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mardi 6 mars 2018

Bras de fer déclaré entre Isabel Dos Santos et son successeur Carlos Saturnino

Tech Media News


Quatre mois après son limogeage à la tête de la Sonangol, Isabel Dos Santos est accusée par son successeur d’avoir mené par sa gestion la compagnie pétrolière nationale d’Angola à la faillite. Outrée par la sortie médiatique surprise du nouveau patron, la femme d’affaires lui a répondu dans une longue et sanglante interview avec un journal portugais. Préparant déjà une plainte au pénal, elle le met au défi de prouver toutes ces allégations ou de rendre son tablier.


Tension à Luanda. Un véritable bras de fer judiciaire s'ouvre entre Isabel Dos Santos et son successeur, à la présidence du conseil d'administration de Sonangol.
Dans une longue interview accordée au journal portugais Negocios et publiée dans l'édition du lundi 5 mars, l'ex-PCA de la compagnie nationale pétrolière d'Angola dénonce des "déclarations et allégations diffamatoires" de la part de son successeur visant à ternir sa réputation et entend porter plainte.

La taillade de Saturnino

Tout commence mercredi 28 février dernier. Le Conseil d'administration de Sonangol tient sa conférence de presse au cours de laquelle Saturnino présente la situation financière de la compagnie et l'état d'avancement de l'audit des comptes lancé en décembre dernier après le changement de présidence.
Pendant de longues minutes, Saturnino revient sur le mandat de Dos Santos qu'il critique farouchement, énumérant plusieurs dysfonctionnements présumés constatés au sein de l'entreprise. Il évoque notamment la "manifestation des travailleurs qui n'avaient pas perçu leurs salaires" le jour de sa prise de fonction, le 16 novembre dernier, le lendemain du départ de la "princesse". Selon le nouveau PCA en outre, la société aurait dépensé 135 millions de dollars en services de conseil entre novembre 2016 et novembre 2017, soit la période pendant laquelle Dos Santos dirigeait la compagnie.
Saturnino va plus loin et dénonce d'importants virements occultes présumément opérés sous la précédente administration par le truchement de Banco BIC, une banque basée à Luanda dont Isabel Dos Santos est membre du conseil d'administration.
"Nous sommes en mesure de prouver que l'ancien directeur financier a ordonné le transfert de 38 millions de dollars vers une société basée à Dubaï", a-t-il déclaré.
Au lendemain de ces "révélations", le parquet de Luanda a ouvert vendredi une enquête sur la gestion de la Sonangol par Isabel Dos Santos.

"Bouc émissaire"

De son côté, la femme la plus riche d'Afrique ne décolère pas. Ce qui la fâche, ce n'est pas l'ouverture d'une enquête sur sa gestion qu'elle considère d'ailleurs comme "normale". En revanche, Dos Santos réfute toutes les allégations de Saturnino à son encontre. Se disant "étonnée" par cette sortie médiatique, elle accuse son successeur de "chercher un bouc émissaire pour cacher le passé obscur" de l'entreprise à l'origine d'une crise qui perdure depuis plusieurs années déjà.
"Maintenant, ce n'est rien de plus qu'une manœuvre de diversion pour tromper les gens sur ce qui a vraiment noyé Sonangol et ce n'est certainement pas ce conseil présidentiel de 18 mois qui a conduit Sonangol à la faillite".
"Comme indiqué par le conseil d'administration actuel, le résultat de ma gestion effectuée jusqu'au 15 novembre 2017 a entraîné une augmentation des bénéfices de Sonangol de 177% et a atteint 224 millions de dollars, et la dette a été réduite de 50%".
La businesswoman conteste également le transfert d'argent de 38 millions dollars au lendemain de son limogeage, soulignant que les factures d'un total de 38,1 millions de dollars figurant dans les comptes de l'entreprise représentent une partie des dépenses en consulting pour toute l'année 2017. Isabel Dos Santos dit n'avoir justement pas fait d'énormes dépenses en consulting pendant son mandat comme l'affirme l'actuel conseil d'administration, citant un extrait d'un rapport de son prédécesseur, Francisco Lemos, signé de mai 2015 : "Le modèle d'exploitation de Sonangol a échoué et est en faillite. Nous avons cessé d'apprendre à savoir faire et appris à embaucher/sous-traiter.
Sur la base de ce postulat selon elle, Sonangol aurait dépensé jusqu'à 254 millions de dollars en consulting en 2014, 115 millions en 2015, alors que la firme est à 79 millions en 2016 et 90,5 millions de dollars en 2017.
De plus, Dos Santos rejette également les allégations de sur-paiement des administrateurs, assurant que ceux-ci n'ont été payés que pour les 18 mois travaillés et ce, "en kwanzas et non en dollars, comme l'a déclaré M. Carlos Saturnino".

Règlement de comptes ?

Les accusations de l'actuel PCA sont nombreuses et la femme d'affaires y répond point par point. Mais au-delà de cette querelle, Saturnino, présenté lors de sa nomination par le président Laurenço comme l'ancien secrétaire d'Etat au Pétrole, est également ancien directeur de Sonangol P&P, la filiale spécialisée dans l'exploration pétrolière. Il est limogé par Isabel Dos Santos en décembre 2016, alors nouvellement arrivée à la tête du groupe. Celle-ci justifie à l'époque : "Sonangol P & P est la société du groupe Sonangol qui, lors de l'évaluation réalisée, a eu les plus grandes faiblesses de gestion et par conséquent des écarts financiers".
Naturellement, la décision met Saturnino hors de lui. "Il n'est ni correct ni éthique d'attribuer la faute à l'équipe qui dirigeait l'entreprise entre la deuxième moitié d'avril 2015 et le 20 décembre 2016", réagissait-il face aux médias.

Preuves ou démission, le défi de Dos Santos à Saturnino

Quoi qu'il en soit, Isabel Dos Santos ne compte pas en rester là. Régulièrement critiquée pour sa nomination à la tête de Sonangol par ses détracteurs criant au népotisme, il semble que la sortie de Saturnino ait été, pour Dos Santos, la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Ses avocats se penchent déjà sur l'étape suivante.
"Je vais déposer une plainte pénale. Je travaille actuellement avec des avocats dans ce sens et je formulerai cette plainte à la lumière des déclarations et des allégations formulées. Ils sont diffamatoires. Sans aucun doute".
En attendant, la femme d'affaires met Saturnino au défi de prouver toutes les allégations tenues à son encontre ou de démissionner.

vendredi 9 février 2018

Forbes 2018, les milliardaires africains plus nombreux et plus riches

Tech Media News

Passés de 21 à 23 entre 2017 et 2018, les milliardaires africains sont aussi plus riches, avec une fortune combinée de 75,4 milliards de dollars, contre 70 milliards en 2016. Si le top 5 reste inchangé, la palme revenant toujours à Aliko Dangote, l'Algérien Issad Rebrab gagne 3 places et devient la 6e fortune du continent, avec 4 milliards de dollars.

Le magazine américain Forbes a publié le 1er février sa liste annuelle des milliardaires africains, un classement mené, comme les précédents, par le géant nigérian du ciment Aliko Dangote.
Avec 12,2 milliards de dollars, ce dernier est encore loin devant son concurrent, le Sud-Africain Nicky Oppenheimer, dont la famille a occupé une place centrale dans le commerce des diamants pendant près d’un siècle, avant de vendre en 2012 ses parts de l’entreprise De Beers. La fortune de Nicky Oppenheimer est estimée à 7,7 milliards de dollars.

Issad Rebrab : 1 milliard de plus en un an

Le trio de tête est complété par un autre Sud-Africain, Johann Rupert, le président de la chaîne de luxe suisse Compagnie Financière Richemont, dont la fortune est estimée par Forbes à 7,2 milliards de dollars.
"Le Marocain Aziz Akhannouch passe de la 16e à la 12e place du classement"






Mais si les trois premières places restent inchangées, l’Algérien Issad Rebrab,PDG de Cevital, signe une belle progression : avec une fortune qui passe de 3 milliards de dollars à 4 milliards de dollars en un an, il progresse de trois places (de la 9e à la 6e place) en 2018. Il était 10e en 2014.
Autre progression, celle du Marocain Aziz Akhannouch, actionnaire majoritaire du groupe pétrochimique Akwa, dont la fortune passe de 1,6 milliard de dollars en 2017 à 2,2 milliards en 2018. 16e en 2017, il devient 12e du classement 2018.

Le recul d’Isabel dos Santos et de Christo Wiese

En revanche, la fille de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos, Isabel dos Santos (8e en 2017), limogée de la présidence du conseil d’administration de la Sonangol, la compagnie pétrolière nationale, le 15 novembre suite à l’élection de João Lourenço au sommet de l’État, a perdu 400 millions de dollars par rapport à 2017. Avec une fortune estimée à 2,7 milliards de dollars, elle s’inscrit à la 9e place.
Autre recul bien plus impressionnant : le milliardaire sud-africain Christo Wiese,désormais ex-président de Steinhoff, apparaît à la toute dernière place du classement, avec 1,1 milliard de dollars. Il était 6e en 2017 avec 5,9 milliards, 4e en 2016 (5,8 milliards), 5e en 2015… Cette chute fait suite à "l’affaire Steinhoff", qui a plongé l’entreprise dans la tourmente en décembre suite à la révélation d’irrégularités comptables, poussant le président du groupe à démissionner.

Nouveaux entrants

Avec une fortune estimée à 1,7 milliard de dollars, le Zimbabwéen Strive Masiyiwa(actif dans les télécoms avec Econet Wireless Zimbabwe et Liquid Telecom), fait son entrée dans le classement, à la 14e place. Le banquier sud-africain Michiel Le Roux, fondateur de Capitec Bank, apparaît quant à lui à la 19e place, avec 1,2 milliard de dollars.
"L’édition 2018 signe aussi le retour de Yassen Mansour (13e)"






Le minier sud-africain Desmond Sacco, président d’Assore Group, dont la fortune était estimée à 680 millions de dollars en 2014, passe cette année la barre du milliard : avec 1,1 milliard de dollars, il est à la 21e place du classement.
L’édition 2018 signe aussi le retour de Yassen Mansour (13e), absent du classement 2017 mais qui figurait dans les éditions précédentes, aux côtés de ses frères Mohamed (9e) et Youssef (18e). À eux trois, les héritiers du groupe égyptien fondé par leur père, distributeur exclusif en Égypte des véhicules General Motors et de l’équipementier Caterpillar, totalisent une fortune de 6 milliards de dollars.
Le classement Forbes des milliardaires africains ne compte toujours que deux femmes, Isabel Dos Santos et la Nigériane Folorunsho Alakija (15e place). La fortune de la vice-présidente de Famfa Oil se monte à 1,6 milliard de dollars.
                Découvrez la liste complète des milliardaires africains en 2018 :