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mardi 26 décembre 2017

Le Congo en sursis après la mission du FMI

Tech Media News
La mission du FMI a fini ses discussions avec les autorités congolaises sur l’appui au programme économique et financier que sollicite le pays confronté à une conjoncture des plus difficiles. Alors que sa décision était très attendue, le fonds a annoncé poursuivre les discussions et surtout la mise en œuvre immédiate de certaines mesures structurelles pour envisager un accord financier au bénéficie du pays. Un cours instant de répit pour le Congo pour qui certains analystes présageaient le pire des scénario en raison notamment de l’ampleur de la difficile conjoncture que le pays traverse.

C'est plus qu'un cours instant de répit mais un véritable sursis que vient de donner le FMI aux autorités congolaises. Ces dernières peuvent en effet pousser un véritable ouf de soulagement à l'issue de la mission envoyée à Brazzaville, du 5 au 20 décembre,  pour discuter sur le programme économique et financier du pays avec en ligne de mire, une éventuelle assistance financière de l'institution de Bretton Woods. Sans pour autant donner son feu vert, l'équipe du FMI n'a pas aussi fermé la porte des négociations. Au contraire, Abdoul Aziz Wane, le chef de la mission du FMI a même tenu à saluer certains progrès réalisés par le pays et que les négociations vont se poursuivre entre les deux parties.
"Les autorités et la mission ont fait des progrès dans la formulation de politiques macroéconomiques et structurelles à moyen terme qui pourraient être soutenues par le FMI. La mission accueille favorablement le projet de budget pour l'exercice 2018, qui contribuera à rétablir la viabilité budgétaire et la stabilité extérieure régionale, tout en augmentant le soutien aux groupes vulnérables, dont les femmes. La mission a également pris note des mesures envisagées par les autorités pour restaurer la viabilité de la dette à moyen terme. Elle a encouragé les autorités à finaliser le recrutement de conseillers juridiques et financiers à cet effet".

Examen de passage

Le FMI laisse donc la porte entre-ouverte car comme le diable se cache dans les détails, la poursuite des discussions avec le FMI et l'espoir d'un probable accord qu'il fait miroiter aux autorités ne reposent que sur la base de l'engagement du gouvernement à mettre en œuvre des réformes structurelles pour assainir sa situation économique. En somme le Congo va devoir passer un examen de passage et c'est à l'issue de cette mise à l'épreuve qui sera jaugée par les mesures concrètes mises en œuvre, que le fonds se prononcera définitivement. En la matière, la liste des réformes urgentes et prioritaires relèvent et presque du parcours du combattant pour le pays qui n'a pourtant pas d'autres alternatives pour sortir de la crise.
 "Les autorités devront faire des réformes fortes et immédiates en matière de gouvernance pour ancrer les attentes d'un changement positif dans la gestion des ressources publiques... Ces réformes devraient inclure la mise en place d'un ensemble d'organes indépendants de lutte contre la corruption, la déclaration d'actifs pour les hauts fonctionnaires, la mise en place et le renforcement de mécanismes de contrôle de certaines structures publiques, notamment les sociétés pétrolières publiques et les grands projets d'investissement".
Les réformes qu'attend le fonds sont donc claires et font d'ailleurs l'affaire de l'opposition et de la société civile qui trouve à travers cette liste la confirmation de l'ampleur de la corruption et de la mauvaise gouvernance qui plombe l'économie du pays. Certes, l'équipe du FMI a salué l'intention du gouvernement d'approuver début 2018 une étude sur la gouvernance qui guidera les futures réformes mais il s'agit-là encore d'un engagement qui reste à être confirmé par les faits.

Sous étroite surveillance

En attendant les réformes attendues par le FMI, le Congo est mis sous étroite surveillance. "L'équipe du FMI continuera à travailler avec les autorités au cours des prochaines semaines dans plusieurs domaines, notamment sur le rétablissement de la viabilité de la dette, le renforcement de la gouvernance et le financement adéquat du programme" ont précisé dans un communiqué, les services du fonds à l'issue de la mission. C'est une fois ce travail achevé, "qu'un arrangement financier visant à soutenir le programme économique du Congo sera discuté au niveau du personnel du FMI avant d'être proposé à l'examen du Conseil d'administration" a annoncé la même source.
Au cours de son séjour, la mission a rencontré le premier ministre Clément Mouamba, le ministre des Finances Calixte Nganongo, ainsi que d'autres hauts fonctionnaires en charge des questions économiques et de la politique financière du pays. Elle a en outre échangé avec les représentants de la communauté diplomatique, du secteur privé, de la société civile et des partenaires du développement. L'occasion de passer en revue l'économie du Congo qui "continue de subir les contrecoups de la baisse des prix du pétrole, d'une dette insoutenable et des faiblesses dans la gouvernance".
Selon le FMI, une récession plus profonde de l'économie non pétrolière en 2017, avec une baisse de 9,2%, "nuit aux segments les plus vulnérables de la population". Certes, l'ajustement budgétaire soutenu entrepris depuis 2015 a permis de réduire certains déséquilibres économiques, "mais ces derniers restent toutefois importants du fait que les marges budgétaires du gouvernement sont presque épuisées". Par ailleurs, les services du Fonds ont noté que "l'accumulation d'arriérés de l'État met en péril l'activité du secteur privé, contribuant aux pénuries de liquidités bancaires et compromettant la provision des services sociaux". De même, "la faiblesse des organismes de lutte contre la corruption et des statistiques limite la mise en œuvre des lois et règlements, et augmentent les vulnérabilités économiques" a poursuivi le communiqué du fonds.
Autant de défis que le pays doit relever pour espérer une assistance financière du FMI en contrepartie d'autres réformes à mettre en œuvre. A bien des égards, le fonds n'entend point s'engager sur un programme et des espèces sonnantes et trébuchantes sans au préalable un assainissement de la situation économique et financière, ce qui constitue le principal challenge du moment pour les autorités. En attendant, le
président congolais 
Denis Sassou Nguesso
peut se targuer de l'avoir échappée belle. Au gouvernement de s'atteler à la tache car sans le soutien du FMI, le pays qui a un temps frôlé la cessation du payement ne pourrait sortir de l'auberge alors que les autres pays de la zone CEMAC sont déjà bien engagés avec le fonds avec déjà quelques résultats positifs pour certains d'entre eux.

lundi 18 décembre 2017

La Chine sort le chéquier pour le Congo

Tech Media News
La République populaire de Chine vient d'accorder au Congo une aide de 8,5 milliards de francs CFA destinée notamment à financer le projet de l'Institut de l'aviation civile de l'université Denis Sassou N'Guesso. Les documents ont été signés par le diplomate chinois Xia Huang et le chef de la diplomatie congolaise, Jean-Claude Gakosso le samedi 16 décembre à Brazzaville.


La Chine se mobilise une fois encore aux côtés du Congo. Le samedi, les deux pays ont signé un accord d'aide de l'Empire du milieu portant sur une enveloppe de 8,5 milliards de francs CFA. Les deux parties ont été représentées respectivement par l'ambassadeur de Chine, Xia Huang, et le ministre des affaires étrangères, de la coopération et des Congolais de l'étranger, Jean-Claude Gakosso pour la signature. Selon ce dernier, ce don de la Chine est destiné à soutenir le projet de l'Institut de l'aviation civile de l'université Denis Sassou N'Guesso et d'autres projets qui seront déterminés par les deux gouvernements, chinois et congolais. Il a indiqué que pour ce faire, la Banque de développement de Chine et la Caisse congolaise d'amortissement ouvriront un compte d'assistance. Ainsi dès que déterminés, les projets en question ne souffriront d'aucun problème de financement. Concernant l'enveloppe, Jean-Claude Gakosso a parlé d'un ''appui important'' apporté à l'université de Kintélé.
Ce don et d'autres, qui pourront suivre, permettront à l'université Denis Sassou N'Guesso de "s'affirmer davantage comme un espace panafricain dédié à la science et à la technologie", a souligné Bruno Jean Richard Itoua, le ministre congolais de l'enseignement supérieur. "L'excellence de la coopération entre la Chine et le Congo se confirme chaque jour davantage", a-t-il conclu.
Du côté de la Chine, Xia Huang, l'ambassadeur chinois a réitéré l'engagement de son pays à renforcer la coopération sino-congolaise. Selon lui, les actions entreprises par son pays au Congo, "illustrent la disponibilité du gouvernement chinois de traduire en actes concrets tous les engagements qu'il a pris pour faire avancer les relations d'amitié et de coopération". La Chine est plus que déterminée "à accompagner le Congo afin de relever les défis" qui s'y présentent, a ajouté le chef de la représentation chinoise au Congo.

Optimiste jusqu'au bout

Les responsables gouvernementaux à l'occasion de la signature de cet accord avec la Chine ne se sont pas empêchés de revenir sur la situation de crise que traverse le pays, avec optimisme. "Croyez-moi, nous allons résister à la tempête actuelle", a lancé le ministre des affaires étrangères. "Nous allons affronter les défis, et cela, qu'il s'agisse des discussions avec le Fonds Monétaire Internationale ou d'autres situations", insistera-t-il sous les yeux de ses homologues ministres de l'enseignement supérieur et de l'aménagement du territoire et des grands travaux, Jean Jacques Bouya. Restant dans la même dynamique, Jean-Claude Gakosso s'est réjoui de ce que ''l'essentiel'' des actions ''d'un développement soutenu'' réalisées ces dernières années au Congo, l'ait été avec une collaboration chinoise. 

Rien que cette année, c'est la seconde fois que la Chine apporte son soutien aux projets infrastructurels du Congo. En mai dernier, le président congolais Denis Sassou N'Guesso avait lancé les travaux de la construction d'un nouveau siège du parlement congolais, un projet financé par la Chine à plus de 34 milliards de francs CFA. 

mercredi 13 décembre 2017

Ces pays pétroliers africains qui vont pâtir de la décision de la Banque mondiale

Tech Media News
Coup de semonce dans le monde des énergies fossiles. Depuis Paris où se tient le One Planet Summit, la Banque mondiale (BM) a annoncé qu’à partir de 2019, elle ne financera plus l’exploration et l’exploitation de projets d’hydrocarbures pour se conformer à l’accord de Paris paraphé lors de la COP21. Une décision qui pourrait impacter beaucoup de pays africains.

1,6 milliard de dollars ! C'est l'enveloppe de la Banque mondiale consacrée à l'industrie du pétrole et du gaz en 2016. Mais ce chèque qui représente moins de 5 % de la totalité des financements accordés dans ce domaine en 2016, pourrait fondre comme neige au soleil.

Sueurs froides chez les producteurs et futurs émirats pétroliers d'Afrique

En marge du One Planet Summit, co-organisé par le Groupe de la Banque mondiale, l'ONU et la France, l'institution présidée par Jim Yong Kim fixe à 2019, la fin de ses financements accordés à l'exploration et à l'exploitation du gaz et du pétrole.
Une décision justifiée par la volonté de la Banque mondiale de s'aligner sur les objectifs de l'Accord de Paris, signé lors de la COP21 et par lequel, la plupart des pays, exception faite des Etats-Unis de Donald Trump qui s'en sont retirés, s'engagent à lutter contre le réchauffement climatique. L'institution de Bretton Woods, basé à Washington, devient ainsi, la première organisation internationale à prendre une telle mesure.
Cette dernière risque pourtant d'impacter plusieurs pays notamment africains qui voyaient un avenir économique prometteur écrit à l'encre de l'or noir. La désillusion sera grande pour les producteurs de pétrole africains notamment des pays du Golfe de Guinée comme le Nigéria, l'Angola, le Gabon, le Congo, la Guinée Equatoriale ou encore le Ghana, d'Afrique du nord dont l'Algérie, l'Egypte, la Libye dont les économies, durablement impactées par la chute des cours, ont dû s'atteler à la diversification de leurs économies, non sans s'attendre à une reprise pour doper leur croissance moribonde.
En revanche, dans un autre camp, l'annonce de la Banque mondiale a dû provoquer des sueurs froides. Il s'agit des pays qui se découvrent des richesses en or noir dans leur sous-sol ou en offshore et se rêvaient déjà en émirats pétroliers en terre africaine. Dans le lot, le Ghana, le Niger, le Tchad, la Mauritanie, le Sénégal et même la Tunisie où les potentialités en cours d'exploitation ou de recensement, présageaient des leviers pour booster l'économie.

Une obligation de voir un avenir diversifié et en vert pour l'Afrique

Dans une moindre mesure, la "fin du pétrole" dont l'acte de l'arrêt du financement a été prématurément rédigé par la Banque mondiale devrait impacter les Etats-Unis, la Chine et l'Union Européenne, principaux consommateurs du pétrole africain qui constituent une source d'approvisionnement complémentaires à leurs besoins en or noir.
L' espoir est cependant permis. Dans l'annonce de sa décision tonitruante, la BM a laissé une exception qui fait figure de brèche pour les Africains qui souhaitent profiter de financement pour développer leur industrie du pétrole. Certaines "circonstances exceptionnelles" peuvent permettre aux "pays les plus pauvres où il y a un déficit clair en terme d'accès à l'énergie" de bénéficier de prêts de la BM pour l'exploration et  l'exploitation des hydrocarbures. La seule condition dans cette exception pour ces pays est que ces financements ne soient pas contraires à leurs engagements dans l'accord de Paris qu'ils ont signé en 2015, ce qui réduit considérablement la liste des pays qui peuvent en bénéficier. 

lundi 4 décembre 2017

Nestlé ferme son usine et son siège social à Kinshasa

Tech Media News

Le géant de l'agroalimentaire, qui a rencontré quelques déconvenues dans son expansion subsaharienne, a annoncé le 1er décembre la fermeture de son usine kinoise et de son siège social congolais.
"Alors que Nestlé continue d’accroître ses activités en Afrique, nous devons nous assurer que notre organisation reste aussi souple et adaptable que possible. Notre priorité est de proposer des produits abordables aux consommateurs. C’est dans ce but que nous avons décidé de fermer notre usine et notre siège social en RDC et de développer un modèle de vente basé sur des canaux de distribution externes."
Le 1er décembre, Nestlé a annoncé via un communiqué publié sur son site internet la fin de ses activités à Kinshasa.
L’information a, le même jour, été donnée par Erkan Kodak, responsable de Nestlé Congo, dont le personnel était réuni pour l’occasion dans un grand hôtel de Kinshasa. "On savait que ça n’allait pas bien. Avec la crise en Angola, les produits Nestlé qui passaient la frontière étaient vendus moins cher que ceux que nous produisions sur place. On nous avait parlé d’une réduction d’effectifs programmée, mais nous ne nous attendions vraiment pas à une fermeture totale", confie un cadre, encore sous le choc.

Départ fin janvier mais arrêt immédiat de la production

En effet, selon ce dernier, si l’arrêt officiel des activités est prévue pour fin janvier, les employés ont été mis en congés dès l’annonce de la fermeture. "Nos comptes de messagerie et nos accès aux locaux ont été immédiatement désactivés", poursuit-il.
La succursale congolaise du géant suisse a été créée en 2009. L’usine, créée en 2012 après un investissement de 15 millions de francs suisses (12,4 millions d’euros), fabriquait des cubes Maggi et conditionnait du lait Nido en sachets, tandis que le reste de la gamme Nestlé distribué en RDC (Nescafé, Nesquik, produits infantiles…) était issu de l’importation. "Nous opérons des changements dans notre mode de fonctionnement, mais nous ne nous retirons pas : les consommateurs trouveront la même gamme de produits. Nous resterons actifs sur le marché congolais et contribuerons à la croissance du pays", affirment les services de communication de l’entreprise dans un mail laconique envoyé à Jeune Afrique, sans répondre sur les causes exactes de la fermeture de l’usine et sur les compensations offertes aux près de 180 employés et aux 500 contractuels.

Négociations en cours

"Nous sommes conscients que c’est une période difficile pour nos employés et nous nous engageons à leur offrir des indemnités plus importantes que ce que prescrit le droit du travail congolais", précise la communication de Nestlé. "Les négociations sur nos conditions de départ sont encore en cours", explique le cadre qui se montre sceptique face aux annonces de sa direction.

mardi 11 juillet 2017

Ces filles et fils de Président africains qui aspirent au pouvoir

Ils ont un patronyme auréolé et veulent désormais se faire un prénom

Avec son installation au Flagstaff House, Nana Akufo-Addo deviendra le premier fils de président à être élu président du Ghana. Il rejoindra par la suite la longue lignée des dynasties politiques africaines des fils d'anciens présidents devenus Chefs d'Etat à leur tour. Uhuru Kenyatta au Kenya, Joseph Kabila en RDC, Faure Gnassingbé Eyadema au Togo, Ali Bongo Ondimba au Gabon ont déjà accompli leur « destinée ». Emboîtant le pas à leurs aînés, certains héritiers ou héritières de la nouvelle génération lorgnent le fauteuil paternel avec une appétence pour l'exercice du pouvoir, officieusement assumée ou prêtée, officiellement dissimulée, le plus souvent nourrie par les fantasmes et les rumeurs ou secrètement révélée lors des querelles de succession.

Teodorin Obiang Nguema [Guinée-Equatoriale], le dauphin flambeur

Tech Media News


Teodoro Obiang Nguema Mangué de son vrai nom, n'est pas né avec une cuillère en or dans la bouche. Mais c'est bien avec un parachute doré que ce jeune homme de 47 ans a atterri dans la haute sphère des affaires politiques et économiques de la Guinée-Equatoriale. D'abord Conseiller spécial aux forêts de son père de 1995 à 1997, il devient ensuite ministre de l'Agriculture de 1997 à 2012. Entre 1997 et 2012, Obiang Junior est à la tête de la Société guinéenne d'exploitation forestière (Somagui), société étatique chargée de l'exploitation du bois précieux. C'est là qu'il aurait succombé au péché de mener grand train avec une vie luxueuse dans les plus grandes capitales occidentales. Il a aussi contracté la fièvre de la folie des grandeurs avec costumes griffés, montres de luxe et voitures très haut de gamme ...  sans compter l'impressionnant patrimoine immobilier qu'il s'est constitué et qui lui vaut d'être cité dans l'affaire dite des « Biens  mal acquis ».  Ce flambeur a de quoi croire qu'il a le sang bleu. Son père, Teodoro Obiang Nguema règne sur ce petit émirat pétrolier d'Afrique centrale d'à peine 655.00 habitants depuis bientôt 38 ans après avoir renversé son oncle, le fantasque Macias Nguema. A l'heure où il songe à prendre sa retraite, la « panthère aux aguets » a savamment préparé la perpétuation de son lignage familial par son fils. Consécration ultime, le fils de son père a été désigné en juin 2016, vice-président de la République chargé de la défense et de la sécurité, avec rang de chef d'Etat. Une balise lumineuse qui présage d'un atterrissage au Palais du Peuple à Malabo.

Denis Christel Sassou Nguesso [Congo] : le prince du pétrole

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L'ouverture de la succession de Denis Sassou Nguesso s'est éclipsée devant la vigoureuse contestation qui a accueilli la réélection en mars dernier du président congolais qui cumule déjà 32 ans au Palais de la Nation de Brazzaville. Mais le clan le sait bien, avec cette contestation non encore contenue, l'Otchouembé (lutteur traditionnel en mbochi) n'a plus la même vigueur. En coulisses, le clan se prépare alors à l'après-Sassou et a sonné le regroupement des troupes en ordre de bataille. Mais quel visage consensuel pourrait assurer l'héritage Sassou ? Figure montante du Parti congolais du travail (PCT, crée par Sassou père), Denis Christel Sassou Nguesso cultive la discrétion au point de nier toute ambition de succession dynastique à la tête du Congo. Mais sa varappe spectaculaire dans l'engrenage économique du pays le place en pole position pour reprendre le gouvernail paternel. Formé dans une école militaire de Brazzaville puis en notariat en France, c'est dans le pétrole que ce jeune homme de 42 ans va tisser sa toile économique. Au sein de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) où il rentre en tant que stagiaire en 2001, Denis prend l'ascenseur à grande vitesse. Entre 2005 et 2009, « Kiki le pétrolier » comme on le surnomme devient administrateur de la Cotrade (filiale de la SNPC chargée de la commercialisation). Puis, en janvier 2011, il devient directeur général adjoint de l'aval pétrolier de la SNPC, ainsi que PDG de « SNPC Distribution » et administrateur général de la Congolaise de raffinage (Coraf). En politique, le fiston national réussit à s'emparer de la très tactique circonscription d'Oyo (le fief familial), en devenant en 2012 député du PCT qu'il a intégré en 2007. Un poste d'observation pour la répétition générale avant sa projection devant la lumière des projecteurs pour la succession. Dans cette route presque tracée, le jeune homme traîne ses frasques de flambeur à la vie de nabab avec ses dépenses somptuaires en montres, voitures, villas de luxes largement commentées par la presse et les ONG internationales qui l'accusent de détournement d'argent public notamment dans l'affaire dite des « Biens mal acquis ». Autre boulet traîné par Sassou fils, des accusations longtemps démenties sans véritablement convaincre, faisant état du monnayage par Denis Christel des contrats d'attribution de marchés dans les concessions minières avec des sociétés étrangères. Ce qui fait de lui, l'homme incontournable du régime de son père. Mais la résistance promet d'être féroce avec la toute-puissance grandissante sans bruit de Jean Dominique Okemba, le neveu du président et cousin de Denis Christel, accusé de mener en coulisses des campagnes de sape de la popularité de l'enfant prodigue. Mais de son fauteuil présidentiel, Denis Sassou Nguesso observe prudemment ces altercations familiales de positionnement pour sa succession. Dans sa botte secrète pour doucher froidement les ambitions des hommes de la famille: ses filles. Judith, la défunte épouse d'Ali Bongo était semble-t-il la fille préférée du président. A sa mort, ses autres filles sont montées dans l'estime présidentielle. Julienne est à la tête d'une société de location d'avions. L'Honorable député Claudia, gestionnaire d'un empire agricole et dans la construction, est sa chargée de communication et met au pas les ministres. Les discrètes Cendrine, qui règne dans l'hôtellerie et la restauration haut de gamme et, Ninelle, faitière dans la location des tentes pour l'évènementiel, ne sont pas sans ambition. Quatre « filles de.. » dont une pourrait être déposée sur le fauteuil par le père au grand dam de leur frère. 

Karim Keïta [Mali] : l’Honorable fils surpuissant de la République

Tech Media News


Pour freiner ses ambitions, ses détracteurs lui rappellent à l'occasion l'incroyable ascension suivie de la chute de Karim Wade, fils de l'ancien président sénégalais, passé des dorures du palais de la République aux grilles d'une cellule de la prison urbaine de Dakar. De quoi créer un effet miroir pour Karim Keïta, le fils aîné du président Ibrahim Boubacar Keïta ? Dans un pays où la tradition orale est encore très ancrée, le récit n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd. Karim Keïta a retenu le récit agité en épouvantail à ses desseins politiques et a choisi l'opposé de la route de son « homonyme » du pays voisin. Là où Wade fils a choisi de gravir les échelons dans l'administration de son père, Keïta fils cultive du haut de ses 36 ans, le mirage de passer par la légitimité populaire en briguant un poste de député dans la commune II de Bamako sous le parrainage du parti de son père. « L'escalier plutôt que l'ascenseur », résument ses pourfendeurs. La montée des marches est allée vite, très vite. Quasi-méconnu au Mali avant l'élection de son père, Karim Keïta a passé la moitié de sa vie dans les capitales occidentales entre la France, la Belgique et le Canada où il s'est formé au commerce international. En 2006, il marque son retour au Mali pour se lancer dans les affaires. Ce jeune bon vivant crée « Rent a Car », sa société de locations de voitures de luxe qui lui permet de se rapprocher de la crème de la société malienne. Parallèlement, il lance aussi l'agence Konijane Strategic Partners (KSP), spécialisée dans le conseil stratégique aux entreprises et qui lui permet d'étoffer son carnet d'adresses. La période de lancement de ses entreprises coïncide avec la campagne pour la présidentielle de 2007 dans laquelle le jeune homme joue le rôle de chargé de com' et met en place des comités de soutien. Mais son père échoue à se faire élire. Ce n'est que 6 ans plus tard qu'IBK est porté sur le fauteuil du Palais de Koulouba. Longtemps dans l'ombre, Karim Keïta est projeté aux devant des projecteurs en devenant le conseiller de son père, l'un des plus influents, pestent ses opposants. Puis bravant le veto paternel et défiant les ténors de son parti qui ruminent pour lui une rancune de chameau, Karim se présente à la députation dans la commune II de Bamako. Courtisé devant son père, craint dans l'ombre, détesté en secret, Karim devient l'Honorable député de la très stratégique circonscription. Les portes de l'Assemblée ouvertes, il réussit à s'emparer du poste stratégique de président de la « commission de la Défense et de la sécurité » en évinçant l'influent général Niamé Keïta, ancien inspecteur général de police. De son nouveau poste d'observation, « Kathio » comme on le surnomme garde un œil sur les affaires militaires d'un Mali qui restructure son armée et renforce sa sécurité. Sacrilège ultime pointent certains, parachutage en règle, s'étouffent les autres. Devenu chouchou des médias où il n'a pas toujours eu bonne presse, Karim Keïta s'acheminerait donc vers une place au Palais de Koulouba, crachant même sur un poste de ministre qui pourrait faire craindre le syndrome Wade fils. Mais dans les couloirs des salons du pouvoir, il s'est fait beaucoup d'ennemis déclarés ou pas qui risquent de surgir en embuscade. Mais de quoi pourrait avoir peur l'Honorable fils le plus puissant du Mali ? Après tout son père est président de la République et son beau-père est le président de l'Assemblée nationale, le deuxième homme fort du pays. Sûr de son fait, ce Karim n'entend pas du tout connaître la même fortune que Wade fils !

Mohamed Alpha Condé [Guinée] : le fils unique et l’ombre de son père

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En atterrissant au Palais Sékoutoureya de Conakry après un quart de siècle d'opposition, Alpha Condé a ramené dans ses valises son seul et unique fils : Mohamed. Le jeune homme aujourd'hui âgé de 46 ans se retrouve alors au cœur de l'appareil d'Etat avec son rôle officiel de conseiller spécial du président de la République. Un titre qui sonne vide mais qui est pourtant un véritable catapultage au cœur des grandes décisions du pays. Un catapultage qui n'occulte le fait que Condé fils est bardé de diplômes. Après des études en France, il choisit les Etats-Unis où il se perfectionne avec un MBA en études commerciales dans la Thunderbird School of Global Management en Arizona. Il fera aussi l'application de ses connaissances sur le terrain en travaillant pour plusieurs multinationales occidentales au Royaume-Uni, au Brésil et aux Etats-Unis. Une expérience qui lui permet de gonfler son carnet d'adresses avant de l'ouvrir à son père pour son élection. Décrit comme discret voire invisible, ce conseiller du président est également chargé de mission pour des dossiers sensibles notamment dans les affaires minières. Une responsabilité qui lui a valu une volée de bois vert et des accusations d'infractions financières notamment abus de biens sociaux et détournements de fonds publics pour lesquels il a été visé par une procédure judiciaire en France. Le fils du président guinéen aurait bénéficié de prestations haut de gamme (voitures et logements de luxe, pots de vin...) offertes par des entreprises françaises en échange de faveur dans le secteur minier. Durant l'exil de son père, Mohamed Alpha Condé a appris la lutte politique. C'est désormais à la gestion aux affaires que le Professeur initie son fils en le traînant dans toutes les visites d'Etat. Certaines indiscrétions indiquent même que l'enfant unique est devenu l'ombre qui surgit presque toujours derrière son père et qu'il a son mot à dire dans toutes les affaires du pays, des choix de l'équipe gouvernementale aux contrats des appels d'offres de l'Etat. Des mauvaises langues présentent cela comme une façon pour Alpha Condé de présenter son fils aux grands de ce monde dans le but de recueillir les soutiens nécessaires à un objectif plus sibyllin. Suffisant pour certains qui voient dans ce passage de témoin familial, un projet de dévolution monarchique du pouvoir du vieux lion de Conakry (78 ans) à son fils unique !

Un Dos Santos peut en cacher un (ou une) autre [Angola], le « Dallas » à l’angolaise

Tech Media News

Au sein du clan Dos Santos qui compte pas moins de neuf enfants, Isabel Dos Santos est la figure la plus connue. Mais la princesse Crésus de son père, première femme milliardaire d'Afrique a clairement indiqué qu'elle n'est pas intéressée par les affaires politiques et aurait même bravé la longue insistance de son père pour son entrée en politique. A 43 ans, Isabel qui est de mère azerbaïdjanaise, est aujourd'hui acculée pour s'être portée à la tête de la Sonangol, la société pétrolière nationale malgré sa fortune personnelle estimée à 3,5 milliards de dollars. La princesse n'a pas dit son dernier mot et assure qu'elle ne quittera pas l'Angola même après le départ de son père. Résolue à observer le jeu politique qu'elle veut influencer de façon subtile, elle garde un œil sur le trône à Luanda.Dans son ombre un de ses demi-frères et une de ses demi-sœurs se préparent à la succession de leur père, José Edouardo Dos Santos. Après 37 ans de règne à la tête de la pétro-république d'Afrique centrale, ce dernier, second plus ancien président encore au pouvoir, a annoncé sa retraite politique pour l'été 2017. Logiquement, João Lourenço, le ministre de la Défense, devenu depuis le dernier congrès, vice-président du parti devrait lui succéder à la tête du Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA). Si ce dernier remporte les élections législatives d'août 2017, il deviendra le deuxième président de l'histoire angolaise. Mais les ambitions du 2ème homme fort du pays pourrait entrer en collision avec l'appétence de deux membres de la dynastie Dos Santos qui lorgnent le fauteuil que leur père va laisser vacant. Il y a d'abord, José Filomeno de Sousa dos Santos. Issu du second mariage du président angolais et surnommé Zenu, le jeune homme aujourd'hui âgé de 39 ans a grandi dans l'ombre de sa mère, diplomate en Suède, puis en Suisse avant de rentrer en 2001. Banquier d'assurances bien formé, Zenu se place sous l'aile de son président de père pour prendre le cric paternel afin de monter dans les échelons supérieurs. En 2013, il entre dans le conseil d'administration de la banque d'investissements Kwanza en tant que conseiller. Ce n'était qu'un tremplin puisque le jeune homme est propulsé à la tête du Fonds souverain d'Angola (FSDA), doté d'une force de frappe financière de 5 milliards de dollars avec un portefeuille pour le pétrole, les mines, l'immobilier, l'agriculture et le tourisme. José Filomeno a également fait son entrée au comité central du MPLA. Au moindre couac de Lourenço, ce père de 3 filles pourrait lui ravir la vedette... Ensuite, Welwitschia Dos Santos, sa demi-sœur issue d'une autre union a aussi semé ses jalons pour s'orienter vers le palais président. Surnommée « Tchizé », la jeune femme de 40 ans est à la tête d'un empire médiatique qui s'étend de la deuxième chaîne de télévision publique à la gestion des revues people Caras et Revista Tropical en passant par Semba Comunicaçao, un éditeur de publicité. Avec sa société West Side Investments, cette femme d'affaires formée aux Etats-Unis détient des participations dans l'industrie du diamant et dans l'automobile. Elle est également membre du comité central du MPLA, dans la section « jeunes ». Elle se verrait bien comme la première femme présidente d'Angola. De là à imaginer une querelle familiale pour le pouvoir digne de la série américaine Dallas, il n'y a qu'un pas.

Zakaria Deby [Tchad]: Le dauphin civil qui cache le Prince militaire

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En mai 2015, un énième malaise d'Idriss Deby, usé par un pouvoir de plus d'un quart de siècle, a fait craindre l'émiettement d'un Tchad pris en sandwich entre Aqmi désormais affilié à l'Etat islamique au nord et Boko Haram plus à l'ouest. Depuis ce malaise, de persistantes rumeurs donnent Idriss Deby malade avec de fréquentes navettes médicales entre N'Djamena et Paris. Une question revient sans cesse au sujet de la succession de l'homme fort de N'Djamena : qui pourrait donc remplacer Idriss Deby et maintenir ce verrou anti-terroriste au cœur de l'Afrique centrale ?  Les candidats se pressent en tout cas au portillon du Palais Rose à N'Djamena. Depuis la mort en 2007 à Courbevoie dans des circonstances troubles de Brahim, son trublion fils préféré issu de son premier mariage et surnommé « petit président », Idriss Deby pense sérieusement à organiser sa postérité. Ce terrible événement a fait monter Zakaria Idriss dans l'estime paternel. Formé à Tunis en relations internationales après des études au Collège Sacré-Cœur de N'Djamena, Zakaria Idriss est promu en 2012 au poste de directeur Adjoint du Cabinet civil à la Présidence. Auparavant en 2010, ce jeune homme à la trentaine entamée, avait été porté à la tête de la Touma Air Tchad, compagnie aérienne nationale qui coula deux ans après l'arrivée de Deby fils. Suffisant en tout cas pour certains qui y voient la preuve de l'incompétence de Zakaria à succéder à son père. Décrit comme très discret, le jeune garçon parle peu et écoute beaucoup. Moins encombrant que « petit président » qui faisait trembler les ministres, Zakaria Deby cultive ses réseaux à l'ombre de son père qui le traîne presque toujours dans ses bagages comme conseiller. Zakaria n'en reste pas moins sournois puisqu'il use de politique comme levier pour ses ambitions : il est le parrain du Mouvement Patriotique du Salut (au pouvoir). Deby fils joue aussi la carte communautaire en courtisant les Zaghawa, la tribu de sa mère qui cultive déjà ses alliances dans la perspective d'une lutte de succession si le paternel venait à trépasser. Mais l'appétence de Zakaria pour le pouvoir pourrait trouver un frein face à un rival de taille. Prêt à usurper sa place, son frère Mahamat Deby, est le dauphin masqué dans cette lutte de pouvoir. A 34 ans, ce général de gallon surnommé « Kaka » (grand-mère) pour avoir été élevé par la mère d'Idriss Deby, aurait la préférence du clan par droit d'aînesse. Formé au Groupement des écoles militaires interarmées du Tchad, Mahamat devient en 2013, commandant en second des Forces armées tchadiennes en intervention au Mali (Fatim). Une nomination de façade. Dans les faits, c'est lui qui dirige les forces tchadiennes dans la lutte antiterroriste au Mali. C'est en réalité, pour se tailler un costume de guerrier au combat, puisque Kaka prendra plus tard les rênes de la Direction générale de service de sécurité des institutions de l'État (DGSSIE), la garde prétorienne chargée de la sécurité des hautes personnalités étatiques, mais aussi de la surveillance de la fidélité au père. De son fauteuil de Première dame, l'ambitieuse Hinda Deby, l'épouse du chef de l'Etat observe tactiquement tous les mouvements des « frères-princes » et leurs ramifications. Se prépare-t-elle à succéder à son mari ou à peser sur l'issue de cette lutte ? il faudrait peut-être poser la question à Daoussa Deby, le frère d'Idriss Deby, magnat tout puissant dans le carburant et le BTP, qui n'a peut-être pas enterré toutes ses ambitions.