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mardi 12 février 2019

La directrice du FMI, prévient d’un risque grave de tempête mondiale mais personne ne semble l’entendre


Tech Media News
Christine Lagarde a une fois de plus mis en garde le monde occidental des risques de tempête économique et financière qui s’amoncellent sur la planète. Sous-entendu : "il va être urgent de réagir !".
Lancer de telles alertes d’un air grave et dans un anglais parfait doit constituer l’essentiel de son job.
Christine Lagarde intervenait hier devant le World Gouvernements Summit, c’est un sommet annuel sur la gouvernance mondiale où se réunissent à Dubaï des décideurs politiques et économiques du monde entier.
En gros, étaient là une bonne partie de ceux qui participent au World Economic Forum de Davos en Suisse. C’était fin janvier et Christine Lagarde était déjà intervenue pour prévenir des risques que courrait l’économie mondiale, en mettant l‘accent sur les disfonctionnements structurels liés au creusement des inégalités et du protectionnisme.
Dans quelques jours, la directrice du FMI sera à Washington, siège de l’organisation pour y signer une pile de parafeurs, et repartira sans doute en Asie ou ailleurs pour faire part de ses inquiétudes à d’autres. C’est son job, et de l’avis de tous ceux qui fréquentent l’institution internationale, elle le fait plutôt bien. Cela dit, on ne peut pas s’empêcher de s’interroger sur l’utilité de cette institution que Christine Lagarde incarne sans doute beaucoup mieux que son prédécesseur. Du moins, elle soulève moins de commendataires sarcastiques.
Ne soyons pas trop sévère, ces mises en garde ne sont pas inutiles. Compte tenu de l'armada d’économistes qui analysent la situation mondiale et son évolution, les diagnostics que Christine Lagarde porte sont plutôt crédibles. Et si ces prévisions ne se réalisent pas toujours, c’est que son travail a été écouté par les gouvernements ou les marchés. Ce qui sort du FMI a donc indéniablement un rôle dissuasif ou correctif.
Pour la deuxième fois en très peu de temps, Christine Lagarde est revenue sur les sujets qui fâchent et qui sont de nature à déséquilibrer la situation économique mondiale. Elle retient quatre séries de facteurs inquiétants et pour ceux qui savent décrypter la langue du FMI, cet éclairage n’arrive pas par hasard.
Le premier sujet d’inquiétude est alimenté par les tensions commerciales notamment entre la Chine et les Etats-Unis. Cette mise en garde est publiée à la veille de la rencontre entre les dirigeants américains et chinois pour essayer de prolonger ou d’alléger le dispositif de limitation ou de rééquilibrage des échanges commerciaux. La mise en garde s’adresse aussi bien aux dirigeants chinois qu’aux dirigeants américains, même si le FMI ne peut pas s’opposer au projet US de résorber une partie de son déficit commercial avec les pays émergents. Ce qui perturbe le FMI, c’est que la tentation protectionniste des grands pays occidentaux pour s’affranchir de la dépendance dans laquelle ils se retrouvent avec les émergents va à l'encontre des projets et des objectifs du FMI, qui a toujours été de favoriser le commerce mondial. Pour le FMI, le commerce mondial est non seulement un facteur de progrès mais aussi un facteur de paix. Or, pour le FMI, les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis ont déjà commencé à affecter l‘économie mondiale.
Le deuxième sujet d’inquiétude tient au ralentissement de la croissance chinoise. C’est ce ralentissement qui tire à la baisse le prix du pétrole et des matières premières. C’est ce ralentissement qui freine l'ensemble de l’économie mondiale. Or le monde a besoin d’une croissance forte pour diffuser le progrès à des populations qui se retrouvent à l’écart du développement. Le monde développé a besoin lui aussi de la croissance des émergents pour tirer sa propre croissance.
Le troisième sujet sur lequel Christine Lagarde veut interpeller les gouvernances occidentales porte sur le resserrement des taux d‘emprunt qui intervient au moment où les gouvernements, les entreprises et les ménages ont accumulé des dettes extrêmement lourdes.
Enfin, Christine Lagarde est venue prévenir, là encore une fois de plus, des incertitudes liées au Brexit. Elle ne juge pas cette décision politique, elle souligne le manque de préparation pour assurer la transition et rappelle ce qu’est le dogme du FMI, favoriser le commerce mondial.
Les remarques de la directrice générale du FMI sont intéressantes mais, outre l’aspect pédagogique qui n’est pas fondamentalement nouveau, elle nous oblige à nous interroger sur le rôle du FMI. Sans aucun autre pouvoir que celui du verbe, de telles remontrances ont un impact assez réduit.
Le FMI a été créé en 1945. C’est une institution internationale qui regroupe 189 pays, et dont le but est de "promouvoir la coopération monétaire internationale, garantir la stabilité financière, faciliter les échanges internationaux, contribuer à un niveau élevé d’emploi, à la stabilité économique et faire reculer la pauvreté".
Concrètement, le FMI a donc pour fonction d'assurer la stabilité monétaire et financière et de gérer les crises provoquées par un déficit devenu insupportable. Quand un pays fait défaut, le FMI lui fournit des crédits pour financer une situation qui met en péril l'organisation gouvernementale du pays, la stabilité de son système financier (banques, marchés financiers) ou les flux d'échanges avec le reste du monde. Le FMI prête de l’argent le temps que la confiance revienne. Alors il met des conditions de réformes structurelles propres à redresser la situation. Après 1976 et la disparition d’un système de change fixe, le FMI a perdu l'essentiel de sa raison d'être et se consacrera aux problèmes d'endettement des pays en développement.
Sauf que la mondialisation à la fin du siècle dernier a ouvert ces pays aux fonds d’investissements internationaux. Par ailleurs, le FMI a vu ses ressources baisser.
Depuis, le FMI  exerce un rôle de superviseur de la politique économique des pays qui sont membres de l’OMC, mais comme le FMI a peu de moyens coercitifs, son influence a beaucoup baissé.
Actuellement, le FMI n’a aucun pouvoir pour s’immiscer dans la politique américaine qui diffuse la musique protectionniste dans le monde. Le FMI doit d’ailleurs être très prudent dans ses analyses et sa communication publique parce que les Etats–Unis sont les premiers contributeurs financiers au FMI et le moins que l’on puisse dire, c’est que 
Donald Trump n’aurait aucun mal à couper les vivres de l’institution.
A priori, Christine Lagarde n’a pas reçu de tweets menaçants ou ironiques du président des Etats-Unis, c’est quand même la preuve de sa très grande habileté.

vendredi 20 avril 2018

Congo-Brazzaville, le FMI conditionne son soutien

Tech Media News
Si la mission du FMI a conclu un accord avec le gouvernement congolais sur le contour d'un programme de réformes, le soutien de l’institution de Bretton Woods est conditionné à des réformes audacieuses et immédiates dans le domaine de la gouvernance.
Selon le Fonds monétaire international (FMI), "la mission a conclu un accord avec les autorités de la République du Congo sur le contour des politiques qui pourraient être soutenues par un arrangement financier". Cette proposition de programme vise à promouvoir l’activité économique "en rétablissant la viabilité budgétaire et en améliorant la gouvernance".
D’après le gouvernement du Congo-Brazzaville, ce programme s’articulerait autour de cinq piliers : l’ajustement budgétaire, soutenu par une restructuration de la dette publique ; la sauvegarde de la stabilité du secteur financier ; le renforcement de la gouvernance ; l’amélioration des capacités statistiques et enfin des réformes structurelles telles que le renforcement du climat des affaires, la diversification économique, l’intégration régionale…
L’initiative est soutenue par d’autres bailleurs multilatéraux, tels que la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), et bilatéraux. La France a ainsi promis 135 millions d’euros, une aide conditionnée à la conclusion du programme avec le FMI.

Situation de crise économique

Pour expliquer la situation de crise actuelle, si les autorités congolaises mettent en cause "la chute drastique des cours du pétrole", l’institution financière internationale insiste aussi sur "des défis importants liés à la gouvernance".
"Les faiblesses dans la gouvernance et la lutte contre corruption ont exacerbé les lacunes dans la mise en œuvre des lois et règlements et les vulnérabilités économiques", explique le FMI.
Le Fonds a réévalué en août 2017 la dette publique du Congo à 110 % du PIB, soit plus de 9,1 milliards de dollars – contre 77 % précédemment. Selon Fitch, l’endettement public pourrait être encore plus élevé, l’estimation du FMI n’incluant ni les arriérés de paiement ni la dette litigieuse. "Fin décembre 2017, la dette a atteint 127% du PIB", précise Lucie Villa, qui suit le pays pour l’agence de notation Moody’s.

Restructurer la dette publique

Les autorités congolaises précisent par ailleurs que "les négociations avec les créanciers ont d’ores et déjà été initiées, conformément aux recommandations du FMI, dans le but de restructure la dette du pays".
La Primature congolaise explique en effet dans un communiqué que la restructuration de la dette se fera en excluant les créanciers multilatéraux et prendra en compte "les efforts consentis par le passé par les créanciers ayant participé à l’initiative PPTE". Enfin, "aucun nouvel effort se sera donc demandé aux porteurs de l’Eurobonds à échéance 2029, ainsi que l’emprunt obligataire sous-régional à échéance 2021".
"Dans le traitement de la dette intérieure, les autorités seront particulièrement attentives à la sauvegarde des régimes sociaux, la protection des acteurs économiques locaux et la sécurisation du système bancaire".

Améliorer la gouvernance

Interrogée, lors d’une conférence de presse, sur la situation du Congo-Brazzaville, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde a précisé que "c’est à l’issue du conseil d’administration que l’on saura exactement quels sont les financements et quelles sont les conditions associées à ce programme".
Nous avons des exigences en matière de gouvernance qui devront être mise en place très vite après l’approbation du conseil d’administration et qui nous paraissent de nature à garantir une bonne utilisation des financements publics et la bonne réalisation des objectifs du programme, a-t-elle ajouté.
"Les autorités devront entreprendre des réformes audacieuses et immédiates dans le domaine de la gouvernance pour traduire en action la rupture avec les politiques et pratiques du passé proclamée par le gouvernement", précise le communiqué du FMI, en indiquant que "une participation forte de la société civile sera cruciale pour le succès des réformes de gouvernance".

mardi 26 décembre 2017

Le Congo en sursis après la mission du FMI

Tech Media News
La mission du FMI a fini ses discussions avec les autorités congolaises sur l’appui au programme économique et financier que sollicite le pays confronté à une conjoncture des plus difficiles. Alors que sa décision était très attendue, le fonds a annoncé poursuivre les discussions et surtout la mise en œuvre immédiate de certaines mesures structurelles pour envisager un accord financier au bénéficie du pays. Un cours instant de répit pour le Congo pour qui certains analystes présageaient le pire des scénario en raison notamment de l’ampleur de la difficile conjoncture que le pays traverse.

C'est plus qu'un cours instant de répit mais un véritable sursis que vient de donner le FMI aux autorités congolaises. Ces dernières peuvent en effet pousser un véritable ouf de soulagement à l'issue de la mission envoyée à Brazzaville, du 5 au 20 décembre,  pour discuter sur le programme économique et financier du pays avec en ligne de mire, une éventuelle assistance financière de l'institution de Bretton Woods. Sans pour autant donner son feu vert, l'équipe du FMI n'a pas aussi fermé la porte des négociations. Au contraire, Abdoul Aziz Wane, le chef de la mission du FMI a même tenu à saluer certains progrès réalisés par le pays et que les négociations vont se poursuivre entre les deux parties.
"Les autorités et la mission ont fait des progrès dans la formulation de politiques macroéconomiques et structurelles à moyen terme qui pourraient être soutenues par le FMI. La mission accueille favorablement le projet de budget pour l'exercice 2018, qui contribuera à rétablir la viabilité budgétaire et la stabilité extérieure régionale, tout en augmentant le soutien aux groupes vulnérables, dont les femmes. La mission a également pris note des mesures envisagées par les autorités pour restaurer la viabilité de la dette à moyen terme. Elle a encouragé les autorités à finaliser le recrutement de conseillers juridiques et financiers à cet effet".

Examen de passage

Le FMI laisse donc la porte entre-ouverte car comme le diable se cache dans les détails, la poursuite des discussions avec le FMI et l'espoir d'un probable accord qu'il fait miroiter aux autorités ne reposent que sur la base de l'engagement du gouvernement à mettre en œuvre des réformes structurelles pour assainir sa situation économique. En somme le Congo va devoir passer un examen de passage et c'est à l'issue de cette mise à l'épreuve qui sera jaugée par les mesures concrètes mises en œuvre, que le fonds se prononcera définitivement. En la matière, la liste des réformes urgentes et prioritaires relèvent et presque du parcours du combattant pour le pays qui n'a pourtant pas d'autres alternatives pour sortir de la crise.
 "Les autorités devront faire des réformes fortes et immédiates en matière de gouvernance pour ancrer les attentes d'un changement positif dans la gestion des ressources publiques... Ces réformes devraient inclure la mise en place d'un ensemble d'organes indépendants de lutte contre la corruption, la déclaration d'actifs pour les hauts fonctionnaires, la mise en place et le renforcement de mécanismes de contrôle de certaines structures publiques, notamment les sociétés pétrolières publiques et les grands projets d'investissement".
Les réformes qu'attend le fonds sont donc claires et font d'ailleurs l'affaire de l'opposition et de la société civile qui trouve à travers cette liste la confirmation de l'ampleur de la corruption et de la mauvaise gouvernance qui plombe l'économie du pays. Certes, l'équipe du FMI a salué l'intention du gouvernement d'approuver début 2018 une étude sur la gouvernance qui guidera les futures réformes mais il s'agit-là encore d'un engagement qui reste à être confirmé par les faits.

Sous étroite surveillance

En attendant les réformes attendues par le FMI, le Congo est mis sous étroite surveillance. "L'équipe du FMI continuera à travailler avec les autorités au cours des prochaines semaines dans plusieurs domaines, notamment sur le rétablissement de la viabilité de la dette, le renforcement de la gouvernance et le financement adéquat du programme" ont précisé dans un communiqué, les services du fonds à l'issue de la mission. C'est une fois ce travail achevé, "qu'un arrangement financier visant à soutenir le programme économique du Congo sera discuté au niveau du personnel du FMI avant d'être proposé à l'examen du Conseil d'administration" a annoncé la même source.
Au cours de son séjour, la mission a rencontré le premier ministre Clément Mouamba, le ministre des Finances Calixte Nganongo, ainsi que d'autres hauts fonctionnaires en charge des questions économiques et de la politique financière du pays. Elle a en outre échangé avec les représentants de la communauté diplomatique, du secteur privé, de la société civile et des partenaires du développement. L'occasion de passer en revue l'économie du Congo qui "continue de subir les contrecoups de la baisse des prix du pétrole, d'une dette insoutenable et des faiblesses dans la gouvernance".
Selon le FMI, une récession plus profonde de l'économie non pétrolière en 2017, avec une baisse de 9,2%, "nuit aux segments les plus vulnérables de la population". Certes, l'ajustement budgétaire soutenu entrepris depuis 2015 a permis de réduire certains déséquilibres économiques, "mais ces derniers restent toutefois importants du fait que les marges budgétaires du gouvernement sont presque épuisées". Par ailleurs, les services du Fonds ont noté que "l'accumulation d'arriérés de l'État met en péril l'activité du secteur privé, contribuant aux pénuries de liquidités bancaires et compromettant la provision des services sociaux". De même, "la faiblesse des organismes de lutte contre la corruption et des statistiques limite la mise en œuvre des lois et règlements, et augmentent les vulnérabilités économiques" a poursuivi le communiqué du fonds.
Autant de défis que le pays doit relever pour espérer une assistance financière du FMI en contrepartie d'autres réformes à mettre en œuvre. A bien des égards, le fonds n'entend point s'engager sur un programme et des espèces sonnantes et trébuchantes sans au préalable un assainissement de la situation économique et financière, ce qui constitue le principal challenge du moment pour les autorités. En attendant, le
président congolais 
Denis Sassou Nguesso
peut se targuer de l'avoir échappée belle. Au gouvernement de s'atteler à la tache car sans le soutien du FMI, le pays qui a un temps frôlé la cessation du payement ne pourrait sortir de l'auberge alors que les autres pays de la zone CEMAC sont déjà bien engagés avec le fonds avec déjà quelques résultats positifs pour certains d'entre eux.

mercredi 20 décembre 2017

FMI, la CEMAC loin d’être tirée de son bourbier économique

Tech Media News
Après avoir échappé de peu à une dévaluation de sa monnaie commune, la zone CEMAC semble reprendre du souffle, sans pour autant être entièrement sortie de la zone de danger. Le FMI table ainsi sur une croissance négative de 0,6% pour 2017 et maintient de "faibles" perspectives à court terme pour la région.

La Communauté Economique et Monétaire d'Afrique Centrale (CEMAC) continuerait selon le FMI à subir les contrecoups de la chute des recettes pétrolières de 2014. Le bloc régional devrait ainsi enregistrer une contraction économique de 0,6% en 2017, soit un léger mieux par rapport au -1% enregistré en 2016.

Faibles perspectives à court terme

L'institution de Bretton Woods a également signalé la détérioration de la production pétrolière de la zone à -6%, conjuguée à une faible croissance du PIB non pétrolier qui se situe à près de 1%. Cette situation est justifiée selon les expert du FMI par l'importante réduction des dépenses publiques dans la plupart des pays de la zone, notamment le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad, la RDC ou encore la RCA
L'accumulation d'importants arriérés budgétaires depuis 2014 a aussi mis à mal l'économie de la zone. Les perspectives à court terme de la région CEMAC "restent faibles" selon le FMI.
"La croissance devrait rester négative en 2017, en raison de la réduction des dépenses publiques et de la poursuite de la baisse de la production pétrolière. L'inflation reste faible car l'activité économique est faible", précisent les experts du FMI.

Assainissement budgétaire

L'institution internationale a par ailleurs salué les efforts d'assainissement budgétaires entrepris par les pays de la zone qui ont permis de faire passer le déficit budgétaire hors pétrole de plus de 13% à plus de 8% du PIB. Une amélioration qui ne s'est pas étendue à la dette qui est passé de 28% du PIB en 2014 à plus de 50% en 2016, bien que le déficit de compte courant ait été divisé par deux entre 2016 et 2017, s'établissant à 5% du PIB.
Cette dernière amélioration résulte d'une hausse des exportations de pétroles (malgré la baisse de production) et des produits non pétroliers ou encore de la compression des importations. La couverture des réserves extérieures est également sortie de la zone critique des 2,2 mois enregistrés en 2016, elles se seraient stabilisées puis remontées lors du troisième trimestre 2017, "reflétant une combinaison de décaissements du FMI et de l'ajustement budgétaire des pays membres".

La reprise tributaire du maintien des réformes

Le FMI maintient son inquiétude pour le secteur financier qui continuerait à montrer des signes de faiblesse, en témoigne la baisse des dépôts bancaires, l'augmentation des prêts improductifs et la stagnation des crédits. Malgré l'adoption par le Cameroun, le Tchad et le Gabon de programmes soutenus par le FMI et la poursuite d'une politique d'austérité par la Banque centrale régionale (BEAC), les perspectives à moyen termes de la zone reste "difficiles".  
Le fond "s'attend à une amélioration progressive de la situation économique et financière dans la région, en supposant que les engagements politiques des Etats membres de la CEMAC et des institutions régionales soient pleinement mis en œuvres". Ce qui est conditionné par le FMI a une consolidation budgétaire en continue en d'autre mots, gagner 6% du PIB en solde budgétaire d'ici 2019. S'y ajoute les efforts de diversification économique, l'amélioration du climat des affaires ou encore le renforcement de la gouvernance et de la transparence.

lundi 11 septembre 2017

Pétrole et corruption au Congo, une vidéo accable le négociant Gunvor

Tech Media News
Le négociant suisse Gunvor en flagrant délit de corruption pour obtenir de nouveau la commercialisation du pétrole du Congo : l’ONG Public Eye s’est procuré une vidéo accablante.

C’est une vidéo explosive qu’a visionnée Public Eye. L’ONG suisse retranscrit la conversation, autour d’une boisson gazeuse dans un café, entre le directeur financier du négoce de pétrole chez Gunvor et deux intermédiaires, dont un proche de Denis Christel Sassou-Nguesso, le fils du chef de l’État congolais. "L'argent n’est pas arrivé à bon port, se plaint l’un d’eux, Denis Christel ne touchait presque rien". Le cadre de Gunvor propose alors un schéma plus sûr et plus discret de commissions, dissimulées derrière un projet d’oléoduc au Congo... 
Cette vidéo aux mains de la justice helvétique est accablante pour la société de négoce qui niait jusqu’à présent tout système organisé de corruption depuis 2012, laissant toute la responsabilité de l’affaire reposer sur les épaules d’un de ses employés. Gunvor est pris en flagrant délit deux ans plus tard, alors que la société suisse cherche à remettre la main sur les barils congolais.
Le rapport accable également le pouvoir congolais
Mais le rapport accable également le pouvoir congolais, complice d’un "détournement massif de la rente pétrolière". Entre 2010 et 2012, sans organiser d’appel d’offres, la Société nationale des pétroles congolais a choisi de vendre son brut lourd, le "Djeno blend", à Gunvor, avec une décote totalement inhabituelle, ce qui a permis à la société suisse de réaliser des marges évaluées à 144 millions de dollars sur 22 cargos, jusqu’à 20 % de la production annuelle du Congo. Gunvor a également prélevé des intérêts sur les 750 millions de dollars de préfinancements accordés à l’Etat d’Afrique centrale.
Des fonds qui avaient emporté l’adhésion de Brazzaville au contrat de commercialisation du brut pourtant peu avantageux proposé par Gunvor. Ces fonds devaient être affectés à la réalisation d’infrastructures pétrolières, selon les exigences du FMI. À l’arrivée, des "sommes colossales" ont été "allouées à des travaux publics sans rapport avec le secteur pétrolier", souligne Public Eye. Des "marchés pharaoniques et surfacturés"  attribués à la société brésilienne Asperbras et la société française NTA, sur lesquels Gunvor, jouant le rôle d’apporteur d’affaires, a prélevé des commissions ! La justice portugaise enquête sur ce volet marchés publics de l’affaire Gunvor au Congo.

lundi 7 août 2017

Le FMI confirme que Brazzaville lui a caché une partie de sa dette

Tech Media News

Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé samedi que le Congo-Brazzaville lui avait caché une partie de sa dette publique lors de leurs discussions bilatérales en vue de parvenir à un programme d'aide et de réformes.
« La dette de la République du Congo est en effet plus forte que celle qui était mentionnée dans notre communiqué de presse à la fin du mois de mars 2017 », a indiqué à l’AFP un porte-parole du FMI, Ismaila Dieng, confirmant une information de Radio France Internationale (RFI).
« Cette nouvelle évaluation est basée sur des informations fournies par les autorités congolaises en juin », poursuit le porte-parole, mentionnant une dette publique représentant 117% du PIB contre le ratio de 77% avancé en mars par Brazzaville.
Un mission du FMI doit se rendre dans « les prochaines semaines » à Brazzaville pour poursuivre des discussions sur « un programme économique destiné à restaurer la stabilité macro-économique et ouvrir le chemin à la reprise économique ».
Ces discussions avec le FMI ont été initiées avec les autres pays d’Afrique centrale (Gabon, Guinée-Equatoriale, Cameroun, Tchad, Centrafrique) à l’issue d’un sommet à Yaoundé fin décembre en présence de la directrice générale du FMI Christrine Lagarde.
Une dévaluation du franc CFA avait été écartée moyennant l’intervention du FMI dans ces pays frappés par la crise du pétrole.
Le FMI a ainsi accordé en juin un prêt de 642 millions de dollars au Gabon tout en demandant des « réformes », par exemple « pour accroître la mobilisation de recettes non pétrolières » ou pour « améliorer les marchés publics afin de réduire les contrats de gré à gré ».
« Les perspectives économiques à court terme du Gabon demeurent délicates, la croissance économique globale devant être modeste, aux alentours de 1%, en 2017 », a déclaré mercredi le FMI au terme d’une mission à Libreville.

lundi 31 juillet 2017

La RDC officiellement en défaut de paiement sur une échéance de son Eurobond

Tech Media News

Cela tombe très mal pour Kinshasa! En pleines discussions avec le FMI pour obtenir de nouveaux programmes de financement, la RDC "rate" le paiement d'une échéance de son Eurobond de 363 millions de dollars, qui a été gelé à Washingnton à cause de l'affaire "Commisimpex". Récit d'une affaire qui risque de coûter cher à l'économie congolaise.


Alerte sur les finances publiques de la République Démocratique du Congo ! Le pays de Joseph Kabila encourt un danger de défaut de dette souveraine ce lundi après que le dernier paiement de ses Eurobonds de 363 millions de dollars a été gelé à cause de l'affaire Commisimpex. Cette entreprise basée en RDC réclame une dette d'un milliard de dollars pour des travaux réalisés pour le gouvernement sans recevoir de paiement.
Avec l'approbation du tribunal de New York qui doit trancher sur ce dossier épineux, Commisimpex a envoyé deux avis de restriction à Delaware Trust Company, le fiduciaire de l'Eurobond, à la fin du mois de juin, ce qui a bloqué le paiement aux investisseurs des fonds qui avaient été transférés par les autorités congolaises un jour plus tôt. Souffrant depuis la chute des prix des matières premières qui a provoquée de fortes pertes de recettes, la RDC a refusé de payer Commisimpex et a déclaré en novembre que le chef de la société, Mohsen Hojeij, devait 1,3 milliard d'euros (1,52 milliard de dollars) en taxes impayées.
Delaware Trust cherche à annuler les avis de restriction, arguant que les fonds de coupon avaient été transférés pour le paiement aux détenteurs d'obligations et n'appartiennent plus à la RDC.
Entre temps, le délai de grâce de 30 jours pour le paiement de 21 millions de dollars sur l'Eurobond qui arrive à maturité en 2029 a expiré dimanche 30 juillet. Du côté du tribunal de New York qui tranche dans l'affaire, il est impossible de prévoir une deadline pour le dénouement de cette histoire. Mais là où le bât blesse vraiment, c'est que cela rend les investisseurs peu confiants quant à la capacité de remboursement du pays relativement à de futurs investissements ou dettes.

La perception du risque se dégrade

L'histoire commence déjà à avoir des répercussions sur la perception des risques par les investisseurs. Standard and Poors a abaissé la note du pays à CCC / C en début du mois de juillet, ajoutant que ces perspectives négatives reflétaient la probabilité d'un défaut de paiement des coupons des Eurobonds. Ce qui est probablement craint le plus du côté de Kinshasa, c'est que le FMI, avec qui des discussions autour d'un programme de financement sont sur le point d'aboutir, manifeste une crainte de l'éventualité d'un défaut de paiement.
Tout cela dans un contexte où le pays traverse une des pires crises économiques doublée d'inquiétudes politiques, et où le besoin de s'appuyer sur le soutien des institutions financières internationales et des investisseurs se fait de plus en plus pressant. Cela va donc sans dire, mais un dénouement négatif de cette affaire risque de coûter très cher à la RDC.