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vendredi 29 décembre 2017

Tentative de coup d’État déjouée contre le président Obiang Nguema

Tech Media News
Un putsch a été déjoué en Guinée équatoriale dans la nuit du 27 au 28 décembre, indique une source proche du régime. Une partie du commando aurait été arrêtée au Cameroun. D'autres membres sont toujours en fuite.
D’après une source autorisée à Malabo, une tentative de coup d’État contre le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo aurait été déjouée dans la nuit du 27 au 28 décembre. Ceci confirme une première information de nos confrères du site Cameroon-info, selon laquelle 31 mercenaires tchadiens et centrafricains ont été interpellés dans la région du sud du Cameroun avec un important arsenal. Ils prévoyaient de passer la frontière équato-guinéenne à Kye-Ossi pour soutenir le putsch.
Une partie du commando, composée d’Équato-Guinéens, de Tchadiens et de Camerounais, se serait retrouvée à Ebebiyin, une ville à la frontière camerounaise, à moins de 100 km de Mongomo où se trouvait alors le chef de l’État. Ils auraient été menés par "un général équato-tchadien proche de Gabriel Nse Obiang Obono" , le président du parti d’opposition Citoyens pour l’innovation (CI, qui compte un unique député à l’Assemblée nationale).

Enquête en cours

Le 27 décembre, quelques heures avant que le commando n’entre sur le territoire équato-guinéen, des membres de ce parti avaient été convoqués à Evinayong (Centre). Mais selon les autorités, il n’y a aucun lien entre les deux affaires.
Une enquête est en cours pour identifier les commanditaires de l’opération et déterminer les soutiens dont aurait bénéficié le commando. Un homme d’affaires d’Afrique centrale aurait d’ores et déjà été identifié.
Chez les diplomates, les éléments de langage se font plus prudents. Sollicité par JA, le ministère camerounais de la Défense invoque un "devoir de réserve, dès lors que le côté diplomatique est engagé", jugeant l’affaire trop "sensible". A l’ambassade de Guinée équatoriale à Paris, l’ambassadeur Miguel Oyono Ndong Mifumu préfère, lui, parler d’une "tentative d’invasion de mercenaires" dont le but "pourrait être une tentative de déstabilisation". Et de préciser que sur le volet équato-guinéen, "nous n’avons pas de précisions à donner pour le moment, mais le gouvernement s’exprimera prochainement". Et de conclure : "En attendant, nous travaillons en étroite collaboration avec les services camerounais".
La dernière tentative de coup d’État mise en échec en Guinée équatoriale date de 2004 et avait été menée par le mercenaire britannique Simon Mann.

mardi 19 décembre 2017

Amadou Toumani Touré, un retour providentiel au Mali

Tech Media News
Depuis sa luxueuse villa au centre-ville de Dakar, la capitale sénégalaise où il vit, l’ancien président malien Amadou Toumani Touré est en train de faire ses valises pour un retour au pays natal. Pour son parti ainsi que plusieurs Maliens nostalgiques de l’époque où il était au pouvoir, ce retour au bercail suscite à nouveau des espoirs.

Un retour chargé de souvenirs. Lorsque son avion survolera, ce dimanche 24 décembre l'Aéroport international de Bamako, l'ancien président du Mali se remémorera ce 19 avril 2012. La dernière fois qu'il a posé ses yeux sur ce pays qu'il a dirigé pendant deux quinquennats... ou presque.

Souvenirs d'un retour au pays natal

Ce jeudi-là, Amadou Toumani Touré, démissionnaire de sa charge de président de la République dix jours plus tôt, s'engouffre dans l'avion présidentiel affrété par le Sénégalais Macky Sall pour un exil incertain, après avoir été renversé comme il a renversé en 1991 le régime du général Moussa Traoré. Par un coup d'Etat !
Tout commence dans l'après-midi du 21 mars 2012, à un mois de la fin de la présidentielle à laquelle le président sortant ne se présentait. Des soldats du camp Soundiata Keïta de Kati, menés par le capitaine Amadou Haya Sanogo, prennent la radiotélévision publique et mènent l'assaut sur le Palais de la colline de Koulouba.
Depuis des mois, voire des années, la colère gronde dans les casernes contre le manque de matériel et d'armes pour contrer la rébellion touarègue dans le nord du Mali. La grogne se transforme en colère. Lasse des promesses présidentielles, "la grande muette" décide de se faire entendre en marchant sur Bamako.
Les négociations n'y changent rien. L'assaut à coup de lance-roquettes et de mitrailleuses sur le Palais conduit dans la nuit du 21 mars 2012 à la prise du cœur du pouvoir et à la fuite à pied et à flanc de colline d'Amadou Toumani Touré, aidé par son aide de camp. Le président se réfugie au camp Djicoroni, encore loyal puis plus tard vers la résidence de l'Ambassadeur du Sénégal à Bamako. A la date du 22 mars 2012, le nouveau maître du Palais de Koulouba, c'est Amadou Haya Sanogo.

Parti sans les honneurs, ATT décisif pour la présidentielle 2018

Aujourd'hui, après plus de cinq ans d'exil, l'après-midi de son retour va contraster avec ces jours furtifs qui ont provoqué sa chute. L'ancien chef de l'Etat malien devrait fouler, ce dimanche 24 décembre à midi précise, le tarmac de l'Aéroport international Modibo Keïta de la capitale malienne. Et pourtant, jusqu'au bout, le retour au pays natal de ce natif de Mopti, plusieurs fois annoncé, était incertain. Avec sa chute, ce parachutiste de formation pensait avoir atterri pieds joints pour couler des jours heureux en attendant des lendemains politiques plus favorables.
Un rêve qui a failli être brisé par l'épée d'une mise en accusation du 4e président du Mali devant la haute cour de justice pour "haute trahison", sanctionné de 5 à 20 ans de prison. Beaucoup voient dans le dernier mandat du président l'illustration d'une passivité d'Etat face à l'installation sur le sol malien de forces étrangères (Mauritanie, France), mais aussi la destruction ou la détérioration d'outils de défense maliens face à la rébellion et aux terroristes du nord-Mali.
Mais l'Assemblée nationale malienne a voté à l'unanimité, en décembre 2016, le rejet de la mise en accusation d'Amadou Toumani Touré. Plus que cette levée de poursuites, une entente avec Ibrahim Boubacar Keïta aurait facilité ce retour au bercail, selon la presse locale. L'actuel président du Mali, qui joue sa réélection au prix d'une révision constitutionnelle décriée par les protestations de la rue, compte-t-il exploiter le capital sympathie d'Amadou Toumani Touré pour parvenir à ses fins ?
Difficile de le prédire avec précision. A moins que l'ancien exilé ne nourrisse pour lui-même ou pour les tauliers de son
Parti pour le Développement Economique et Social (PDES)
des rêves présidentiels. Les cartes de la succession d'IBK en juillet 2018 sont peut-être rebattues. Avant l'heure !