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mardi 6 mars 2018

Bras de fer déclaré entre Isabel Dos Santos et son successeur Carlos Saturnino

Tech Media News


Quatre mois après son limogeage à la tête de la Sonangol, Isabel Dos Santos est accusée par son successeur d’avoir mené par sa gestion la compagnie pétrolière nationale d’Angola à la faillite. Outrée par la sortie médiatique surprise du nouveau patron, la femme d’affaires lui a répondu dans une longue et sanglante interview avec un journal portugais. Préparant déjà une plainte au pénal, elle le met au défi de prouver toutes ces allégations ou de rendre son tablier.


Tension à Luanda. Un véritable bras de fer judiciaire s'ouvre entre Isabel Dos Santos et son successeur, à la présidence du conseil d'administration de Sonangol.
Dans une longue interview accordée au journal portugais Negocios et publiée dans l'édition du lundi 5 mars, l'ex-PCA de la compagnie nationale pétrolière d'Angola dénonce des "déclarations et allégations diffamatoires" de la part de son successeur visant à ternir sa réputation et entend porter plainte.

La taillade de Saturnino

Tout commence mercredi 28 février dernier. Le Conseil d'administration de Sonangol tient sa conférence de presse au cours de laquelle Saturnino présente la situation financière de la compagnie et l'état d'avancement de l'audit des comptes lancé en décembre dernier après le changement de présidence.
Pendant de longues minutes, Saturnino revient sur le mandat de Dos Santos qu'il critique farouchement, énumérant plusieurs dysfonctionnements présumés constatés au sein de l'entreprise. Il évoque notamment la "manifestation des travailleurs qui n'avaient pas perçu leurs salaires" le jour de sa prise de fonction, le 16 novembre dernier, le lendemain du départ de la "princesse". Selon le nouveau PCA en outre, la société aurait dépensé 135 millions de dollars en services de conseil entre novembre 2016 et novembre 2017, soit la période pendant laquelle Dos Santos dirigeait la compagnie.
Saturnino va plus loin et dénonce d'importants virements occultes présumément opérés sous la précédente administration par le truchement de Banco BIC, une banque basée à Luanda dont Isabel Dos Santos est membre du conseil d'administration.
"Nous sommes en mesure de prouver que l'ancien directeur financier a ordonné le transfert de 38 millions de dollars vers une société basée à Dubaï", a-t-il déclaré.
Au lendemain de ces "révélations", le parquet de Luanda a ouvert vendredi une enquête sur la gestion de la Sonangol par Isabel Dos Santos.

"Bouc émissaire"

De son côté, la femme la plus riche d'Afrique ne décolère pas. Ce qui la fâche, ce n'est pas l'ouverture d'une enquête sur sa gestion qu'elle considère d'ailleurs comme "normale". En revanche, Dos Santos réfute toutes les allégations de Saturnino à son encontre. Se disant "étonnée" par cette sortie médiatique, elle accuse son successeur de "chercher un bouc émissaire pour cacher le passé obscur" de l'entreprise à l'origine d'une crise qui perdure depuis plusieurs années déjà.
"Maintenant, ce n'est rien de plus qu'une manœuvre de diversion pour tromper les gens sur ce qui a vraiment noyé Sonangol et ce n'est certainement pas ce conseil présidentiel de 18 mois qui a conduit Sonangol à la faillite".
"Comme indiqué par le conseil d'administration actuel, le résultat de ma gestion effectuée jusqu'au 15 novembre 2017 a entraîné une augmentation des bénéfices de Sonangol de 177% et a atteint 224 millions de dollars, et la dette a été réduite de 50%".
La businesswoman conteste également le transfert d'argent de 38 millions dollars au lendemain de son limogeage, soulignant que les factures d'un total de 38,1 millions de dollars figurant dans les comptes de l'entreprise représentent une partie des dépenses en consulting pour toute l'année 2017. Isabel Dos Santos dit n'avoir justement pas fait d'énormes dépenses en consulting pendant son mandat comme l'affirme l'actuel conseil d'administration, citant un extrait d'un rapport de son prédécesseur, Francisco Lemos, signé de mai 2015 : "Le modèle d'exploitation de Sonangol a échoué et est en faillite. Nous avons cessé d'apprendre à savoir faire et appris à embaucher/sous-traiter.
Sur la base de ce postulat selon elle, Sonangol aurait dépensé jusqu'à 254 millions de dollars en consulting en 2014, 115 millions en 2015, alors que la firme est à 79 millions en 2016 et 90,5 millions de dollars en 2017.
De plus, Dos Santos rejette également les allégations de sur-paiement des administrateurs, assurant que ceux-ci n'ont été payés que pour les 18 mois travaillés et ce, "en kwanzas et non en dollars, comme l'a déclaré M. Carlos Saturnino".

Règlement de comptes ?

Les accusations de l'actuel PCA sont nombreuses et la femme d'affaires y répond point par point. Mais au-delà de cette querelle, Saturnino, présenté lors de sa nomination par le président Laurenço comme l'ancien secrétaire d'Etat au Pétrole, est également ancien directeur de Sonangol P&P, la filiale spécialisée dans l'exploration pétrolière. Il est limogé par Isabel Dos Santos en décembre 2016, alors nouvellement arrivée à la tête du groupe. Celle-ci justifie à l'époque : "Sonangol P & P est la société du groupe Sonangol qui, lors de l'évaluation réalisée, a eu les plus grandes faiblesses de gestion et par conséquent des écarts financiers".
Naturellement, la décision met Saturnino hors de lui. "Il n'est ni correct ni éthique d'attribuer la faute à l'équipe qui dirigeait l'entreprise entre la deuxième moitié d'avril 2015 et le 20 décembre 2016"réagissait-il face aux médias.

Preuves ou démission, le défi de Dos Santos à Saturnino

Quoi qu'il en soit, Isabel Dos Santos ne compte pas en rester là. Régulièrement critiquée pour sa nomination à la tête de Sonangol par ses détracteurs criant au népotisme, il semble que la sortie de Saturnino ait été, pour Dos Santos, la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Ses avocats se penchent déjà sur l'étape suivante.
"Je vais déposer une plainte pénale. Je travaille actuellement avec des avocats dans ce sens et je formulerai cette plainte à la lumière des déclarations et des allégations formulées. Ils sont diffamatoires. Sans aucun doute".
En attendant, la femme d'affaires met Saturnino au défi de prouver toutes les allégations tenues à son encontre ou de démissionner.

mercredi 13 décembre 2017

Ces pays pétroliers africains qui vont pâtir de la décision de la Banque mondiale

Tech Media News
Coup de semonce dans le monde des énergies fossiles. Depuis Paris où se tient le One Planet Summit, la Banque mondiale (BM) a annoncé qu’à partir de 2019, elle ne financera plus l’exploration et l’exploitation de projets d’hydrocarbures pour se conformer à l’accord de Paris paraphé lors de la COP21. Une décision qui pourrait impacter beaucoup de pays africains.

1,6 milliard de dollars ! C'est l'enveloppe de la Banque mondiale consacrée à l'industrie du pétrole et du gaz en 2016. Mais ce chèque qui représente moins de 5 % de la totalité des financements accordés dans ce domaine en 2016, pourrait fondre comme neige au soleil.

Sueurs froides chez les producteurs et futurs émirats pétroliers d'Afrique

En marge du One Planet Summit, co-organisé par le Groupe de la Banque mondiale, l'ONU et la France, l'institution présidée par Jim Yong Kim fixe à 2019, la fin de ses financements accordés à l'exploration et à l'exploitation du gaz et du pétrole.
Une décision justifiée par la volonté de la Banque mondiale de s'aligner sur les objectifs de l'Accord de Paris, signé lors de la COP21 et par lequel, la plupart des pays, exception faite des Etats-Unis de Donald Trump qui s'en sont retirés, s'engagent à lutter contre le réchauffement climatique. L'institution de Bretton Woods, basé à Washington, devient ainsi, la première organisation internationale à prendre une telle mesure.
Cette dernière risque pourtant d'impacter plusieurs pays notamment africains qui voyaient un avenir économique prometteur écrit à l'encre de l'or noir. La désillusion sera grande pour les producteurs de pétrole africains notamment des pays du Golfe de Guinée comme le Nigéria, l'Angola, le Gabon, le Congo, la Guinée Equatoriale ou encore le Ghana, d'Afrique du nord dont l'Algérie, l'Egypte, la Libye dont les économies, durablement impactées par la chute des cours, ont dû s'atteler à la diversification de leurs économies, non sans s'attendre à une reprise pour doper leur croissance moribonde.
En revanche, dans un autre camp, l'annonce de la Banque mondiale a dû provoquer des sueurs froides. Il s'agit des pays qui se découvrent des richesses en or noir dans leur sous-sol ou en offshore et se rêvaient déjà en émirats pétroliers en terre africaine. Dans le lot, le Ghana, le Niger, le Tchad, la Mauritanie, le Sénégal et même la Tunisie où les potentialités en cours d'exploitation ou de recensement, présageaient des leviers pour booster l'économie.

Une obligation de voir un avenir diversifié et en vert pour l'Afrique

Dans une moindre mesure, la "fin du pétrole" dont l'acte de l'arrêt du financement a été prématurément rédigé par la Banque mondiale devrait impacter les Etats-Unis, la Chine et l'Union Européenne, principaux consommateurs du pétrole africain qui constituent une source d'approvisionnement complémentaires à leurs besoins en or noir.
L' espoir est cependant permis. Dans l'annonce de sa décision tonitruante, la BM a laissé une exception qui fait figure de brèche pour les Africains qui souhaitent profiter de financement pour développer leur industrie du pétrole. Certaines "circonstances exceptionnelles" peuvent permettre aux "pays les plus pauvres où il y a un déficit clair en terme d'accès à l'énergie" de bénéficier de prêts de la BM pour l'exploration et  l'exploitation des hydrocarbures. La seule condition dans cette exception pour ces pays est que ces financements ne soient pas contraires à leurs engagements dans l'accord de Paris qu'ils ont signé en 2015, ce qui réduit considérablement la liste des pays qui peuvent en bénéficier. 

lundi 4 décembre 2017

Nestlé ferme son usine et son siège social à Kinshasa

Tech Media News

Le géant de l'agroalimentaire, qui a rencontré quelques déconvenues dans son expansion subsaharienne, a annoncé le 1er décembre la fermeture de son usine kinoise et de son siège social congolais.
"Alors que Nestlé continue d’accroître ses activités en Afrique, nous devons nous assurer que notre organisation reste aussi souple et adaptable que possible. Notre priorité est de proposer des produits abordables aux consommateurs. C’est dans ce but que nous avons décidé de fermer notre usine et notre siège social en RDC et de développer un modèle de vente basé sur des canaux de distribution externes."
Le 1er décembre, Nestlé a annoncé via un communiqué publié sur son site internet la fin de ses activités à Kinshasa.
L’information a, le même jour, été donnée par Erkan Kodak, responsable de Nestlé Congo, dont le personnel était réuni pour l’occasion dans un grand hôtel de Kinshasa. "On savait que ça n’allait pas bien. Avec la crise en Angola, les produits Nestlé qui passaient la frontière étaient vendus moins cher que ceux que nous produisions sur place. On nous avait parlé d’une réduction d’effectifs programmée, mais nous ne nous attendions vraiment pas à une fermeture totale", confie un cadre, encore sous le choc.

Départ fin janvier mais arrêt immédiat de la production

En effet, selon ce dernier, si l’arrêt officiel des activités est prévue pour fin janvier, les employés ont été mis en congés dès l’annonce de la fermeture. "Nos comptes de messagerie et nos accès aux locaux ont été immédiatement désactivés", poursuit-il.
La succursale congolaise du géant suisse a été créée en 2009. L’usine, créée en 2012 après un investissement de 15 millions de francs suisses (12,4 millions d’euros), fabriquait des cubes Maggi et conditionnait du lait Nido en sachets, tandis que le reste de la gamme Nestlé distribué en RDC (Nescafé, Nesquik, produits infantiles…) était issu de l’importation. "Nous opérons des changements dans notre mode de fonctionnement, mais nous ne nous retirons pas : les consommateurs trouveront la même gamme de produits. Nous resterons actifs sur le marché congolais et contribuerons à la croissance du pays", affirment les services de communication de l’entreprise dans un mail laconique envoyé à Jeune Afrique, sans répondre sur les causes exactes de la fermeture de l’usine et sur les compensations offertes aux près de 180 employés et aux 500 contractuels.

Négociations en cours

"Nous sommes conscients que c’est une période difficile pour nos employés et nous nous engageons à leur offrir des indemnités plus importantes que ce que prescrit le droit du travail congolais", précise la communication de Nestlé. "Les négociations sur nos conditions de départ sont encore en cours", explique le cadre qui se montre sceptique face aux annonces de sa direction.

mardi 11 juillet 2017

Ces filles et fils de Président africains qui aspirent au pouvoir

Ils ont un patronyme auréolé et veulent désormais se faire un prénom

Avec son installation au Flagstaff House, Nana Akufo-Addo deviendra le premier fils de président à être élu président du Ghana. Il rejoindra par la suite la longue lignée des dynasties politiques africaines des fils d'anciens présidents devenus Chefs d'Etat à leur tour. Uhuru Kenyatta au Kenya, Joseph Kabila en RDC, Faure Gnassingbé Eyadema au Togo, Ali Bongo Ondimba au Gabon ont déjà accompli leur « destinée ». Emboîtant le pas à leurs aînés, certains héritiers ou héritières de la nouvelle génération lorgnent le fauteuil paternel avec une appétence pour l'exercice du pouvoir, officieusement assumée ou prêtée, officiellement dissimulée, le plus souvent nourrie par les fantasmes et les rumeurs ou secrètement révélée lors des querelles de succession.

Teodorin Obiang Nguema [Guinée-Equatoriale], le dauphin flambeur

Tech Media News


Teodoro Obiang Nguema Mangué de son vrai nom, n'est pas né avec une cuillère en or dans la bouche. Mais c'est bien avec un parachute doré que ce jeune homme de 47 ans a atterri dans la haute sphère des affaires politiques et économiques de la Guinée-Equatoriale. D'abord Conseiller spécial aux forêts de son père de 1995 à 1997, il devient ensuite ministre de l'Agriculture de 1997 à 2012. Entre 1997 et 2012, Obiang Junior est à la tête de la Société guinéenne d'exploitation forestière (Somagui), société étatique chargée de l'exploitation du bois précieux. C'est là qu'il aurait succombé au péché de mener grand train avec une vie luxueuse dans les plus grandes capitales occidentales. Il a aussi contracté la fièvre de la folie des grandeurs avec costumes griffés, montres de luxe et voitures très haut de gamme ...  sans compter l'impressionnant patrimoine immobilier qu'il s'est constitué et qui lui vaut d'être cité dans l'affaire dite des « Biens  mal acquis ».  Ce flambeur a de quoi croire qu'il a le sang bleu. Son père, Teodoro Obiang Nguema règne sur ce petit émirat pétrolier d'Afrique centrale d'à peine 655.00 habitants depuis bientôt 38 ans après avoir renversé son oncle, le fantasque Macias Nguema. A l'heure où il songe à prendre sa retraite, la « panthère aux aguets » a savamment préparé la perpétuation de son lignage familial par son fils. Consécration ultime, le fils de son père a été désigné en juin 2016, vice-président de la République chargé de la défense et de la sécurité, avec rang de chef d'Etat. Une balise lumineuse qui présage d'un atterrissage au Palais du Peuple à Malabo.

Denis Christel Sassou Nguesso [Congo] : le prince du pétrole

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L'ouverture de la succession de Denis Sassou Nguesso s'est éclipsée devant la vigoureuse contestation qui a accueilli la réélection en mars dernier du président congolais qui cumule déjà 32 ans au Palais de la Nation de Brazzaville. Mais le clan le sait bien, avec cette contestation non encore contenue, l'Otchouembé (lutteur traditionnel en mbochi) n'a plus la même vigueur. En coulisses, le clan se prépare alors à l'après-Sassou et a sonné le regroupement des troupes en ordre de bataille. Mais quel visage consensuel pourrait assurer l'héritage Sassou ? Figure montante du Parti congolais du travail (PCT, crée par Sassou père), Denis Christel Sassou Nguesso cultive la discrétion au point de nier toute ambition de succession dynastique à la tête du Congo. Mais sa varappe spectaculaire dans l'engrenage économique du pays le place en pole position pour reprendre le gouvernail paternel. Formé dans une école militaire de Brazzaville puis en notariat en France, c'est dans le pétrole que ce jeune homme de 42 ans va tisser sa toile économique. Au sein de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) où il rentre en tant que stagiaire en 2001, Denis prend l'ascenseur à grande vitesse. Entre 2005 et 2009, « Kiki le pétrolier » comme on le surnomme devient administrateur de la Cotrade (filiale de la SNPC chargée de la commercialisation). Puis, en janvier 2011, il devient directeur général adjoint de l'aval pétrolier de la SNPC, ainsi que PDG de « SNPC Distribution » et administrateur général de la Congolaise de raffinage (Coraf). En politique, le fiston national réussit à s'emparer de la très tactique circonscription d'Oyo (le fief familial), en devenant en 2012 député du PCT qu'il a intégré en 2007. Un poste d'observation pour la répétition générale avant sa projection devant la lumière des projecteurs pour la succession. Dans cette route presque tracée, le jeune homme traîne ses frasques de flambeur à la vie de nabab avec ses dépenses somptuaires en montres, voitures, villas de luxes largement commentées par la presse et les ONG internationales qui l'accusent de détournement d'argent public notamment dans l'affaire dite des « Biens mal acquis ». Autre boulet traîné par Sassou fils, des accusations longtemps démenties sans véritablement convaincre, faisant état du monnayage par Denis Christel des contrats d'attribution de marchés dans les concessions minières avec des sociétés étrangères. Ce qui fait de lui, l'homme incontournable du régime de son père. Mais la résistance promet d'être féroce avec la toute-puissance grandissante sans bruit de Jean Dominique Okemba, le neveu du président et cousin de Denis Christel, accusé de mener en coulisses des campagnes de sape de la popularité de l'enfant prodigue. Mais de son fauteuil présidentiel, Denis Sassou Nguesso observe prudemment ces altercations familiales de positionnement pour sa succession. Dans sa botte secrète pour doucher froidement les ambitions des hommes de la famille: ses filles. Judith, la défunte épouse d'Ali Bongo était semble-t-il la fille préférée du président. A sa mort, ses autres filles sont montées dans l'estime présidentielle. Julienne est à la tête d'une société de location d'avions. L'Honorable député Claudia, gestionnaire d'un empire agricole et dans la construction, est sa chargée de communication et met au pas les ministres. Les discrètes Cendrine, qui règne dans l'hôtellerie et la restauration haut de gamme et, Ninelle, faitière dans la location des tentes pour l'évènementiel, ne sont pas sans ambition. Quatre « filles de.. » dont une pourrait être déposée sur le fauteuil par le père au grand dam de leur frère. 

Karim Keïta [Mali] : l’Honorable fils surpuissant de la République

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Pour freiner ses ambitions, ses détracteurs lui rappellent à l'occasion l'incroyable ascension suivie de la chute de Karim Wade, fils de l'ancien président sénégalais, passé des dorures du palais de la République aux grilles d'une cellule de la prison urbaine de Dakar. De quoi créer un effet miroir pour Karim Keïta, le fils aîné du président Ibrahim Boubacar Keïta ? Dans un pays où la tradition orale est encore très ancrée, le récit n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd. Karim Keïta a retenu le récit agité en épouvantail à ses desseins politiques et a choisi l'opposé de la route de son « homonyme » du pays voisin. Là où Wade fils a choisi de gravir les échelons dans l'administration de son père, Keïta fils cultive du haut de ses 36 ans, le mirage de passer par la légitimité populaire en briguant un poste de député dans la commune II de Bamako sous le parrainage du parti de son père. « L'escalier plutôt que l'ascenseur », résument ses pourfendeurs. La montée des marches est allée vite, très vite. Quasi-méconnu au Mali avant l'élection de son père, Karim Keïta a passé la moitié de sa vie dans les capitales occidentales entre la France, la Belgique et le Canada où il s'est formé au commerce international. En 2006, il marque son retour au Mali pour se lancer dans les affaires. Ce jeune bon vivant crée « Rent a Car », sa société de locations de voitures de luxe qui lui permet de se rapprocher de la crème de la société malienne. Parallèlement, il lance aussi l'agence Konijane Strategic Partners (KSP), spécialisée dans le conseil stratégique aux entreprises et qui lui permet d'étoffer son carnet d'adresses. La période de lancement de ses entreprises coïncide avec la campagne pour la présidentielle de 2007 dans laquelle le jeune homme joue le rôle de chargé de com' et met en place des comités de soutien. Mais son père échoue à se faire élire. Ce n'est que 6 ans plus tard qu'IBK est porté sur le fauteuil du Palais de Koulouba. Longtemps dans l'ombre, Karim Keïta est projeté aux devant des projecteurs en devenant le conseiller de son père, l'un des plus influents, pestent ses opposants. Puis bravant le veto paternel et défiant les ténors de son parti qui ruminent pour lui une rancune de chameau, Karim se présente à la députation dans la commune II de Bamako. Courtisé devant son père, craint dans l'ombre, détesté en secret, Karim devient l'Honorable député de la très stratégique circonscription. Les portes de l'Assemblée ouvertes, il réussit à s'emparer du poste stratégique de président de la « commission de la Défense et de la sécurité » en évinçant l'influent général Niamé Keïta, ancien inspecteur général de police. De son nouveau poste d'observation, « Kathio » comme on le surnomme garde un œil sur les affaires militaires d'un Mali qui restructure son armée et renforce sa sécurité. Sacrilège ultime pointent certains, parachutage en règle, s'étouffent les autres. Devenu chouchou des médias où il n'a pas toujours eu bonne presse, Karim Keïta s'acheminerait donc vers une place au Palais de Koulouba, crachant même sur un poste de ministre qui pourrait faire craindre le syndrome Wade fils. Mais dans les couloirs des salons du pouvoir, il s'est fait beaucoup d'ennemis déclarés ou pas qui risquent de surgir en embuscade. Mais de quoi pourrait avoir peur l'Honorable fils le plus puissant du Mali ? Après tout son père est président de la République et son beau-père est le président de l'Assemblée nationale, le deuxième homme fort du pays. Sûr de son fait, ce Karim n'entend pas du tout connaître la même fortune que Wade fils !

Mohamed Alpha Condé [Guinée] : le fils unique et l’ombre de son père

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En atterrissant au Palais Sékoutoureya de Conakry après un quart de siècle d'opposition, Alpha Condé a ramené dans ses valises son seul et unique fils : Mohamed. Le jeune homme aujourd'hui âgé de 46 ans se retrouve alors au cœur de l'appareil d'Etat avec son rôle officiel de conseiller spécial du président de la République. Un titre qui sonne vide mais qui est pourtant un véritable catapultage au cœur des grandes décisions du pays. Un catapultage qui n'occulte le fait que Condé fils est bardé de diplômes. Après des études en France, il choisit les Etats-Unis où il se perfectionne avec un MBA en études commerciales dans la Thunderbird School of Global Management en Arizona. Il fera aussi l'application de ses connaissances sur le terrain en travaillant pour plusieurs multinationales occidentales au Royaume-Uni, au Brésil et aux Etats-Unis. Une expérience qui lui permet de gonfler son carnet d'adresses avant de l'ouvrir à son père pour son élection. Décrit comme discret voire invisible, ce conseiller du président est également chargé de mission pour des dossiers sensibles notamment dans les affaires minières. Une responsabilité qui lui a valu une volée de bois vert et des accusations d'infractions financières notamment abus de biens sociaux et détournements de fonds publics pour lesquels il a été visé par une procédure judiciaire en France. Le fils du président guinéen aurait bénéficié de prestations haut de gamme (voitures et logements de luxe, pots de vin...) offertes par des entreprises françaises en échange de faveur dans le secteur minier. Durant l'exil de son père, Mohamed Alpha Condé a appris la lutte politique. C'est désormais à la gestion aux affaires que le Professeur initie son fils en le traînant dans toutes les visites d'Etat. Certaines indiscrétions indiquent même que l'enfant unique est devenu l'ombre qui surgit presque toujours derrière son père et qu'il a son mot à dire dans toutes les affaires du pays, des choix de l'équipe gouvernementale aux contrats des appels d'offres de l'Etat. Des mauvaises langues présentent cela comme une façon pour Alpha Condé de présenter son fils aux grands de ce monde dans le but de recueillir les soutiens nécessaires à un objectif plus sibyllin. Suffisant pour certains qui voient dans ce passage de témoin familial, un projet de dévolution monarchique du pouvoir du vieux lion de Conakry (78 ans) à son fils unique !

Un Dos Santos peut en cacher un (ou une) autre [Angola], le « Dallas » à l’angolaise

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Au sein du clan Dos Santos qui compte pas moins de neuf enfants, Isabel Dos Santos est la figure la plus connue. Mais la princesse Crésus de son père, première femme milliardaire d'Afrique a clairement indiqué qu'elle n'est pas intéressée par les affaires politiques et aurait même bravé la longue insistance de son père pour son entrée en politique. A 43 ans, Isabel qui est de mère azerbaïdjanaise, est aujourd'hui acculée pour s'être portée à la tête de la Sonangol, la société pétrolière nationale malgré sa fortune personnelle estimée à 3,5 milliards de dollars. La princesse n'a pas dit son dernier mot et assure qu'elle ne quittera pas l'Angola même après le départ de son père. Résolue à observer le jeu politique qu'elle veut influencer de façon subtile, elle garde un œil sur le trône à Luanda.Dans son ombre un de ses demi-frères et une de ses demi-sœurs se préparent à la succession de leur père, José Edouardo Dos Santos. Après 37 ans de règne à la tête de la pétro-république d'Afrique centrale, ce dernier, second plus ancien président encore au pouvoir, a annoncé sa retraite politique pour l'été 2017. Logiquement, João Lourenço, le ministre de la Défense, devenu depuis le dernier congrès, vice-président du parti devrait lui succéder à la tête du Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA). Si ce dernier remporte les élections législatives d'août 2017, il deviendra le deuxième président de l'histoire angolaise. Mais les ambitions du 2ème homme fort du pays pourrait entrer en collision avec l'appétence de deux membres de la dynastie Dos Santos qui lorgnent le fauteuil que leur père va laisser vacant. Il y a d'abord, José Filomeno de Sousa dos Santos. Issu du second mariage du président angolais et surnommé Zenu, le jeune homme aujourd'hui âgé de 39 ans a grandi dans l'ombre de sa mère, diplomate en Suède, puis en Suisse avant de rentrer en 2001. Banquier d'assurances bien formé, Zenu se place sous l'aile de son président de père pour prendre le cric paternel afin de monter dans les échelons supérieurs. En 2013, il entre dans le conseil d'administration de la banque d'investissements Kwanza en tant que conseiller. Ce n'était qu'un tremplin puisque le jeune homme est propulsé à la tête du Fonds souverain d'Angola (FSDA), doté d'une force de frappe financière de 5 milliards de dollars avec un portefeuille pour le pétrole, les mines, l'immobilier, l'agriculture et le tourisme. José Filomeno a également fait son entrée au comité central du MPLA. Au moindre couac de Lourenço, ce père de 3 filles pourrait lui ravir la vedette... Ensuite, Welwitschia Dos Santos, sa demi-sœur issue d'une autre union a aussi semé ses jalons pour s'orienter vers le palais président. Surnommée « Tchizé », la jeune femme de 40 ans est à la tête d'un empire médiatique qui s'étend de la deuxième chaîne de télévision publique à la gestion des revues people Caras et Revista Tropical en passant par Semba Comunicaçao, un éditeur de publicité. Avec sa société West Side Investments, cette femme d'affaires formée aux Etats-Unis détient des participations dans l'industrie du diamant et dans l'automobile. Elle est également membre du comité central du MPLA, dans la section « jeunes ». Elle se verrait bien comme la première femme présidente d'Angola. De là à imaginer une querelle familiale pour le pouvoir digne de la série américaine Dallas, il n'y a qu'un pas.

Zakaria Deby [Tchad]: Le dauphin civil qui cache le Prince militaire

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En mai 2015, un énième malaise d'Idriss Deby, usé par un pouvoir de plus d'un quart de siècle, a fait craindre l'émiettement d'un Tchad pris en sandwich entre Aqmi désormais affilié à l'Etat islamique au nord et Boko Haram plus à l'ouest. Depuis ce malaise, de persistantes rumeurs donnent Idriss Deby malade avec de fréquentes navettes médicales entre N'Djamena et Paris. Une question revient sans cesse au sujet de la succession de l'homme fort de N'Djamena : qui pourrait donc remplacer Idriss Deby et maintenir ce verrou anti-terroriste au cœur de l'Afrique centrale ?  Les candidats se pressent en tout cas au portillon du Palais Rose à N'Djamena. Depuis la mort en 2007 à Courbevoie dans des circonstances troubles de Brahim, son trublion fils préféré issu de son premier mariage et surnommé « petit président », Idriss Deby pense sérieusement à organiser sa postérité. Ce terrible événement a fait monter Zakaria Idriss dans l'estime paternel. Formé à Tunis en relations internationales après des études au Collège Sacré-Cœur de N'Djamena, Zakaria Idriss est promu en 2012 au poste de directeur Adjoint du Cabinet civil à la Présidence. Auparavant en 2010, ce jeune homme à la trentaine entamée, avait été porté à la tête de la Touma Air Tchad, compagnie aérienne nationale qui coula deux ans après l'arrivée de Deby fils. Suffisant en tout cas pour certains qui y voient la preuve de l'incompétence de Zakaria à succéder à son père. Décrit comme très discret, le jeune garçon parle peu et écoute beaucoup. Moins encombrant que « petit président » qui faisait trembler les ministres, Zakaria Deby cultive ses réseaux à l'ombre de son père qui le traîne presque toujours dans ses bagages comme conseiller. Zakaria n'en reste pas moins sournois puisqu'il use de politique comme levier pour ses ambitions : il est le parrain du Mouvement Patriotique du Salut (au pouvoir). Deby fils joue aussi la carte communautaire en courtisant les Zaghawa, la tribu de sa mère qui cultive déjà ses alliances dans la perspective d'une lutte de succession si le paternel venait à trépasser. Mais l'appétence de Zakaria pour le pouvoir pourrait trouver un frein face à un rival de taille. Prêt à usurper sa place, son frère Mahamat Deby, est le dauphin masqué dans cette lutte de pouvoir. A 34 ans, ce général de gallon surnommé « Kaka » (grand-mère) pour avoir été élevé par la mère d'Idriss Deby, aurait la préférence du clan par droit d'aînesse. Formé au Groupement des écoles militaires interarmées du Tchad, Mahamat devient en 2013, commandant en second des Forces armées tchadiennes en intervention au Mali (Fatim). Une nomination de façade. Dans les faits, c'est lui qui dirige les forces tchadiennes dans la lutte antiterroriste au Mali. C'est en réalité, pour se tailler un costume de guerrier au combat, puisque Kaka prendra plus tard les rênes de la Direction générale de service de sécurité des institutions de l'État (DGSSIE), la garde prétorienne chargée de la sécurité des hautes personnalités étatiques, mais aussi de la surveillance de la fidélité au père. De son fauteuil de Première dame, l'ambitieuse Hinda Deby, l'épouse du chef de l'Etat observe tactiquement tous les mouvements des « frères-princes » et leurs ramifications. Se prépare-t-elle à succéder à son mari ou à peser sur l'issue de cette lutte ? il faudrait peut-être poser la question à Daoussa Deby, le frère d'Idriss Deby, magnat tout puissant dans le carburant et le BTP, qui n'a peut-être pas enterré toutes ses ambitions.