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mardi 24 juillet 2018

Une ancienne ministre nigériane rejoint le conseil d'administration de Twitter

Tech Media News
L’ancienne ministre des Finances du Nigéria, Dr Ngozi Okonjo-Iweala, a été nommée jeudi au conseil d’administration de Twitter Inc., le géant des médias sociaux.
Diplômée en économie de l’Université d’Harvard et de la Massachusetts Institute of Technology (MIT), la Nigériane rejoint le board de la société au même moment que l’américain Robert Zoellick, ancien président de la Banque mondiale (2007-2012).
Selon Jack Dorsey, co-fondateur et PDG de Twitter, les deux nouveaux administrateurs "sont des leaders distingués avec une perspective mondiale et une expertise politique sans égales. Nous sommes confiants qu’ils seront des atouts incroyables pour Twitter alors que nous continuons à nous concentrer sur la transparence et à faire de Twitter un endroit plus sûr pour tous".
Première femme ministre des finances et ministre de l’économie du Nigeria sous la présidence d’Olusegun Obasanjo (2003 à 2006) et de Goodluck Jonathan (2011-2015), Ngozi Okonjo-Iweala a intégré la Banque mondiale en 1982 et en a été la Secrétaire du CA, avant de devenir Directrice générale pendant la présidence de  Robert Zoellick.
Le président exécutif de Twitter, Omid Kordestani, a indiqué qu’elle sera un atout incroyable pour l’entreprise, car "elle vise la transparence dans ses opérations mondiales".
Avec cette nomination, Twitter compte désormais 3 femmes, dont 2 noires avec Debra Lee, DG de BET Networks.

vendredi 20 avril 2018

Congo-Brazzaville, le FMI conditionne son soutien

Tech Media News
Si la mission du FMI a conclu un accord avec le gouvernement congolais sur le contour d'un programme de réformes, le soutien de l’institution de Bretton Woods est conditionné à des réformes audacieuses et immédiates dans le domaine de la gouvernance.
Selon le Fonds monétaire international (FMI), "la mission a conclu un accord avec les autorités de la République du Congo sur le contour des politiques qui pourraient être soutenues par un arrangement financier". Cette proposition de programme vise à promouvoir l’activité économique "en rétablissant la viabilité budgétaire et en améliorant la gouvernance".
D’après le gouvernement du Congo-Brazzaville, ce programme s’articulerait autour de cinq piliers : l’ajustement budgétaire, soutenu par une restructuration de la dette publique ; la sauvegarde de la stabilité du secteur financier ; le renforcement de la gouvernance ; l’amélioration des capacités statistiques et enfin des réformes structurelles telles que le renforcement du climat des affaires, la diversification économique, l’intégration régionale…
L’initiative est soutenue par d’autres bailleurs multilatéraux, tels que la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), et bilatéraux. La France a ainsi promis 135 millions d’euros, une aide conditionnée à la conclusion du programme avec le FMI.

Situation de crise économique

Pour expliquer la situation de crise actuelle, si les autorités congolaises mettent en cause "la chute drastique des cours du pétrole", l’institution financière internationale insiste aussi sur "des défis importants liés à la gouvernance".
"Les faiblesses dans la gouvernance et la lutte contre corruption ont exacerbé les lacunes dans la mise en œuvre des lois et règlements et les vulnérabilités économiques", explique le FMI.
Le Fonds a réévalué en août 2017 la dette publique du Congo à 110 % du PIB, soit plus de 9,1 milliards de dollars – contre 77 % précédemment. Selon Fitch, l’endettement public pourrait être encore plus élevé, l’estimation du FMI n’incluant ni les arriérés de paiement ni la dette litigieuse. "Fin décembre 2017, la dette a atteint 127% du PIB", précise Lucie Villa, qui suit le pays pour l’agence de notation Moody’s.

Restructurer la dette publique

Les autorités congolaises précisent par ailleurs que "les négociations avec les créanciers ont d’ores et déjà été initiées, conformément aux recommandations du FMI, dans le but de restructure la dette du pays".
La Primature congolaise explique en effet dans un communiqué que la restructuration de la dette se fera en excluant les créanciers multilatéraux et prendra en compte "les efforts consentis par le passé par les créanciers ayant participé à l’initiative PPTE". Enfin, "aucun nouvel effort se sera donc demandé aux porteurs de l’Eurobonds à échéance 2029, ainsi que l’emprunt obligataire sous-régional à échéance 2021".
"Dans le traitement de la dette intérieure, les autorités seront particulièrement attentives à la sauvegarde des régimes sociaux, la protection des acteurs économiques locaux et la sécurisation du système bancaire".

Améliorer la gouvernance

Interrogée, lors d’une conférence de presse, sur la situation du Congo-Brazzaville, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde a précisé que "c’est à l’issue du conseil d’administration que l’on saura exactement quels sont les financements et quelles sont les conditions associées à ce programme".
Nous avons des exigences en matière de gouvernance qui devront être mise en place très vite après l’approbation du conseil d’administration et qui nous paraissent de nature à garantir une bonne utilisation des financements publics et la bonne réalisation des objectifs du programme, a-t-elle ajouté.
"Les autorités devront entreprendre des réformes audacieuses et immédiates dans le domaine de la gouvernance pour traduire en action la rupture avec les politiques et pratiques du passé proclamée par le gouvernement", précise le communiqué du FMI, en indiquant que "une participation forte de la société civile sera cruciale pour le succès des réformes de gouvernance".

vendredi 26 janvier 2018

Le siège de l’UA à Addis-Abeba espionné par la Chine

Tech Media News
Le soft power chinois en Afrique et les bonnes relations entre Pékin et la majorité des Etats africains n’a pas empêché le gouvernement chinois d’offrir un cadeau empoisonné aux pays africains. En effet, une enquête de notre notre confrère "Le Monde Afrique" révèle que le siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, qui a été "offert gracieusement" par Pékin et inauguré en 2012, était truffé de micros et ses serveurs trafiqués. Une faille majeure de la sécurité qui a duré de janvier 2012 à janvier 2017.

Le caractère confidentiel des échanges entre les différents chefs d'Etats africains et leurs délégations respectives qui se tiennent au siège éthiopien de l'Union africaine pourrait se révéler entièrement compromis. Offerte par la Chine en 2012, la tour de verre et ses dépendances qui doit abriter les 28 et 29 janvier prochains, le trentième sommet de l'organisation panafricaine, serait un gigantesque cheval de Troie que les agents des services de renseignements chinois ont truffé de micros lors de sa construction.

Cheval de Troie

En plus de la construction des bâtiments, Pékin avait "gracieusement" offert le système informatique à l'UA. Selon une enquête de notre confrère Le Monde Afrique, c'est justement en janvier 2017 que les informaticiens de l'organisation ont constatés une "étrange" saturation des serveurs de l'UA entre minuit et 2h du matin. Une anomalie qui après investigation s'est avérée être due à des transferts massifs de données internes de l'UA vers des serveurs hébergés dans les environs de Shanghai, la mégapole chinoise.
Cette découverte a permis d'identifier des backdoors laissés volontairement par les ingénieurs chinois en 2012 et qui offraient un accès discret et privilégiés à l'intégralité des échanges et productions internes de l'organisation. Cette gigantesque fuite de données aurait duré depuis 2012 jusqu'à la découverte du pot aux roses en janvier 2017. Les services de l'UA ont opté pour la discrétion dans cette affaire, se limitant à remercier les ingénieurs chinois qui étaient toujours détachés au siège, à acquérir leurs propres serveurs et décliner l'offre de Pékin de reconfigurer les serveurs compromis.

Bureaux et murs truffés de micros

Les télécommunications transitant par le siège de l'UA seraient désormais cryptées et ne passerait même plus par l'opérateur public éthiopien. Le dernier sommet qui s'est tenu en juillet dernier a également vu la découverte par des équipes algériennes et éthiopiennes de micros placés sous bureaux et dans les murs. Avec un budget de 10 millions de dollars allouée à l'informatique, la cybersécurité de l'Union Africaine est une passoire qui ne compte que sur le soutien financier de la Banque mondiale.
Les opérations d'espionnage qui ciblent l'UA ne se limitent pas à la Chine, pour rappel les documents d'Edward Snowden prouvent que le GCHQ (service de cyber espionnage britannique) ont intercepté des courriers et appels de responsables panafricains entre 2009 et 2010, là où les services français privilégient le renseignement humain au sein de l'UA, allant jusqu'à tenter le recrutement de personnalités à la tête de la Commission.
Face à ses révélations, la réforme attendue de l'organisation confiée au président rwandais devrait tenir compte de cette faiblesse des contre-mesure de sécurité électronique, reste à savoir quelles sont les moyens qui seront mis en oeuvre pour remédier à cette situation. Pour l'heure, seule une nouvelle architecture informatique "indépendante" de l'installation chinoise fonctionnant par câbles a été déployée.

mercredi 13 décembre 2017

Ces pays pétroliers africains qui vont pâtir de la décision de la Banque mondiale

Tech Media News
Coup de semonce dans le monde des énergies fossiles. Depuis Paris où se tient le One Planet Summit, la Banque mondiale (BM) a annoncé qu’à partir de 2019, elle ne financera plus l’exploration et l’exploitation de projets d’hydrocarbures pour se conformer à l’accord de Paris paraphé lors de la COP21. Une décision qui pourrait impacter beaucoup de pays africains.

1,6 milliard de dollars ! C'est l'enveloppe de la Banque mondiale consacrée à l'industrie du pétrole et du gaz en 2016. Mais ce chèque qui représente moins de 5 % de la totalité des financements accordés dans ce domaine en 2016, pourrait fondre comme neige au soleil.

Sueurs froides chez les producteurs et futurs émirats pétroliers d'Afrique

En marge du One Planet Summit, co-organisé par le Groupe de la Banque mondiale, l'ONU et la France, l'institution présidée par Jim Yong Kim fixe à 2019, la fin de ses financements accordés à l'exploration et à l'exploitation du gaz et du pétrole.
Une décision justifiée par la volonté de la Banque mondiale de s'aligner sur les objectifs de l'Accord de Paris, signé lors de la COP21 et par lequel, la plupart des pays, exception faite des Etats-Unis de Donald Trump qui s'en sont retirés, s'engagent à lutter contre le réchauffement climatique. L'institution de Bretton Woods, basé à Washington, devient ainsi, la première organisation internationale à prendre une telle mesure.
Cette dernière risque pourtant d'impacter plusieurs pays notamment africains qui voyaient un avenir économique prometteur écrit à l'encre de l'or noir. La désillusion sera grande pour les producteurs de pétrole africains notamment des pays du Golfe de Guinée comme le Nigéria, l'Angola, le Gabon, le Congo, la Guinée Equatoriale ou encore le Ghana, d'Afrique du nord dont l'Algérie, l'Egypte, la Libye dont les économies, durablement impactées par la chute des cours, ont dû s'atteler à la diversification de leurs économies, non sans s'attendre à une reprise pour doper leur croissance moribonde.
En revanche, dans un autre camp, l'annonce de la Banque mondiale a dû provoquer des sueurs froides. Il s'agit des pays qui se découvrent des richesses en or noir dans leur sous-sol ou en offshore et se rêvaient déjà en émirats pétroliers en terre africaine. Dans le lot, le Ghana, le Niger, le Tchad, la Mauritanie, le Sénégal et même la Tunisie où les potentialités en cours d'exploitation ou de recensement, présageaient des leviers pour booster l'économie.

Une obligation de voir un avenir diversifié et en vert pour l'Afrique

Dans une moindre mesure, la "fin du pétrole" dont l'acte de l'arrêt du financement a été prématurément rédigé par la Banque mondiale devrait impacter les Etats-Unis, la Chine et l'Union Européenne, principaux consommateurs du pétrole africain qui constituent une source d'approvisionnement complémentaires à leurs besoins en or noir.
L' espoir est cependant permis. Dans l'annonce de sa décision tonitruante, la BM a laissé une exception qui fait figure de brèche pour les Africains qui souhaitent profiter de financement pour développer leur industrie du pétrole. Certaines "circonstances exceptionnelles" peuvent permettre aux "pays les plus pauvres où il y a un déficit clair en terme d'accès à l'énergie" de bénéficier de prêts de la BM pour l'exploration et  l'exploitation des hydrocarbures. La seule condition dans cette exception pour ces pays est que ces financements ne soient pas contraires à leurs engagements dans l'accord de Paris qu'ils ont signé en 2015, ce qui réduit considérablement la liste des pays qui peuvent en bénéficier.