionales soient pleinement mis en œuvres". Ce qui est conditionné par le FMI a une consolidation budgétaire en continue en d'autre mots, gagner 6% du PIB en solde budgétaire d'ici 2019. S'y ajoute les efforts de diversification économique, l'amélioration du climat des affaires ou encore le renforcement de la gouvernance et de la transparence.