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jeudi 27 août 2020

La junte malienne libère le président Ibrahim Boubacar Keita une semaine après son arrestation

La junte militaire malienne a libéré le président Ibrahim Boubacar Keita et lui a permis de rentrer chez lui dans la capitale, a-t-il déclaré ce jeudi dans un article sur Facebook.

IBK, qui a été renversé lors d'un coup d'État du 18 août, était détenu par l'armée. Il est toujours gardé par des officiers de l'armée depuis sa libération mercredi soir, a déclaré une personne qui s'est entretenue avec Keita, refusant d'être identifiée car il n'est pas autorisé à commenter publiquement la question.

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, qui a mené les efforts pour résoudre la crise politique au Mali, avait appelé à sa libération. Il avait initialement exigé sa réintégration à la présidence, mais a assoupli sa position après avoir rencontré la junte dans la capitale, Bamako, ce week-end.

Ibrahim Boubacar Keita, 75 ans, a dissous son gouvernement et a démissionné sous la pression des soldats qui l'ont détenu quelques heures après avoir organisé une mutinerie dans une caserne de l'armée à la périphérie de Bamako. Il a été élu en 2013, un peu plus d'un an après que son prédécesseur, Amadou Toumani Touré, ait lui-même été évincé lors d'un coup d'État.

De nombreux Maliens ont célébré son éviction, qui interviendra après des semaines de manifestations populaires appelant à sa démission. La junte, qui se fait appeler le Comité National pour le Salut du Peuple, a déclaré qu'elle était intervenue pour mettre fin à la corruption et à la mauvaise gouvernance dans la nation ouest-africaine.

Mises à jour avec la junte disant que IBK est maintenant à la maison au premier paragraphe. )
Source: Bloomberg

mercredi 12 septembre 2018

Kamissa Camara, à 35 ans elle pilote la diplomatie malienne


Tech Media News
Après avoir été la conseillère diplomatique d’Ibrahim Boubacar Keïta, Kamissa Camara prend les rênes des Affaires étrangères. A la tête de la diplomatie malienne, IBK a déniché une perle pour faire briller la jeunesse et la femme malienne. A 35 ans, cette économiste chevronnée prête son visage au renouvellement de générations qu’IBK ne cesse de promettre aux Maliens. Sur ses épaules, la lourde tâche de piloter la diplomatie malienne. Mais cette tête bien faite n’a jamais eu peur des défis. Portrait.
Depuis sa nomination le dimanche dernier, son bureau est à deux pas de celui du président Ibrahim Boubacar Keïta. C'est à Koulouba, au cœur de la machine d'Etat dont elle a arpenté les couloirs en tant que discrète conseillère diplomatique que Kamissa Camara devra imprimer sa marque.
Un talent qui éclot aux Etats-Unis
Et pourtant, elle n'a pas attendu d'entrer au Palais de la Colline pour prendre la lumière. Son visage de trentenaire, les maliens et le monde le découvrent du temps où elle écumait les plateaux des grandes chaînes internationales. Aussi bien à l'aise en français qu'en anglais en bambara aussi, signale son entourage elle était alors la responsable Afrique de l'Ouest et du Centre pour la Fondation nationale pour la démocratie (NED, acronyme anglais), un organisme du Congrès américain dédié au renforcement de la démocratie et de la bonne gouvernance. C'est justement aux Etats-Unis que son talent va éclore et que sa carrière prend l'ascenseur.
C'est après un diplôme en diplomatie et en économie internationale que cette grenobloise, aînée d'une famille d'immigrés arrivés en France dans les années 1970, s'envole pour les Etats-Unis qu'elle connaît pour y avoir été "fille au pair" et y avoir effectué des stages pendant son cursus. Kamissa Camara a pourtant atterri aux Etats-Unis par le plus grand des hasards grâce à la loterie de la green card. "Un ami avait joué à la loterie pour moi, à mon insu. Un jour, il m'appelle et me dit que j'avais ma carte. J'étais en stage de fin d'études à la Banque africaine de développement à Tunis. Ce jour-là, j'ai su que ma vie allait enfin commencer", confie -t-elle, nous sommes alors en 2007 et cela démarre en trombe.
Cheffe de la diplomatie avec un état civil sur trois continents
Avec son arrivée aux Etats-Unis, son CV connaît de rapides rebonds de propulsion à Washington, la ville de tous les possibles en termes de carrière. Pendant quatre ans, elle se forme aux subtilités de processus électoraux au sein de la Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES). Elle rejoint ensuite NED en 2012 avant de rejoindre plus tard Global Partners. Mais son militantisme la rattrape. Elle crée alors la Sahel Strategy Forum, destinée aux questions démocratiques dans la région.
C'est depuis Washington où elle vit depuis 2007 que cette tri-nationale Franco-américano-malienne, un état civil sur trois continents, est appelée en juillet 2018 pour conseiller IBK sur les questions diplomatiques. Elle effeuille alors son carnet d'adresses pour établir les connexions entre le gouvernement et la société civile d'où elle est issue. Patiemment dans les couloirs du Château, elle apporte discrètement sa vision sur les grandes questions du Mali à l'étranger.
A l'heure de former un gouvernement post-présidentielle, Kamissa Camara a prêté son visage et son talent pour le renouvellement de générations que promet le président Ibrahim Boubacar Keïta. Placer une femme de dossiers aux Affaires étrangères, plébiscitée pour sa compétence et sa jeunesse par-dessus tout, a sans doute été la formule qui a permis au président de dénicher une perle pour la placer à la tête de la diplomatie malienne. Ce dimanche 9 septembre 2018, lorsque la liste du gouvernement est dévoilée, son nom ne surprend presque personne.
Consécration ultime, Tiéman Hubert Coulibaly, un membre du premier cercle d'IBK, lui cède sa place au ministère des Affaires étrangères. La carrière de Kamissa Camara en prend un sérieux coup d'accélérateur. Celle qui erre dans les couloirs du Palais de Koulouba songe-t-elle seulement à s'arrêter en si bon chemin?

mardi 19 décembre 2017

Amadou Toumani Touré, un retour providentiel au Mali

Tech Media News
Depuis sa luxueuse villa au centre-ville de Dakar, la capitale sénégalaise où il vit, l’ancien président malien Amadou Toumani Touré est en train de faire ses valises pour un retour au pays natal. Pour son parti ainsi que plusieurs Maliens nostalgiques de l’époque où il était au pouvoir, ce retour au bercail suscite à nouveau des espoirs.

Un retour chargé de souvenirs. Lorsque son avion survolera, ce dimanche 24 décembre l'Aéroport international de Bamako, l'ancien président du Mali se remémorera ce 19 avril 2012. La dernière fois qu'il a posé ses yeux sur ce pays qu'il a dirigé pendant deux quinquennats... ou presque.

Souvenirs d'un retour au pays natal

Ce jeudi-là, Amadou Toumani Touré, démissionnaire de sa charge de président de la République dix jours plus tôt, s'engouffre dans l'avion présidentiel affrété par le Sénégalais Macky Sall pour un exil incertain, après avoir été renversé comme il a renversé en 1991 le régime du général Moussa Traoré. Par un coup d'Etat !
Tout commence dans l'après-midi du 21 mars 2012, à un mois de la fin de la présidentielle à laquelle le président sortant ne se présentait. Des soldats du camp Soundiata Keïta de Kati, menés par le capitaine Amadou Haya Sanogo, prennent la radiotélévision publique et mènent l'assaut sur le Palais de la colline de Koulouba.
Depuis des mois, voire des années, la colère gronde dans les casernes contre le manque de matériel et d'armes pour contrer la rébellion touarègue dans le nord du Mali. La grogne se transforme en colère. Lasse des promesses présidentielles, "la grande muette" décide de se faire entendre en marchant sur Bamako.
Les négociations n'y changent rien. L'assaut à coup de lance-roquettes et de mitrailleuses sur le Palais conduit dans la nuit du 21 mars 2012 à la prise du cœur du pouvoir et à la fuite à pied et à flanc de colline d'Amadou Toumani Touré, aidé par son aide de camp. Le président se réfugie au camp Djicoroni, encore loyal puis plus tard vers la résidence de l'Ambassadeur du Sénégal à Bamako. A la date du 22 mars 2012, le nouveau maître du Palais de Koulouba, c'est Amadou Haya Sanogo.

Parti sans les honneurs, ATT décisif pour la présidentielle 2018

Aujourd'hui, après plus de cinq ans d'exil, l'après-midi de son retour va contraster avec ces jours furtifs qui ont provoqué sa chute. L'ancien chef de l'Etat malien devrait fouler, ce dimanche 24 décembre à midi précise, le tarmac de l'Aéroport international Modibo Keïta de la capitale malienne. Et pourtant, jusqu'au bout, le retour au pays natal de ce natif de Mopti, plusieurs fois annoncé, était incertain. Avec sa chute, ce parachutiste de formation pensait avoir atterri pieds joints pour couler des jours heureux en attendant des lendemains politiques plus favorables.
Un rêve qui a failli être brisé par l'épée d'une mise en accusation du 4e président du Mali devant la haute cour de justice pour "haute trahison", sanctionné de 5 à 20 ans de prison. Beaucoup voient dans le dernier mandat du président l'illustration d'une passivité d'Etat face à l'installation sur le sol malien de forces étrangères (Mauritanie, France), mais aussi la destruction ou la détérioration d'outils de défense maliens face à la rébellion et aux terroristes du nord-Mali.
Mais l'Assemblée nationale malienne a voté à l'unanimité, en décembre 2016, le rejet de la mise en accusation d'Amadou Toumani Touré. Plus que cette levée de poursuites, une entente avec Ibrahim Boubacar Keïta aurait facilité ce retour au bercail, selon la presse locale. L'actuel président du Mali, qui joue sa réélection au prix d'une révision constitutionnelle décriée par les protestations de la rue, compte-t-il exploiter le capital sympathie d'Amadou Toumani Touré pour parvenir à ses fins ?
Difficile de le prédire avec précision. A moins que l'ancien exilé ne nourrisse pour lui-même ou pour les tauliers de son
Parti pour le Développement Economique et Social (PDES)
des rêves présidentiels. Les cartes de la succession d'IBK en juillet 2018 sont peut-être rebattues. Avant l'heure !